‹ Le maréchal NeÿChapitre 29 sur 102 · Gazette officielle · texte numérisé non relu

Gazette officielle

M. Bellart, qui tenait incontestablement alors la tète du barreau de Paris, pour lui proposer de se charger de La défense. « Mes convictions ne me le permettent pas, répondit l'avocat, il est trop coupable à mes yeux ; je ne trouverais ni idées ni paroles pour le justifier... Je suis l'ennemi de son crime, je ne le suis pas de sa personne ; je vais vous indiquer un moyen de salut: c'est le maréchal qui doit se défendre seul; des chicanes, des moyens ordinaires de Palais ne peuvent le sauver ; à sa place, je me présenterais devant le conseil de guerre ; je ne dirais que quel |ues mots; je m'abandonnerais à mes juges1 .

Tous les actes signifiés, toutes les réquisitions prises par l'accusation devant la Chambre des pairs, le furent au nom des commissaires nommés par le roi, c'est-à-dire par ses ministres, Richelieu, Barbé-Marbois, Dubouchage, de Feltre, Vaublanc, Corvetto, Decazes et Bellart, son procureur-général. Mais comme ce dernier parut seul en robe, qu'il porta seul le poids de la parole, l'opinion lui infligea à lui seul tout l'odieux du procès.

« Ce n'est qu'à sa mort que j'ai été pleinement convaincu du fait que le cœur de Bellart n'avait été pour rien, même dans l'instruction du procès du maréchal. Dans son oraison funèbre, l'estimable Billecoq, son ami et le mien, a partagé ouvertement mon opinion, que tous les acteurs apparents de ce

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