XXV
M. de Valois était uu véritable collectionneur, c’est-à-dire que tout ldi semblait bon à garder, et qü’il eût volontiers fait dresser une tente dans sa cour ou dans son jardin pour réserver plus de place aux richesses entassées dans toutes les pièces de sa maison. Il avait dés pierres tùmulaires dans sa cave et des momies dans son grenier; La chambre de M lle de Valois était le Seul endroit profane de -tout l’édifice. J’entends que la vieille demoiselle n’avart'pas permis qu’on prolongeât jusque chçz elle l’exposition des chefs-d’œuvre, afin que;' du rooins, aucun visiteur curieux ne franchit mal à propos le * seuil de sa retraite.
Je n’abuserai pas do la facilité qui m’est offerte de décrire . toutes ces illusions achetées à bon compte, et qui faisaient
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planer sur la galerie de HL de Valois tant jd’othbres illustres qui ne descendaient jamais. Lès tableaux constituaient le véritable musée ; mais il avait bien failli donner aussi asile à des tronçons d’armures, péchés dans la rivière de l’Aube, à des haches gauloises^ déterrées dans la montagne; et j’aurai tout dit quand j’aurai mentionna une flèche trouvée, dit-on, • dans le' squelette d’uu animal antédiluvien :.ce qui prouvait évidemment que des créatures humaines s’étaient amusées à. ' chasser les animaux, avant la catastrophe* ou la sérié de ca-“ • tastrophes, attestée par les géologues. •. ‘ ‘ •'
M. de Valois avait envoyé à. ce sujet un Mémoire à la société académique de l'Aube, dont il était membre correspondant, ainsi que Desprez (ce dernier pour la question agricole seulement), et l’op s'était ému de oette flè,çhe. On avait même parlé de l’acquérir, à l’aide d’une~'souscriptiori, pour la joindre au crocodile empaillé qui fait le plus bel ornement du musée* . de Troyes, ; .*• • *»; • . . a; ’
Mais M.' de 'Valois s’était toujours et obstinément refusé à cette acquisition. Il avait une ambition plus haute. Par xanr crine, quelques membres de la susdite société s'étaient permis alors de contester l’origine' du projectile', et d’assurer que le collectionneur avait été la dupe d’une mystification.
Je n'ai pas besoin d’ajouter que la flèche du Nenjrod antédiluvien n'en était devenue que plus précieuse au cœur de Son propriétaire. • • • . . V . „•
Lasalfô j manger n’était que le portique.; le salon était le • temple véritable. De chaque côté d’une pièce asseï vaste,
. agrandie encore par l’adjonction d’un cellier travesti en gaférié à l’aide d’un plancher sur le sol et de quelques vitraux dans la toiture, s’étalait' la précieuse collection de* tableau*?.
- Devanldy remarqua tout d’abord des étiquettes ambitieuses au-dessus- des cadres,- et les noms qui flamboyàient en lettres d’or avaient de quoi terrifier. On’ lisait Raphaël, Titien, Ve*- , , \ • is.
rouése, Léonard de Vinci, Poussin, Lesueur; Toutes les
écoles étaient mêlées, toup ies dieux se coudoyaient. La folie.
. de la collection est impitoyable ; elle ne recule devant aucune témérité. . . , . -
— Quo.i ! he put s’empêcher de dire Charlçs, avec un doute apparent qui était la plus fine des politesses, ee sont des
originaux? " . • .
— Oui, monsieur ; j’ai été assez heureux pour én réunir quelques-uns, répondit M. de yalôis d’un air eonfus. Oh! ils sont parfaitement authentiques; ils ne sont pas signés. 1 — Comment l'absence designatüre est-elle une prouve?
— Depuis que la signature est uu appât grossier, uu piège tendu par le mercantilisme. Mais moi, j’ai mes moyens dg i’ connaître les maîtres, ajouta le collectionneur en rentrant sa tête dans sa cravate, comme s’il la posait sur un socle pouç la faire voir, je les. devine à leurs procédés. . t ;• • - , • Et, s’approchant des toiles les- plus voisines, M. de Valois commença ia démonstration. Tous ces tableaux, dont quelques-uns étaient d’indignes copies.de chefs-él’oeuvre-, ne s’élèvent pas même à oette médiocrité banale qui .suftit.au luxe bourgeois. DeSiprez avait raison, et le tableau à horloge qu’il avait suspendu dans 9a salle à manger n’élait pasinfé 7 rieur à un paysage de Salvator H osa, que M. de Ville is contempla avec une sorte d’attendrissfement.. .
— Quel est ce- cadre recouvert d’un rideau? demanda. Devanlay en désignant.un tableau soigneusemenQvoilé.
- — E’est une V t énus de l’Albanè..'
— Est-ce que vous craignez le .soleil?
