‹ Le maréchal NeÿChapitre 15 sur 102 · MARMOL · texte numérisé non relu

MARMOL

Madame Campan, à la même.

Le iS juin 1813.

or Ma chère Louise, rien ne peut rendre le désespoir de toute la famille; la raison, la force, la résignation y apportent quelque soulagement; mais la plaie durera toute notre vie. J'écris à la reine pour l'inviter à la résignation envers les sévères décrets de la Providence. Qu'elle nous sauve sa santé ! sa chère santé ! Voilà nos vœux à toutes. Cet ange, qui s'était

donné à elle sur la terre, prie maintenant pour elle dans le ciel. Ah ! ma chère amie, je n'ai pas la force d'en écrire davantage.

» Agréez l'expression de toute ma tendresse. »

M. de Lavalette, à la même.

Paris, 23 juin 1813.

« Je reviens pour la dernière fois sur votre malheur, pour vous avouer ma faute et en" solliciter le pardon. Vous aviez eu la précaution de m'cnvoyer la lettre pour la princesse, pour la lui faire passer et pour qu'elle la reçut surtout après avoir employé les ménagements convenables. Quand j'eus appris qu'elle était aux Coudreaux 1 , n'ayant personne ici à qui faire cette triste confidence, je pris le parti d'envoyer la lettre au duc de Rovigo, en le prévenant que j'allais passer chez lui, et que nous nous concerterions. Je lui mandais qu'au reste, je devais m'en rapporter à sa prudence. Le duc, désolé, perdit, je crois, un peu la tète. Il commença par écraser la pauvre madame Lambert, et, non content de faire partir sa mère pour les Coudreaux, ce qui était très bien, il envoya votre lettre aux Coudreaux, par un homme à lui, qu'il dépêcha en courrier. Cet homme arriva à une heure du matin. La princesse fut réveillée. Jugez du reste. Quand je vis le duc, le

Page 1