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NOTICE SUR LE MARÉCHAL NEY

Michel Ney naquit à Sarrelouis (Lorraine) le 1 (^janvier 1769, daûs cette même année qui donna au monde, eotre autres personnages illustres, Napoléon et Chateaubriand, Son père, simple tonnelier, avait cependant une certaine aisance, et il voulut élever son fils au-dessus de sa modeste

1. Ouvrages consultés: Thiers, Consulat etEmpire, Tomes XIX et XX. — Vaulabelle, Les deux Restaurations, et les livres de Lamartine, Viel- Castel et Capefigue, sur la môme époque. — Histoire des maréchaux dê l'Empire, de Leynadier. — Histoire de France, de G. Sarrut. — H titoire complète duprocès du maréchal Ney, par Evariste D . ... (Dumoulin) publiée à Paris en décembre 1815. — Dictionnaire des généraux français, du chevalier de Courcelles, tome VIII. — Biographie universelle, tome XXXI. — Biographie des contemporains, tome XV. — Encyclopédie des gem du monde, tome XVIII. — Sainte-Beuve, Causeries du lundi , tome II. — Les Causes célèbres, par A. Fouquier (procès de Ney). — Mémoires de Lavallette, 1831; 2 vol. — Les Soirées deNeuilly, de Cavé et Dittmer. — La Biographie des hommes du jour, de Sarrut et Saint- Edme, 6 vol. in-8*. - Le Moniteur (de 1815 et de 1853) . — Le CoMtUvn

position. U lai fit canner unp éducation solide, le destinant soit à l'église, soit an barreau, mais ne songeant certes guères alors à la carrière où Ney devait si glorieusement s'illustrer. Ayant fini ses études, le jeune Ney fut d'abord employé en qualité de clerc-apprenti, chez un notaire de sa ville natale, M. Valette. Mais les travaux d'une vie calme et sédentaire ne pouvaient convenir au caractère bouillant et à l'activité de corps et d'esprit du héros futur de la Moskowa. Malgré les représentations de son père, il abandonna un beau jour l'étude de son patron, et il entra fort jeune an service.

Le 13 février 1787, Ney s'engagea comme simple hussard dans le régiment colonel-général.

Il était sous-officier quand la Révolution éclata.

En ce temps-là l'avancement venait vite pour ceux qui savaient se montrer actifs, hardis et intelligents. Ney était déjà lieutenant en 1792. Deux ans après, en 1794, il est nommé capitaine à son régiment devenu le 4* hussards, puis il passe, en qualité d'aide de camp, dans Pétat-major du général Lamarche.

Il est presque aussitôt et dans la même année, nommé chef d'escadron (adjudant général) et attaché à la personne même du général en chef Kléber, qui l'avait remarqué. Peu après, il passe à la division du général Gollaud à l'armée de Sambre et Meuse, où il reçoit un commandement important dans la cavalerie.

En 1 795, il se signale dans les combats que l'armée soutient presque journellement pour se maintenir sur les bords de la Lahn; on lui offre, en récompense, le grade de général de brigade qu'il croit devoir refuser.

L'année suivante, le 4 juin, on le retrouve au sanglant com-

Uonnel et le Journal d& Débats (de 1815). — La Campagne de 1815, par Edgard Quinet (1 vol. in-8°) et Charras (2 vol. in-18). — Napoléon à Waterloo par.... (Dumaine, 1866). La préface est signée G. de P....

— La campagne de Russie, de M. de Ségur (2 vol. in 8°). — Souvenirs du général de\ Féxenzac. — Campagne de 1812, d'Assolant (1 vol. in-18). — Mémoires d'un bourgeois de Paris, du docteur Véron, t. II.

— Mémoires de Dupin, 1. 1, etc!*

bat d'Altenkirchen où il fait des prodiges de valeur. Le 9 juillet il s'empare d'Obermesch après un combat acharné ; le 26 du même mois il oblige Wurtzbourg à lui ouvrir également ses portes. Le 1 0 août, après avoir battu les Autrichiens aux portes de Forcheim, il prend la ville où l'on trouve une quantité considérable de vivres et de munitions de toutes sortes. Ce beau fait d'armes lui valut le jour même le grade de général de brigade qui lui fut conféré par Kléber sur le champ de bataille^

Peu après il s'empare du fort de Rolhembourg, concourt puissamment à la victoire de Neuwied, bat l'ennemi à Dierdorff, à Giessen, et enfin à Steinberg; mais au milieu du combat Ney, qui s'était imprudemment avancé pour surveiller une manœuvre, est capturé par l'ennemi et fait prisonnier de guerre. Le général en chef, Hoche, demande son échange,* et l'ayant obtenu, il le nomme aussitôt, à son retour au camp, général de division.

