‹ Le mari de la danseuse: étudeChapitre 18 sur 33 · SCRUPULES DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

SCRUPULES DE CONSCIENCE

— Si cette femme n'était pas là, seulement ! se disait-il, cela serait fait tout de suite.

Tout en stimulant ses chevaux, il tourna le menton sur l'épaule et regarda Barbcrine. Les lanternes du traîneau projetaient sur èon visage une pâle lueur. On l'apercevait au-dessus de la couverture tendue devant la capote. Elle avait appuyé sa tête sur Tépaule de son mari. Elle dormait. Un capuchon de fourrure enveloppait sa face mignonne, et elle avait un air paisible et doux.

Cela remua profondément le cœur d'Evlmin. Jusqu'alors, il avait à peine regardé Barberine, et il ne pensait pas qu'elle fût aussi jeune, aussi jolie !

Il fouetta de nouveau ses chevaux pour s'étourdir. Puis il se cuirassa le cœur, se disant :

— Qu'importe !

Et enfm :

— Je le tuerai quand nous serons un peu plus loin. Mais, quand il fut un peu plus loiriy sa pensée se porta

sur urf autre côté de la question.

— Comment cet étranger a-t-il vendu mes compatriotes? se demanda-t-il. Pourquoi les aurait-il vendus? La comtesse Wanda avait-elle l'esprit bien lucide en l'accusant de cette action? N'a-t-elle pas confondu cet homme avec un autre?

Eytmin voulait bien accepter l'office de bourreau, mais non celui d'assassin. L'idée qu'il était sur le point de commettre un meurtre injuste le fit frémir. Cependant les chevaux couraient toujours. Le traîneau, doucement bercé sur ses deux patins, glissait sur la glace polie, presque sans secousses. La neige continuait à tomber, limitant à quatre pas la porfée de la yue. Eytmin éprouvait une étrange senti.

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