COMMANDEMENT DU PAYS MESSIN 1G
Le 1*'" janvier 1637, la campagne terminée, le cardinal faisait retourner à l'armée, sous le commandement de Vignoles , le corps expéditionnaire qu'il en avait tiré. Puis il rentrait à Melz, et de là partait pour la cour.
Fabert, à la tête de sa compagnie de chevau-légers, était maintenu dans le pays messin, avec la mission de tenir la campagne à l'abri des partis ennemis, et d'assurer la sécurité des villages, non moins que leur obéissance. Il s'acquitta de ses fonctions avec son aciivilé ordinaire, châtiant rigoureusement les incursions tentées dans le territoire commis à sa garde, mettant à contribution les villages lorrains pour faire vivre sa compagnie, et y entretenant une si excellente discipline qu'il semblait aux villageois n'avoir pas affaire à des gens de guerre.
Mais ce qui était de sa part l'objet d'un soin extrême, c'était l'entretien au complet des magasins de vivres de la place de Melz. On pouvait, en ce temps de guerres et de disettes, se trouver d'un jour à l'autre embarrassé de nourrir la garnison au moyen d'envois du dehors, et il voulait que les approvisionnements intérieurs de la place fussent suffisants pour subvenir à tous les besoins.
Parmi les incidents qui signalèrent son commandement pendant les quelques mois qu'il le conserva, nous citerons le suivant, qui mérite d'être rapporté comme caractérisant assez bien la situation du pays.
Au nombre des aventuriers qui, sous prétexte de défendre la cause du duc de Lorraine , se livraient dans les environs de Melz à un véritable brigandage, il en était un dont les méfaits appelaient sur lui une prompte et sévère répression. C'était un paysan d'Ars-sur-Moselle, nommé Ilouzel, ancien soldat plein d'activité et de hardiesse, qui avait quitté l'armée ducale afin de guerroyer pour son propre compte. Il occupait avec une centaine d'hommes, soi-disant soldais du duc Charles, le vaste et beau châleau de Chambley près de Gorze, domaine de la famille de Haraucourt, l'une des plus illustres de la chevalerie lorraine.