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devant laquelle nulle considération ne prévaut.
Le coup frappé, la situation dénouée, la victoire remportée , il rentre dans l'ombre jusqu'à ce qu'une péripétie nouvelle ramène vers lui la pensée de tous. Etranger aux luttes et aux intrigues de la tribune et de la presse, il ne cherchera jamais, au moyen de ces expédients dont tant d'autres ont abusé , à entretenir autour de son nom cette vaine rumeur dont s'enivre la vanité. C'est ainsi qu'on a vu, de 1848 à 1853, le général Pélissier se rendre constamment utile dans les fonctions peu retentissantes de commandant de la division d'Oran et d'inspecteur général d'infanterie. Il avait été nommé général de division en 1850.
Quoique le général Pélissier passât pour un homme difficile à émouvoir, les colons de la division d'Oran mirent quelquefois sa bienveillance à l'épreuve en
lui envoyant des femmes pleureuses. Le général céda plus d'une fois d'abord.
Mais s'apercevant que ce moyen, bientôt connu , dégénérait en abus , qu on cherchait ainsi à lui arracher des décisions au moins inutiles, il rentra dans son flegme, et les solliciteuses de la province d'Oran séchèrent des larmes désormais sans puissance.
L'activité du général Pélissier , concentrée pendant plusieurs années dans la bonne administration de la province qu'il commandait, n'eut aucune occasion de se produire au dehors. Sa mission était définie, limitée. Il ne pouvait, sans en dépasser les limites, attacher son nom à des mesures générales de colonisation et prendre l'initiative d'un système.
C'est donc par des actes essentiellement militaires que M. le maréchal Pélissier a laissé le souvenir de son passage en Afrique.
La légende des grottes du Dahara commençait^ se confondre avec les épisodes antérieurs de la guerre d'Afrique, lorsque le chérif Mohammed-Ben-Abdallah entreprit d'armer le fanatisme des Arabes du Sud. Une nouvelle Zaatcha fut préméditée. Le chérif agita d abord Ennacin et Mlili. Ses débuts ne furent pas heureux, et il reçut de dures leçons. Mais loin de les accepter , il se mit en révolte ouverte, se réfugia à Lagouhat d'où il parvint à soulever toutes les tribus du Sud.
Le général Yusuf, Tune des physionomies les plus brillantes de notre histoire militaire en Afrique, essaya vainement de comprimer la sédition. Le général Pélissier apprend ce qui se passe et se met en marche. Il part le 26 novembre d'El-Biod, parcourt cinquante lieues en six jours au milieu d'un pays où l'esprit des populations et les
difficultés du sol font obstacle à chaque pas.
Le 2 décembre, il opérait sa jonction avec le général Yusuf. Cette marche, qui rappelle certaines marches célèbres des guerres de l'Empire, consterna l'ennemi. Le 3, le général Pélissier faisait la reconnaissance de la place. Pour entamer ses hautes murailles, il fallait une batterie de brèche. Elle fut construite par son ordre dans la nuit du 3 au 4. A sept heures du matin, elle commença le feu. En trois heures la brèche fut ouverte, et l'aigle du 2e de zouaves flottait sur les ruines fumantes de Lagouhat.
La bravoure du général Pélissier était bien connue avant cette affaire. Mais chez lui cette vertu militaire est empreinte d'une originalité particulière. Un général comme M. Bourbaki ira à l'assaut en bottes vernies , gants jaunes et badine à la main; tel autre se fera jeter
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par ses soldats par-dessus les murailles pour arriver le premier dans la place.
Le maréchal Pélissier est brave sans avoir l'air de le faire exprès. Il n use pas toujours du droit de s'épargner que confère et qu'exige le commandement en chef. Ainsi, à l'affaire de Lagouhat, le général Bouscarren , qui le suivait de près, reçut une balle et fut tué.
