‹ Le maréchal LannesChapitre 8 sur 18 · Malus · texte numérisé non relu

Malus

2. Lettres de l’armée d'Égypte, saisies en mer et publiées par le gouvernement anglais.

désigner nominativement, les avertissements les plus sévères : « Je sais. dit-il, que plusieurs généraux font les méchants et prêchent la révolte: qu'ils y prennent garde! La distance d’un général et d’un tambour à moi est la même en certain cas, et si ce cas se présentait, je ferais fusiller l’un comme l’autre. » Un silence respectueux suivit les paroles du général en chef. Bonaparte ne se borna même pas à cet avertissement général, et les plus compromis ne perdirent rien pour attendre. Ayant fait appeler à Gisèh un des principaux, celui qui passait pour avoir accepté le rôle d’orateur et de porteur de l’ultimatum à signifier au général en chef : « Je sais, lui dit-il, ce qui a été délibéré et arrêté par des têtes de la force de la vôtre, et cependant le rôle dont ils vous ont chargé prouve combien ils se reposent sur votre simplicité. Si vous eussiez eu le malheur de me signifier de ne pas dépasser le Caire, je vous aurais, sans autre formalité, fait fusiller à mes pieds. Cela terminé, je vous aurais fait juger par les grenadiers de l’armée et j'aurais couvert d'opprobre votre mémoire ! !... »

Causant plus tard avec Murat qui, après avoir marqué parmi les plus mécontents, avait pris son parti et se signalait au contraire par son entrain, Bonaparte s'écria tout à coup en souriant : « Dire que j'ai failli faire tomber cette belle tête! j'en aurais été au regret, mais je l'aurais fait sans hésitation. »

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