— Non, ce n’est pas cela, dit M. de Valois embarrassé et » en regardant Antoinette. Ma sœur a pensé que... certaines visites pourraient s’offgnser du peu do toilette do la déesse... quoique le sujet, ajouta-t-il avec un petit sourire malin, soit précisément la toilette de Vénus. '
* • Ï.K XT.VRt £>*A NTO INE-TTE. / 263
Vous pouvez tirer, le rideau, monsieur, dit Antoinette
d’un air 'simple? : -? '
.. >-r Mais, mademoiselle, vous ne savez pas?
-‘-■Allons, monsieur, découvre* vite ce tableau pour que nous l’admirions, reprit M 1U Desprez avec une sorte d’impatience, 1 comme si cette jeune fille pudique et fière s'irritait qu'on lui fît l’injure de prétendre à plus de respect pour ello qu’elle n’en avait elle-même. ' ' * •
M. de Valois, surpris d’une pareille insistance, mais trop heureux de faire admirer Y Albnne, tira doucement le rideau. Antoinette regarda la Vénus apocryphe et affecta de la die- 1 cuter. En quelques mots, elle exprima son sentiment sur celuiqu’on avait surnommé V Anacréon de la peinture.
— Je ne Paime pas, dit-elle en finissant; il a la perfection vulgaire. Il n’a plis ce sentiment élevé qui-met l’harmonie dans les impressions, et qui fait oublie’r les détails pour l’ensemble. . . ’ J
Devanlay, fort étonné, regarda la Jeune fille. •
— Vous avez donc étudié la peinture? -
* — ’Commo'j’ai appris Le;chant et le piano. Mais j’ai lù ; j’ai vu beaucoup de gravures, et je suis allée deux f(Ms au*Loûvre,
• dans ün voyage à'Paris. • ' '
Elle sdùpira. • - . • • • ‘
— Vous aimez les tableaux, mademoiselle? demanda M. de Valois avéc politesse. * ’ • *. ..
- Antoinette regarda autour d,’elle, eut un sourire sans ironie, mais qui faisait -entendre bien des choses qu’elle ne disait pas. •
— Oui, répondit-elle, j'aime les tableaux. * .
— J’aurais bien envie de vons interroger, à mon tour, reprit Devanlay avec hésitation... Quels sont vos peintres ,3e 'prédilection? •
j- Oh! cela dépend, repartit M 11 * Desprez. Il y en à qni
me plaisent toujours* d’autres que je irai aie qu'à certaines heures. Léonard de Vinci me fait songer; Véronèse me donne des joies, comme celles d'une grande fête, d’un bal splendide, auquel j’assisterais; mais il y a des moments où je ne comprends plus Léonard et où Véronèse me fatigue. Alors, je me repose près d’un ami qui me console des grandes fêtes, qui me fait oublier, qui me donne d’excellents conseils...
— Je, suis jaloux de cet ami-là, ditDevanlay.
* — tsfr-il dans ma collection? demanda M. de Valois.
Antoinette regarda autour d’elle, et, se dirigeant vers un •tableau : v .
— Tenez! le vbilà! dit-elle avec une grâce attendrie, ou
plutôt voilà son souvenir. , ... *
Comment! le Lorraifi? Vous aimez Je Lorrain? dit ■Charles avec émotion^ comme s’il découvrait tout à coup dans Antoinette une vertu qu’il ne lui avait pas soupçonnée encore. * , . ' . ' ' ■
' — Sans doute, reprit la jeune fille. Qu’v a-t-il donc d’étonuant? ' .
— Ah! c’est mon peintre aussi à mot-, repartit Devanlay avec exaltation. C’est mon ami aussi ! Je n'ai pas une galerie; mais j’ai un tableau , un seul , que j’ai payé bien cher, et qui me semble un cadeau de la fortune : C’est un bout de paysage du Lorrain.' , - . . •
-r Vous l’avez payé bien cher? dit .M. de Valois en reposant encore une fois sa tête, qui s’était dérangée, Sur les plis de sa cravate. Permettez-moi de vous dire, monsieur, que vous manquez d'expérience. Les ;véritables collections, pour être précieuses, doivept avoir été acquises à bas prix. Le beau mérite, de payer comme un gouvernement!
— Tout le monde, monsieur, n’a pas votre bonheur et votre
talent. .
M. de Valois se rengorgea d’un air tout à fait modeste.
— Noijs avons donc les mêmes goûts en peinture? dit Antoinette, dont le9 joues s’étaient empourprées.