L'affaire de Lagouhat offrit cette particularité qu'elle donnait le baptême du feu aux jeunes aigles du nouvel Empire. Ce motif dut influer sur le choix que fit l'empereur Napoléon III du général Pélissier pour aller prendre le commandement d'un corps de l'armée d'Orient.
Cet heureux début de nos aigles était d'un bon augure.
Nous avons raconté dans une autre notice les événements qui précédèrent, devant Sébastopol, l'arrivée du général
Pélissier (1). Nous n'y reviendrons pas.
Lorsqu'à la suite de ce long hiver, de ce siège prolongé que tant de fléaux retardèrent et qui usa des hommes de guerre du premier ordre, on vit le maré- . chai Pélissier prendre le commandement du 2e corps, un vif sentiment de confiance et d énergie électrisa les troupes. On sait combien est mobile l'esprit français. La pluie, le froid, le choléra, les lenteurs du siège avaient affaibli le moral des troupes. Il se raffermit dès que le général Pélissier fut chargé des attaques de gauche et de l'investissement de la place. -
Chaque soldat comprenait d'instinct la signification de l'arrivée de ce chef énergique. On sentait que les travaux de la campagne allaient prendre une
(1) Voir, dans la première série de ces Portraits, la notice intitulée : Saint-Arnaud et Canrobert. i
nouvelle face. Les officiers qui avaient servi sous les ordres du maréchal Pélissier, appréciaient diversement son caractère, mais tous considéraient son arrivée comme un gage de succès.
Peu d'hommes de guerre réunissent, en effet, au même degré que le maréchal Pélissier, l'extérieur et les qualités du commandement. Robuste sans obésité, d'une taille un peu au-dessus de la moyenne, sa personne comme son caractère exprime sa solidité. Par un contraste singulier, ses yeux sont mobiles, rapides, tandis qu'une lenteur imperturbable donne à ses mouvements l'apparence de l'insouciance et de la placidité.
L'armée connaissait depuis longtemps le caractère du général Pélissier. Dans les causeries du bivouac, les soldats racontaient maintes anecdotes un peu trop militaires pour trouver place ici , mais qui toutes attestaient de la part du gé-
néral un esprit singulièrement caustique, une humeur gauloise de la famille de Rabelais. Quand sa verve s'éveille sous le feu de l'ennemi, aux heures décisives où il s'agit de donner un ordre capital, il a des mots de raillerie terribles et imprévus comme un coup de boutoir. Cette rudesse se mêle singulièrement chez lui à un esprit de justice qui se plaît à récompenser le mérite modeste.
Mais si le mérite se fait son propre avocat, c'est autre chose. Un officier de l'armée de Crimée, le soir de la fâcheuse affaire du 18 juin, lui ayant demandé la croix : « Il y en a un boisseau dans le bastion de Malakoff , répondit le général ; allez voir s'il y en a une pour vous. »
Le maréchal Pélissier, nous le verrons plus loin, aime ses amis d'un cœur profondément dévoué ; mais, comme tous les hommes doués d'une puissante personnalité, il ne change pour eux ni ses
façons, ni son humeur. Ceux qui l'entourent, ses aides de camp, sont habitués à ces bourrasques et ne s'en offensent pas.
Un officier supérieur, estimé de tous, et dont l'amitié pour le maréchal Pélissier fut profonde et désintéressée, le regrettable colonel Cassai gne, disait quelquefois en riant : « Mon Dieu, quand le général me reçoit mal. je ne m'en formalise pas ; je sais qu'il est comme ces Marseillais qui appellent leurs fils : enfants de chien par amitié. »
Ceux qui ne connaissaient pas le noble cœur du général se blessaient quelquefois de ces boutades de vieux soldat.
Mais ce qui prête peut-être à ses apostrophes une ironie particulière, c'est l'air et le ton qui les accompagnaient. Dans toutes les notes de la voix humaine, il est impossible de rencontrer quelque chose de plus goguenard et de plus rail-
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leur que la voix lente et gravement nazillarde dont le maréchal accentue ses railleries.
