BATAILLE DE LOANO
Rapport du général en chef Schérer au Directoire. (Extrait.)
… Le général Banel, avec un corps de deux mille cinq cents hommes emporta, avec la plus grande valeur, le village de Toirano et gagna sur-le-champ, les hauteurs escarpées auxquelles s'appuyait le flanc droit de l'ennemi; dans ce moment ce général fut blessé au cou; le chef de brigade Lannes prit le comman dement et, de concert avec l'adjudant-général Rusca, ils parvinrent à emporter successivement quatre positions retranchées les unes derrière les autres et garnies de canons.
Rapport d'Augereau à Schérer.
(Extraits.)
Chargé d'attaquer l'ennemi sur toute sa ligne, depuis Toirano jusqu'à Borghetto, j'ai placé la brigade Banel dans le petit bois d'oliviers en face Toirano, la brigade Victor à la gauche de celle de Banel... la brigade Dommartin à la gauche de celle de Victor... Au signal les colonnes se mirent en mouvement, la brigade Banel se dirigea sur Toirano pour passer le pont et attaquer la batterie quise trouvait au-dessus de la Chartreuse qui est en arrière de ce village, et qui défendait le passage du chemin qui conduit aux différents camps qui étaient à mi-côte de la montagne Sampietro. Cette redoute fut enlevée à la baïonnette et au pas de course, les deux premiers camps pour la défense de cette batterie enlevés de même, ce qui donna la facilité de s'emparer des hauteurs qui commandaient toute la ligne des camps ennemis, placés à mi-côte de la montagne Sampietro, ce qui força l'ennemi à faire sa retraite en partie dans les bois d'oliviers qui sont entre cetle montagne et le mamelon dit le grand Castellaro, en partie sur le sommet de la montagne Sampietro. |
Pendant que cette colonne continuait sa marche, celle de Rusca attaqua de front la ligne ennemie sur les trois mamelons en trois colonnes. Cependant la colonne Banel avancçait et arriva, chassant devant elle tout ce qu'elle rencontrait sur le mont Sampietro où elle se divisa en deux ; la moitié resta sur la hauteur et l’autre redescendit pour se Joindre à Rusca. Cette manœuvre intimida si fortement l'ennemi qu'il prit la déroute; il fut se rallier sur la redoute de Gazy où étaient deux pièces de douze.
Une portion de la brigade Banel, sous les ordres du chef de brigade Lannes, descendit sous cette redoute du camp,
tandis que Rusca menacait l'ennemi de s'emparer de la hauteur de l’Arnusia ou Torrebianca. La redoute fut enlevée à la baïonnette et l'ennemi, en pleine déroute, se replia de suite pour s'emparer du col d’Arnusia où il fit sa retraite en très mauvais ordre. |
Le général Banel a été légèrement blessé au commencement de l'affaire, ce qui l’a obligé de céder le commandement au chef de brigade Lannes qui a parfaitement exécuté tous les mouvements dont était chargé le général Banel et s’est conduit avec autant d'intelligence que de bravoure. Cet oflicier a mérité les plus grands éloges et la reconnaissance nationale.