Extrait du Moniteur
402 LE MARKCHAL M E Y
cris de : « Vive l'Empereur! » on entendit se réunir des cris de : « A bas Dieu ! » et de : « Vive l'Enfer!!! » La postérité le croira-t-elle jamais? Digne alliance d'idées! La légitimité de Buonaparte est bien la croyance d'un athée ! ! ! »
— 5 août : « Le maréchal Ney possède deux châteaux magnifiques à peu de distance de Chàteaudun (Eure-et-Loir). Plusieurs centaines de Prussiens y sont logés et vivent à discrétion. La ville de Chàteaudun a été frappée d une contribution de cinq cent mille francs. Le commandant prussien a dit que cette somme serait remboursée aux habitants sur le produit de la vente prochaine des châteaux du maréchal Ney ! »
Ainsi voilà un homme qui n'est pas encore condamné, pas encore en jugement, dont en ce moment on ignore encore à Paris l'arrestation, et le Journal des Débats enregistre, sans commentaires, cette facétie lugubre de M. le commandant prussien. Nous allons voir qu'on ne témoignait pas plus d'égards à madame la maréchale qu'à son mari.
« Les chefs donnaient aux soldats l'exemple des exigences les plus brutales; le général Thielmann. logé pendant quelques jours à l'hôtel du maréchal Ney, s'empara des voitures de la maréchale, de ses chevaux, et enleva jusqu'aux harnais placés dans les écuries 1 . »
— u août : « Le roi de France peu! pousser la ma- 1. De Vaulnbelle.
gnanimité jusqu'à pardonner le mal qu'on lui a fait, mais il ne peut pardonner le mal qu'on a fait à la nation, qui demande justice et qui veut que ses ennemis soient privés des moyens de lui nuire. Non seulement Louis XVIII, mais tous les Rois, mais V Europe entière sentent la nécessité de réduire à l'impuissance, d'interdire, de désarmer les adhérents et les complices les plus forcenés de celui qui a désolé le inonde et que l'assemblée des peuples et des monarques a déclaré l'ennemi du genre humain. »
— 9 août : « On assure que le maréchal Ney a été arrêté en Suisse et qu'il est conduit en France. »
— 1 1 août : « Le maréchal Ney a été découvert dans le canton de Figeac, département du Lot, sur la limite du département du Cantal. Il vient d'y être arrêté et a été conduit à Aurillae. Cette importante arrestation est due aux soins vigilants de M. Locard, préfet du Cantal. Le capitaine de gendarmerie a exécuté les ordres de M. le préfet avec beaucoup de zèle et d'activité 1 .
— 16 août : « M. Bellart, avocat et membre du Conseil municipal, est nommé procureur général près la Cour royale de Paris. »
Ce même M. Bellart, dont le nom est si fatalement, si irrévocablement lié à celui de Ney, aurait pu, s'il y avait consenti, s'immortaliser comme son défenseur. A peine son arrestation fut-elle connue de la famille, que M. Gainot, son beau-frère, était venu trouver