— Nous les „a von s en toutes choses, mademoiselle ; mais se peut-il que dans une ou deux visites vous ayez connu assez . Titien, Véronèse et notre ami le Lorrain pour vous en souvenir toujours? ’ -
• . — Cela vous étonne, monsieur? c'est que vous ne savez pas ce que c’est que l’ardeur de connaître, que la curiosité emportée à Paris par une pauvre petite provinciale comme moi. Nous. amassons des regards dont nous criblons la-bas tout ce que nous voyons. Je vous disais que je prenais plaisir à Léonard, à Véronèse! mais oui; je vous'assure qu’ils ne ‘ sont plus au Louvre; je les al décrochés, je les ai là, dan? mon cœur; c’est en me recueillant que je lçs contemple, que je les admire, que je m’agenouille presque devant. eu\. ; Quant . à notre cher paysagiste, cehii-là, je le possède tout entier, et ces jours-ci je n’osais vous dire, de peur de paraître pédante, que je pensais àjui en me promenant avçc vous dans la prairie. ■...
, Charles s’était fait illusion jusque-là 'Sur le Sentiment qui se glissait dans^, son âme. Par une défiance d’homme du monde, il ne voulait-pas, en quelque sorte, céder seulement, à l’attrait de la jeunesse, de la beauté. 11 s'était construit, à la jpte et à son insu, un dernier cctranchompnt sur tes hauteurs de cette vanité parisienne qui' tient jusqu’au dernier effort de la passion le cœur en bride, et qui ne lui permet pas d'étre sincère, s’il doit manquer aux convenances. ' :
Sans analyser froidement tes petits calculs dont nous fai-'
, sons l'anatomie, .il croyait que, malgré son intelligence,, son ■ . énergie de cœur, Antoinette était loin de lui, à .cause dé cel achèvement suprême que donne le goût en toutes choses, et.
(|ui devait manquera Jtt lle Desprez. Il n’avait pas été fâché, à ce point de. vue, de lai trouver des toilettes arriérées, pro-
vinciales; et il s’imaginait qu’unegrande 'distance les séparait .encore. • - • • 1 •
Mais voilà que dans. une occasion délicate où il s’abandonnait sans réserve, elle supprimait les intervalles, elle se rap.prochait tout à coup, - elle Se mettait de niveau, e^le s’appuyait sur lui, elle admirait avec lui, de la même façôn que lui, ayèc le même enthousiasme, ce qu’il admirait, ce qq’ïl préférait pâr-dessus tqut. Que lui resterai Ml donc comme refuge? A quoi se fier? Quel autel embrasser en suppliant, si cette jeune fille, avec son charme implacable,, le poursuivait partout, et venait, jusque dans ceLOlympe, s’associer, s’unir à ses pensées? ' • > ’ ' ''' " ■ ■’
La séduction d’un cœur attristé, comme celui de Dévanlav, d’un homme qui à vécu* ne dépend pas d’un regard, d’ùn éclair,' d’un parfum, comme à vihgt ans.* il faut la capitulation de toutes les forces 1 , une à uoo et tour à tour. Charfes commençait à se sentir vairrcu. Était-ce ericore au dom de •son fil» qu'il allait accepter, la défaite? .
Vains sophismes! au milieu de ce musée grotesque, plein dè chefsréFœuvres dérisoires, où le génie lhl paraissak sondainemeirt évoqué dans sa puissance par ces simples mots de cette- jeune fille sereine, paisible, sûre d’ëlie-mêmé, devant ce tableau, dont Antoinette, par un - gestfe d’une dignités! charmante, avait fait enlever le voile, il lui sembja qu’u#voile •se retirait de ses yeux. * . • *
Il contempla la fille de son ami ; il fût Unit étonné de la trpuver non pas plus belle encore, mais plus femme, mieux préparée à l’idpal, eft même temps' qu’à l'intelligence pratique de la vie.
Ce n’était plus la mélancolie instinctive d^une bonne âme que l’air des champs fait palpiter; ce n’était plus la promesse d’Une enfant qui apparaissait à ses regards éblouis; c’était la réuljté d’une amié' véritable, comprenant tous les raffinements
de l’élude, toutes les quintessences de l'émotion,), faite pôur partager non-seulement les douleurs visibles, les joies extérieures, mais encore ces sensations mmütjeuses et multiples qui répondent à tous les progrès de l’esprit. . .
Charles sentit ses genoux trembler; il frémit de laisser voir ce qu’il éprouvait. Ne répliquant pas à Antoinette, il suivit doucement M. de Valois, qui continuait sa jioraendaturo, ses explications de oicerone. -. ' .... -
Devanlay s’aperçut, une fois, qu’il était censé admirer un portrait et qu’il levait la tête en formant les yeux,: >
— ‘Vous .êtes fatigué, lui demanda Antoinette d’un air de pitié quipouvail-aüssi brens’adresser à son trouble intérieur qu’4 l’qflnlif de ôette visile.
—'Si monsieur veut se reposer, nous continuerons pluâ tard, dit avec complaisance le bon M. de Valois.