Un général, qu'il est inutile de nommer, eut le malheur d'arriver malade en Crimée. Au bout de huit jours son état devint trop grave pour qu'il dût songer à aller au feu. Il obtint de retourner en France et vint faire sa visite d'adieu au commandant en chef.
Au grand étonnement de l'aide de camp présent, il fut reçu avec assez de bienveillance. Le maréchal, on le sait, a une répugnance marquée pour les officiers inutiles. L'entrevue touchait à sa fin et le général allait se retirer, lorsqu'au moment de fermer la porte, un signe le retint : # — « A propos , général *** , vous nous laissez vos chevaux, n'est-ce pas?
Us ne sont pas malades... eux , j'es- • père ! »
Ajoutez à ceci le ton décrit plus haut.
Une indulgence inouïe se mêle quelquefois à ces brusques sorties.
On racontait souvent en Algérie, qu en expédition , un officier d'état-major, apostrophé par le général Pélissier, s etait laissé emporter jusqu'à répondre par un coup de pistolet aux paroles de son chef. Heureusement le pistolet rata.
— « capitaine , dit froidement le général , vous garderez les arrêts pendant huit jours pour vous apprendre à tenir vos armes en meilleur état. »
Authentiques ou non, ces anecdotes circulaient dans l'armée d'Orient. On disait aussi, et c'est un fait aujourd'hui bien connu, que le maréchal Pélissier a toujours aimé à s'entourer d'officiers jeunes et distingués. Être protégé par le maréchal constitue un signe certain d'aptitude militaire. Ses aides de camp,
MM. Cassaigne et Appert, en furent un frappant exemple. Il n'y a pas un officier dont le maréchal ait suivi et entouré de sa sollicitude la carrière militaire, qui ne soit à la fois un soldat et un chef accompli. Le général Bazaine et le colonel Lacretelle, du 51e de ligne, auxquels le maréchal a toujours témoigné un vif intérêt, ont, avant tout, été protégés par leur mérite et leurs services.
Une protection semblable honore, en même temps, celui qui la donne et celui qui en est l'objet.
Tel était le commandant en chef que l'empereur Napoléon III envoyait en Ciimée. Sa fermeté, sa rudesse même, loin d'effrayer le soldat, plaisaient à son humeur. Au milieu de ces habitudes de la tente et du bivouac, une brusquerie peut souvent, comme le disait le colonel Cassaigne, n'être qu'un gage d'amitié.
Un chef débonnaire n'a point de suc-
cès en France. Nos soldats n'ont pas
besoin d'indulgence. Epris avant tout du sentiment national, de l'instinct de la discipline et du besoin d'agir, ils n'ont besoin que detre commandés avec vigueur, conduits énergiquement , avec roideur même, pourvu qu'on aille en avant. M. le maréchal Pélissier réunit au suprême degré toutes ces conditions.
En arrivant, le général Pélissier visita les tranchées. Il venait reconnaître les batteries d'attaque et les ouvrages de la défense. Mais ce qu'il voulait avant tout montrer aux soldats, c'est qu'il entendait partager leurs périls de chaque jour. On le vit, en effet, à diverses reprises, sur les points les plus exposés.
Sa présence fit un effet considérable sur le moral des diverses troupes du 2e corps.
Jusqu'alors le service des tranchées s' é-
tait fait avec zèle, mais sans beaucoup de méthode. H le réglementa sévèrement. En le voyant à l'œuvre, quoiqu'il fut arrivé depuis quelque temps, l'opinion de l'armée se tourna vers lui. Elle commença à le considérer comme son chef futur.
Ce fut aussi la pensée du général Canrobert, à qui lord Raglan, avec une fougue singulière pour son âge, rendait le commandement amer et impossible.
H fallait que ce regrettable conflit eût une fin.
