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dans la meilleure auberge de la ville par un officier qui me tint compagnie. Peu de temps après le dîner, arrivèrent plusieurs membres de la Diète, entre autres M. Hirzel, de Zurich, l'un des plus influents. Ils me déclarèrent qu'ils s étaient décidés à se soumettre aux ordres du Premier Consul, qu'en conséquence ils allaient se séparer. Ils m'observèrent qu'il était bien dur pour eux d'être obligés de céder au gouvernement unitaire, rejeté généralement par la nation, dans laquelle il ne jouissait d'aucune considération et dont ils avaient battu les troupes; que la Suisse entière, à l'exception d'un petit nombre d'individus, désirait le gouvernement fédéral par cantons.
Je leur représentai que ce n'était point au gouvernement unitaire qu'ils rendaient les armes, mais à la France, dont la puissance formidable mettait leur juste amour-propre à couvert; que d'ailleurs ils étaient libres d'adresser leurs observations au Premier Consul, qui était disposé à leur rendre justice et dont la bienveillance pour la Suisse ne pouvait leur être douteuse... Je pris congé de ces messieurs... et m'empressai de me rendre à Berne pour instruire le général en chef du succès de ma mission. Les promesses qui m'avaient été faites furent remplies exactement. La Diète se sépara ; les hommes qui composaient les troupes fédérées étant rentrés dans leurs foyers, les affaires de Suisse étaient terminées, sous le rapport des opérations militaires, sans qu'il y eût eu une goutte de sang répandue. Les troupes françaises qui arrivaient suc-
cessivement, occupèrent tout le pays; elles furent cantonnées de manière à pouvoir se réunir promptement en cas de troubles, qui heureusement n'étaient pas probables.
» Le général Ney crut devoir, pour assurer la tranquillité, faire mettre en état d'arrestation les cinq membres les plus influents de la Diète : MM. de Reding, Hirzel, général Aufder Mauer, et deux autres dont j'ai oublié les noms Le général fut les visiter dans le château de Aarbourg, où ils étaient renfermés.
» Quelques autres arrestations eurent lieu sur dif* férentes parties de la Suisse; mais elles ne tombèrent que sur des hommes signalés à l'opinion publique par leur esprit turbulent. Les cinq membres de la Diète furent rendus à la liberté peu de temps après. Cette mesure de conciliation produisit un meilleur effet que la première mesure de rigueur qu'il avait cru devoir prendre.
» Je ne restai pas longtemps à Berne; peu de jours après mon retour, le général en chef désirant s'assurer d'une manière certaine de l'état de la Suisse, des dispositions de ses habitants, de l'esprit qui y régnait, me chargea de parcourir les cantons de Zug, de Schwitz, des Grisons, etc.
» Je trouvai Coire occupée par trois compagnies de troupes françaises commandées par un colonel Chastel qui n'était pas en activité de service, mais que le