SI KG E DE CIUDAD-RODRIGO
« ...Dans la nuit du 15 au 16 juin, la tranchée fut ouverte sans accident; au point du jour, les travailleurs furent à couvert ; le maréchal, qui était arrivé avec les ouvriers, ne les quitta que longtemps après; les jours suivants, les travaux furent poussés avec vigueur, et l'on établit des batteries destinées à enfiler les remparts et à bombarder la ville. Le major du génie Gonche (qui avait jusque-là dirigé les approches) fut remplacé par le colonel Valazé que le prince d'Essling y envoya. Ce fut un autre motif de dissentiment entre les deux maréchaux ; je fus souvent témoin des querelles qu'ils eurent ensemble.
LE MARÉCHAL NKY
» [Dans la journée du 9 juillet, la brèche étant faite, on se prépara à donner l'assaut]. Le maréchal demanda trois hommes de bonne volonté pour aller reconnaître la brèche, aussitôt il s'en présenta plus de cent.
» Par une petitesse peu digne «le la belle défense qu'il avait faite, le gouverneur se présenta sur la brèche (après la capitulation) en habit bourgeois et soutenu par deux hommes, sous prétexte qu'ayant fait une chute il ne pouvait pas marcher; il s'excusa par le même motif de ne pas rendre son épée ; M. le maréchal lui répondit :
» — Monsieur le gouverneur, vous en avez fait un trop bel usage pour qu'elle vous soit enlevée.
» Le 6e corps fut encore chargé du siège d'Almeida, mais le maréchal Masséna dirigeant les opérations en personne, le maréchal Ney ne s'en mêla plus.
» Le 25 septembre 1810, nous arrivâmes au pied de la Sierra d'Alcoba, sur laquelle l'armée ennemie occupait une position formidable. Le maréchal prince d'Essling ayant réuni les généraux en chef des trois corps d'armée, ordonna des dispositions d'attaque pour le 27.
m Le 26 au soir, le maréchal me fit venir et me dicta les dispositions d'attaque pour le lendemain. La brigade du général Simon devait gravir la montagne, formée en colonnes serrées, et commencer l'attaque. Lorsque j 'eus écrit ce premier ordre je m'arrêtai, et le maréchal me parla des autres corps. Voyant
LE MARÉCHAL NKY
qu'il ne me disait point quelles étaient les troupes qui devaient soutenir la brigade Simon, je lui dis :
» — Mais, monsieur le maréchal, si ces troupes sont seules, nous serons infailliblement battus (J'avais assez mon franc parler quand j'étais seul avec lui). Il me répondit :
» — Continuez à écrire, ce n'est pas moi qui ai ordonné les dispositions de la bataille.
» L'événement ne justifia que trop bien mes craintes. On ne peut concevoir comment le maréchal Masséna, dont on ne peut nier les grands talents militaires, ait pu commettre une faute aussi grave et aussi évidente, d'autant plus impardonnable qu'il était facile de tourner la position au lieu d'aller se briser contre elle en l'attaquant de front...
» [L'armée entre à Coïmbre]. Les soldats, voyant la ville abandonnée, se livrèrent à un affreux pillage, tout fut bouleversé de fond en comble, malgré les efforts que firent les généraux et les chefs pour mettre un terme à ces désordres.
» [Les blessés que Masséna laisse dans Coïmbre y sont maltraités après le départ «le l'armée]. Dès que cette nouvelle fut parvenue à l'armée, elle y exerce une funeste impression; les soldats cessèrent d'avoir confiance dans le général en chef, et ne purent lui pardonner l'abandon dans lequel il avait laissé leurs camarades.
» Après avoir avoir échoué devant les lignes de