Avec un désintéressement dont l'histoire n'offre peut-être pas de plus noble exemple, le général Canrobert prit le parti de résigner le commandement entre les mains du général Pélissier. En se décidant à ce grand acte, le général Canrobert n'ignorait pas qu'il levait le plus grand obstacle qui s'opposait jusqu'alors au succès de nos armes. H comptait sur la volonté du général Pé-
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lissier pour briser l'entêtement du général anglais.
Le général Canrobert s'ouvrit au général Pélissier. Il lui fit part de sa détermination et des graves motifs qui la lui faisaient prendre. H lui nomma le successeur qu'il désignait au choix de l'Empereur.
Cette double mutation ne causa aucune surprise. Le subordonné de la veille passa au premier rang. Le général en chef redevint volontairement simple lieutenant, c'était plus que ne fit le maréchal de Noailles à Fontenoy. Il grandit dans l'opinion qui apprécia vivement la
noblesse de sa conduite.
La position nouvelle du général Pélissier était fort délicate. La France avait les yeux sur lui ; et pourtant les opérations du siège, entravées par les excentricités de lord Raglan, n'avançaient pas.
11 fallait à tout prix vaincre ce premier obstacle.
Il en existait un second. Lelévation subite du général Pélissier avait dû exciter un sentiment de rivalité parmi quelques-uns de ses collègues de la veille.
Le service se ressent infailliblement de ces mouvements d'humeur ; autre problème qu'il s'agissait de résoudre.
Que se passa-t-il dans l'entrevue du général Pélissier et de lord Raglan ? c'est ce que ne surent même pas les officiers d'état-major du général français. Quelles paroles furent échangées ? on l'ignore.
Quant au résultat il fut visible pour tous; à dater de cette entrevue, le concours de l'armée anglaise ne nous fit jamais défaut. Des sentiments de cordialité entre les deux armées témoignèrent du parfait accord des deux généraux en chef.
Le général Pélissier trouva en même
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temps chez ses anciens collègues ou subordonnés de l'armée d'Afrique, une évidente déférence et une parfaite bonne volonté. On le savait homme à ne pas balancer sur un ordre d'embarquement pour la France. Nul ne se souciait d'en courir les chances. Le patriotisme fit le reste.
Restaient les difficultés matérielles.
Le nouveau commandant en chef n'avait qu'une pensée : agir. Comme à Lagouhat, il déploya une activité foudroyante, une sûreté de coup d'œil et une promptitude de décision qui électrisèrent l'armée.
Les attaques s'étaient faites par la gauche, il décide qu'on attaquera désormais par la droite. C'était le côté de MalakofT, la clef de la place assiégée.
Pour un pareil développement nos troupes n'étaient pas assez nombreuses Des renforts devenaient indispensables.
Il les demande d'un ton qui éloigne Vidée même d'un refus. C'est la nécessité, c'est la certitude du succès qui parlent par sa bouche. Il insiste, presse, gourmande, agit toujours, et s'empare dès le 7 des batteries du Mamelon Vert.
Les renforts étaient arrivés; du Mamelon Vert on touche au corps de la place , Sur toutes nos lignes le cri : « à Malakoff! à Malakoff! » avait retenti avec une indomptable énergie.
Le général en chef prépare une nouvelle attaque. Le 18 juin, trois divisions s'élancent sur le formidable bastion. Du haut de la redoute Victoria le général Pélissier suit d'un œil attentif le mou- ' vement de ses troupes. Tout à coup son visage s'assombrit. Des paroles d'impatience et de mécontentement s'échappent de ses lèvres.
Un chef de colonne a pris la trace fusante d'une bombe pour la fusée qui
doit servir de signal. Le départ mal réglé dérange tout le mouvement.
Irrité, mais voulant à tout prix en finir avec ces fortifications meurtrières, le général Pélissier ordonne au colonel Jannin, des zouaves de la garde, de s'élancer sur la brèche.
