FABERT HOMME DE CONFIANCE DU ROI SUR LA FRONTIÈRE
Fabert, lorsqu'il réclame au ministère ce qui lui est dû, et le paisible accroissement de ce dépôt secret vers lequel il n'aurait qu'à étendre la main pour sortir de peine, mais qu'il a la constance de laisser intact, en vue de l'avenir de sa femme et de ses enfants.
En 1648, il se décide à faire, au moyen de cet argent jusque-là productif d'intérêts, une acquisition territoriale, et charge Ghavigny de lui acheter la terre de Larré, dont le comte de Grammont veut se défaire. Il va la visiter lui-même, et dans le compte détaillé qu'il en rend à Ghavigny, montre de rares aptitudes en matière de propriétés et d'exploitations rurales. « La maison n'est pas bien belle , dit-il en finissant, mais c'est un pays où il fait merveilleusement bon vivre , car il est dans le voisinage de Pons-sur -Seine. Et au moins , si je viens à mourir, ma famille trouvera là un asile convenable. »
Le maréchal de Grammont manifesta quelques exigences qui furent longtemps discutées, et retardèrent jusqu'à la fin de 1649 la conclusion du marché. Enfin, dans les premiers jours de janvier 1650, Fabert était propriétaire du domaine moyennant une somme de soixante mille écus. Or cette acquisition eut des conséquences qu'il ne prévoyait pas sans doute, et qui, s'il en fut touché comme père de famille, parurent le laisser parfaitement indifférent au point de vue de la vanité ; nous voulons parler de l'érection de cette seigneurie en marquisat. Sa correspondance avec Ghavigny contient une allusion aussi brève que calme à ce sujet.
Plus tard, après avoir manqué l'achat de la terre de Montmirel , il en trouva une autre tout aussi importante. Avant la fin de l'année 1655, en effet, il se rendit acquéreur de la magnifique terre d'Esternay, siège d'un marquisat, pour laquelle il ne donna pas moins de quatre cent mille livres. On voit qu'à cette époque l'avenir de sa famille était largement assuré.