LETTRES DE LA REINE HORTENSE A LA MARÉCHALE NET
Voici plusieurs lettres, intimes et entièrement inédites, adressées par la reine Hortense à la maréchale Ney, princesse de la Moskowa, qui fut son amie d'enfance et avec laquelle elle avait été élevée chez madame Gampan, tante de la maréchale Ney.
Ce 19 prairial.
« Je suis bien fâchée, ma chère Églé, que ton petit garçon soit malade, je t'engage bien à cesser le remède de Mettinbergen, on dit que c'est bien mauvais
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urtotlt pour les enfants; c'est une bonne chose quand ils ont la gourme, et on dit que cette eau-là pourrait l'arrêter. J'ai du bonheur de ce côté, car mes petits enfants se portent tous deux très bien, mais moi je suis si chagrine, que c'est impossible que ma santé se remette dans ce moment-ci, cependant je sais qu'il faut suivre sa destiné»' et s'y soumettre avec courage.
» Adieu, ma chère Eglé. Louis me charge do te dire bien des choses.
M HORTRNSE. »
« Je t'envoye, ma chère Églé, une lettre de madame de Vaudeuil, écrite à madame de Lavalette, que l'on ne sache pas, je te prie, que je te l'ai envoyée. J'ai répondu tout de suite une lettre pour être montrée à madame de Vaudeuil, je suis fâchée de n'avoir pas le temps de te la faire copier pour te l'envoyer, car tu en serais contente. M. Broc m'a parlé d'Adèle l, il a encore de l'espoir, car je lui ai dit que si Adèle n'aimait pas M. de Vaudeuil, le mariage ne pouvant pas se faire, il pourrait encore y penser. Tu
1. Sœur endette de madame la maréchale Ney, qui épousa le général de Broc et qui périt si malheureusement près d'Aix, en Savoie.
vois qu'il tient tant à elle, qu'on peut lui tout dire; mais il est vrai qu'il est amoureux.
» Adieu, je t'embrasse.
w hortense. »
« Ma chère Églé, je me suis décidée bien promptement à revenir ici, parce que les bains me faisaient mal et que je craignais de rester malade à Dieppe, d'avoir passe une nuit en voiture ayant mes enfants sur moi m'a tué, et pour comble de malheur j'ai attrapé une fluxion ; quoiqu'elle ne suit pas entièrement passée, j'irai demain à Mal -Maison Saint- Gloud, après-demain à Morfontaine, et je reviendrai le plus tôt possible me soigner ici, car j'en ai bien besoin. Je compte bien que toi et Antoinette 1 vous vous arrangerez pour que nous passions quelques jours ensemble, je vous laisse décider de cela toutes deux, car vous savez que ce sera un plaisir et je puis dire une consolation que de vous avoir près de moi.
» Adieu, je vous embrasse toutes deux tendrement, et c'est bien comme je vous aime.