— « Adieu, mon général, » dit le colonel.
Et il s'élance à la tête de ce magnifique régiment, formé des vétérans de nos guerres d'Afrique. Le reste de la garde impériale s'ébranle et va le suivre.
Ils marchaient à une mort presque certaine. Mais le général en chef voulait en finir. Ceux qui l'entourent le supplient de faire sonner la retraite. Il hésite, on le presse. Pour la première fois il cède. Mais quelle humeur ce soir-là ! Les Russes paieront ce retard.
Il semble qu'autour du général en chef l'activité se multiplie par l'humeur
que lui cause cette affaire manquée.
C'est la première fois que le général Pélissier n'ait pas obtenu le but qu'il se proposait. Des expéditions moitié militaires, moitié maritimes, détruisent aux j environs les approvisionnements russes. I Tout ce qui est vulnérable est attaqué.
Lord Raglan n'était plus. Son successeur laissait l'initiative au général français. Orner Pacha quittait la Crimée. Le général piémontais Lamarmora , homme de guerre de la plus haute distinction, se mit de lui-même à la disposition du général Pélissier.
Il est à remarquer ici que, malgré son extérieur tout militaire , le général Pélissier montra des qualités diplomatiques de premier ordre. Il sut faire comprendre sa volonté, la faire passer dans l ame des divers chefs des puissances alliées, et obtenir une sorte de commandement unique.
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Le 8 septembre, le général Pélissier ésolut de livrer un grand et décisif eommt. Il prit toutes ses mesures avec une vigilance parfaite. Les montres des officiers furent réglées la veille. C'était la première fois que cette précaution avait lieu. Les soldats, abondamment pourvus des engins nécessaires à une lutte déterminée, attendirent l'heure du combat.
Le général en chef avait résolu de commencer le feu au moment où les cloches de Sébastopol sonneraient l'heure joyeuse de midi. Bientôt le premier tintement se fit entendre et se répéta de clocher en clocher.
Nos canons, depuis les attaques de gauche commandées par le général de Salles, jusqu'à celles de MalakofF dirigées par le général Bosquet , résonnent au dernier tintement. Le feu de la place répond. Le brait est formidable; les boulets font des ravages terribles. Les bat-
teries ennemies ne sont plus tenables.
Sur toute la ligne de nos attaques un cri général, cri plus terrible que la voix du canon, s'étend. Nos colonnes s'élancent rapides, compactes, par vingt endroits à la fois. Partout elles pénètrent à la baïonnette. Le feu de la seconde ligne d'artillerie les couvre de mitraille. Elles s'abritent, se fortifient, s'établissent dans les ouvrages conquis.
A la fin de la journée MalakofT nous restait.
Du haut de MalakofT, nos soldats virent, le soir, sauter toutes les fortifications, et aperçurent l'armée russe qui se réfugiait dans les forts du Nord.
Malakoff, la dernière des fortifications attaquées, fut la première prise.
Pendant l'assaut, le général Pélissier avait confié une mission au lieutenantcolonel Cassaigne, son aide de camp.
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Le brave Cassai^ne partit en avant ; un boulet russe l'emporta.
Ne le voyant pas reverii , le général Pélissier parut surpris.
" Où est Cassaigne ? » dit-il.
On savait rattachement du général pour son aide de camp. On n'osa pas lui apprendre sa mort.
« H est blessé, dit quelqu'un, mais sa blessure est sans gravité. »
Le général n'en parla plus ; mais à la fin de la journée, au moment où il semblait que la joie de cette victoire attendue si impatiemment par la France et par l'Occident tout entier, dut remplir son cœur, il répéta d'un ton impérieux cette fois :
« Eh bien ! où est Cassaigne?
— Mais, général, il est blessé.
— C'est donc grave?... Je connais Cassaigne, il serait venu me rendre compte de sa mission.