Il n’était pas étonné, l'excellent homme, qu'une £i magnifique collection de chefs-d’œuvre fatiguât* écrasât l’esprit. Il lui fallait toute sa tête à lui, qui connaissait pourtant bien ses tahleaux, pour n’en ètèe pas- étourdi,
— Non, achevons celte visite, - nuirrtlura Devanlay.
M. de Valois, dès lors, ne se crut obligé à aucun ménagement; ll tort«ra Charles par le récit de ses principales acqni- .sitipns, il le contraignit de voir à la loupe certaines miniatures^ de se faire une lorgnette de la main - pour mieux juger la perspective de ceNalns tableaux. Quand le tour du salon fut enfin terminé, il osa, le traîlro, solliciter l’indulgente attention de son hôte pour des essais personnels. Il peignait; mais, heureusement, c’était a.vec des cheveux,
au lieu de couleurs; il reproduisait ainsi les. principaux ’mo-
numents de l'Europe; c’était à croire qu’on les avait devant soi.
— Eh bien, monsieur, qu’en dites-vous i demanda M. do Valois, en tournant plusieurs fois la tète sur sort pivot.
LE MARI 'D’ANTOINBTTB.
— Je disque je suie eqchtmté de nja visite,que je ne l'oublierai de ma vje, répondit Devanlay.
. --i Je crois que c’est en effet une collection assez Complète!
Charles s’incjina. sœur avait laissé au frère fe soin de montrer les chefs-d’œuvre, c’était une trop grande fatigue pour elle; elle attendait dans la salle à manger.
. — A môn tour maintenant ! dit-elle en se levant.
— Comment! ce'rt’est pas fini? s’écria Devanlay avec une vivacité qui n’était pas de l’enthousiasme.
— Vous savez hien que j’ai po. portrait à vous faire voir celui de madame de La Motte.
On entra dans un petit boudoir où la famille était représentée. fl n’y avait pas là, Dieu merci , d’œuvre de maître.; aussi le» peintures valaient-elles mieux. Le portrait de la fameuse comtesse était charmant.
— A-t-elle l’air d'une intrigante ? je vqus le demande, dit M lle de Valois, du 'ton que prendrait une fille de Calas pour protester contre l’erreur de la justice humaine.
Sf"" 1 de La Motte n'avait Pair que d’une très-jolie femme du -xviir siècle. Son sourire était fin, ses yeux; vifs; elle montrait æs épaules, ces petites épaules neigeuses, adorables, où les colombes de Cylhère aimaient à venir se poser., se becqueter en murmurant; ces épaules qu’une main de cardinal "avait effleurées, et que’le fer-brutal de la justice marqua si cruellement, c’est-à-dire si justement. -Devanlay fit de sincère? cofnplimcntssur la peinture, mais ne se prononça pas sur la moralité de l’héroïne. II s'aperçut qu’Autoinétte la regardait fixement : . j.
— 4 Qu : avez-vous donc? lui demanda-t-il.
— No tronvez-voim pas qu’elle ressemble à M me Bu rida ni? répondit M lle Desprez. • , . .
— Ah ! par exemple ! se récria tout offensée M 11 ® de Valois. ,
Charles sourit tristement. Il pensait à celte Couleur persistante qui ne se lasserait pas de sitôt. L’enfant, jalouse et • gardienne de l’honneur de la rçaison paternelle, avait pu imposer des concessions à son mépris, admettre pour quelques heures l'étrangère à côté d’elle dans sa voiture , mais l’orpheline ne devait pas pardonner. Devanlay, attiré' par une logique mystérieuse, s’interrogea sur son fils. Henri aurait-il donc pour lui la même affection exclusive qu’Aritoinette avait pour son père.
— Si je me ihariais, en voudrait-il - donc à la femme que j’épouserais?
. — Vous vous trompez, , dit-il tout haut à Antoinette; je ne . crois pas à cette ressemblance. , : . .
M. et M 11 * de Valois reconduisirent leurs visi teurs jusqu’au delà de la porte cochère, dans la rue. La vieille fille renouvela, avec un baiser, ses compliments à M 11 * Desprez sur sa beauté. . • * .* «
Le' vieux garçon demanda à Charles la permission de lui envoyer lecatalo^Ue de ses tableaux, écrit ot annoté. par lui.
Devanlay remercia et descendit vers la Métairie, ssbs offrir sôn bras à Antoinette., La grande chaleur avait diminué ; l’ombre commençait; on pouvait prolonger la promenade en , causant, mais aucun des deux n’osait rompre le premier le silence. Charles avait pourtant bien des questions sur les lèvres; il fit un effort, et voulut épuiser cette curiosité dangereuse que les quelques réflexions d’Antoinette dans le salon de M. de Valois avaient si violemment acerdè. Un pressentiment l'avertissait que rien d'indifférent pour sa propre des-- • • tinée ne pouvait se passer désormais entre elle et lui.