Le 2 mars 1799, il bat les Autrichiens à Francfort, puis il s'empare de Manheim. Enfin au mois de mai suivant, il est envoyé à l'armée d'Helvétie, sous les ordres de Masséna et reçoit le commandement de la cavalerie, à la tète de laquelle il prend une part importante à la bataille de Zurich, fi entre, peu de semaines après, à Francfort et à Hochstedt après de nouveaux combats, et, le 4 octobre, il soutient à Lauffen, contre le prince Charles, une lutte des plus meurtrières pendant laquelle il est grièvement blessé.

L'année 1800 le retrouve toujours à l'armée du Rhin. Il bat l'ennemi à Kirchberg, à Gannershausen et contribue à la belle victoire de Hohenlinden.

En 1801, la paix ayant été faite, Ney est nommé par Bonaparte inspecteur général de la cavalerie.

En octobre 1 802 le premier consul l'envoie en Suisse en qualité de ministre plénipotentiaire.

Au retour de cette ambassade, le 19 mai 1804, Ney est élevé à la dignité de maréchal de l'Empire, le douzième sur la liste des quatorze généraux nommés à ce haut grade par le nouvel Empereur.

En 1805, le roi de Portugal lui envoie Tordre du Christ, La même année, le 2 février, Napoléon lui avait donné le grand aigle de la Légion d'honneur *.

Cependant l'armée du camp de Boulogne destinée à la conquête de l'Angleterre venait d'être dirigée sur l'Allemagne. Ney commande un corps d'armée. Le 14 octobre il bat l'ennemi à Elchingen, fait d'armes qui lui vaut, à la fin de la campagne , le titre de duc. Il se distingue à Haie, à lnspruck, et bat l'archiduc Charles, le 17 novembre, au pied du mont Brenner.

En 1806, campagne de Prusse. Ney fait des prodiges de valeur à Iéna, s'empare de Magdebourg et de Thorn et va se reposer à Berlin.

En 1807 guerre avec la Russie. Le 8 février Ney se trouve à Eyîau, et le 14 juin à Friedland dont il s'empare.

De 1808 à 1812, il prend part à la longue et sanglante guerre d'Espagne. Il bat l'ennemi à Logrono, à Soria et à Lérin. Victoires stériles, les guérillas se reformant sans cesse derrière lui et les villes se soulevant de nouveau quand il les quittait, croyant les avoir soumises et apaisées 1

En 1812 Napoléon partant pour la terrible campagne de Russie, rappelle Ney en France et lui confie le 3 e corps de la grande armée. Ney se distingue k Smolensk, à Valoutina et surtout à la Moskowa le 7 septembre. Chargé de diriger le centre de l'armée, il décide le gain de la bataille et mérite le titre de prince et le surnom immortel de brave des braves»

Mais c'est surtout ^pendant cette retraite épouvantable qui suivit l'occupation et l'incendie de Moscou que Ney mérita l'admiration et la reconnaissance de la patrie. Chargé du commandement de l'arrière-garde, c'est-à-dire de contenir les Russes , de les éloigner du gros de l'armée , de les distraire et de les occuper sans cesse, il remplit cette mission avec un courage surhumain et une audace surpre-

1.1 11 avait été créé légionnaire le 2 octobre 1803, et sans recevoir les autres grades, promu grand officier le 14 juin 1804.

saute. Un moment, séparé tout à fait du reste de l'armée dont il a perdu la trace, il se trouve soudain au milieu de l'armée russe tout entière. Il parvient à lui échapper et rejoint enfin à Orcha l'Empereur qui l'accueille avec les paroles les plus flatteuses t « J'ai deux cents millions dans les caves des Tuileries , je les aurais donnés pour le salut de Ney ! » s'écrie Napoléon en embrassant le maréchal.

En 1813, Ney se trouve à Lutzen, à Bautzen et à Dresde. D bat Sacken à Bautzlau, les Prussiens, puis les Suédois à Dessau, mais il est défait à Dennevitz par ces derniers sous les ordres de Bernadotte et de Bulow.

Après Leipzick, il t entre en France, et pendant la dernière campagne de l'Empire, il lutte avec une grande bravoure contre les envahisseurs; il se distingue encore à Brienne, à Montmirail, à Craonne, etc.

A Fontainebleau, c'est lui qui appuie le plus, auprès de Napoléon, en faveur de l'abdication. C'est lui aussi qui reste le dernier à ses côtés et qui se charge des principales négociations relatives à son abandon du pouvoir.

Mais il est aussi l'un des premiers à se rallier aux Bourbons. A l'entrée du comte d'Artois à Paris, c'est le maréchal Ney qui le harangue au nom des officiers supérieurs de l'armée. « Monseigneur, dit-il au frère de Louis XVIII, nous avons servi avec zèle un gouvernement qui nous commandait au nom de la France ; Votre Altesse Royale, et S. M. le roi verront avec quelle fidélité nous saurons servir notre roi légitime. »

Quelques jours après, Louis XVIII s'approchant de Paris, Ney et les autres maréchaux se transportèrent en corps audevant de Sa Majesté pour se joindre au cortège royal qui allait accompagner le roi à son entrée dans la capitale.

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