De Vaulabelle, Histoire des deux Restaurations
2. En 1814, après l'abdication de l'Empereur, le gouvernement provisoire nomma le général Dessoles commandant en chef de la garde nationale parisienne. S. A. R. Monsieur, lieutenantgénéral du royaume, le nomma membre du Conseil d'Etat provisoire. Dans la nuit du 5 au 6 avril, l'empereur de Russie, ayant reçu les maréchaux envoyés par l'Empereur, qui mettait pour conditions à son abdication l'établissement de la régence en faveur de l'archiduchesse Marie-Louise, fit réunir les membres
les grilles de la Chambre «les pairs et de la Chambre «les députés. Louis XVIII fait sou entrée dans Paris à quatre heures du soir. »
— Le 11 : « M. Séguier a repris ses fonctions de premier président à la Cour royale de Paris. »
— Le 12 : « On a enlevé aujourd'hui de la salle des Maréchaux, au palais des Tuileries, le portrait du maréchal Ney ; le 14, celui de Davout; le 19, celui de Murât. »
— Le 10 : « Arrestation du général de La Bédoyère ; les bons du Trésor perdent 9 p. 100. »
— Idem : « Peuvent-ils méconnaître que la Révolution, qui a replacé Louis XVIII sur le trùne de ses aïeux, est nécessairement la dernière de nos révolutions ; qu'une convulsion de plus serait la convulsion de la mort, que la patrie ne se sauvera de l'état où ils l'ont mise qu'avec la Monarchie et les Bourbons, mais... les Bonapartistes n'ont pas de patrie ! »
— Idem : « Le maréchal Ney a quitté Lyon le 12, pour se retirer en Suisse. Il a été plusieurs fois accueilli dans cette ville par des cris de : « A bas le traître! »
du Gouvernement provisoire et appela le général Dessoles a ce conseil. Alexandre mit en question cette régence en faveur de laquelle il paraît que des rapports le faisaient pencher. Après que le prince de Talleyrand eut parlé pendant quelques instants sur ce sujet, le général Dessoles se leva et parla à son tour d'une façon fort éloquente en faveur du rétablissement des Bourbons. L'empereur Alexandre, après l'avoir entendu, rompit le conseil, disant qu'il eu délibérerait et bientôt ce monarque flt annoncer qu'il partageait l'opinion du général Dessoles et que les Bourbons étaient les souverains de la France.
— Idem : « C'est ainsi que sous le refuge du pavillon blanc, Buonaparte a terminé à boni du vaisseau anglais le Bellerophon l'entreprise conçue par lui et exécutée à L'aide de MM. La Bédoyère, Ney, Bassano, Lavalelte, Bertrand, d'Erlon, Regnault de Saint-Jeand'Angély, Lefèvre-Dcsnouëttes, Boulay de la Meurthe et de Mesdames Ilortense, de Souza et Hamelin l. »
Extraite ou non du Moniteur, mais publiée huit jours avant l'ordonnance d'amnistie, c'était au premier cbef une dénonciation que cette liste de prétendus auteurs d une conspiration qui n'avait jamais existé que dans l'imagination des royalistes.
— 28 juillet : « Lorsque Buonaparte arriva dans Lyon, un concours d'événements que les âmes simples regardent comme un miracle de l'enfer, avait réuni sur son passage tout ce qu'il y a de plus abject, de plus méprisable, de plus audacieux dans une grande population. La garde nationale avait des armes sans munitions, ou des munitions sans armes. Les brigands avaient des armes et des munitions, et cette témérité désespérée qui est le courage des méchants. Il était tout simple que Buonaparte fût accueilli par des hommes très digues d'être ses complices. Tout ordre politique était devenu une monstruosité, toute pensée religieuse un forfait de lèse-nation. Voici un fait qu'il faut consigner dans l'histoire, mais qu'il est impossible de lui cacher. Aux