‹ Le mari de la danseuse: étudeChapitre 19 sur 33 · lE VARl 9iE U I>AI^S^V$1i · texte numérisé non relu

lE VARl 9iE U I>AI^S^V$1i

satiou en se voyant ainsi emporté à travers Te^pace silencieux, enveloppé de floeons de neige. Les masses blanches s'amoAcelaien^ autour 4e lui, sur ses ^mbes, sur sa poitrine, sur ses bras, et il était souveot fort embarrasse pour maintenir soii;i att^^gç sitr la route«

— La coaittes^fi a*a p« se tronp|»eje, se dit-il soudain. Mes scrppules SQnt ceux d'un lâoJbe. |e ferai verser le traîneau en accrochant \ê premier arbre qiie je renooinirerai, et, quand le traître sera gisaiO^t su( U ucâ^? ifi me jetterai sur lui et rétoufferai.

Il se mit aussitôt à guetter un arbre, dirigçanit le traîneau sur le bas côté de la route. Haisi la route était redeveDue toute nue; pas vxi arbce ne se dressait sur ses bords. 11 semblait que le hasard déjou&t i plaisir toutes les combi* naisons d'Eylmin. En ce moment, un vent fui'ieux s'éleva; la neige, soulevée par longues nappes, se mit à toMrbilloniier en siCftant; celle qui était éteu^ue sur te sol, enlevée par ce ve]^ du nor4 glacial et \WWnt, roulait comme un nuage blanc, aveuglant les chevaux, le cocher, les couvrant, les enveloppant de lia tête a^x pieds, et, en moins de quelques minutes, cette neige balayée s'entassa de teUe sorte autour du traîneau, ^u itne pouvâ^itplus se m^ouvoir. Les chevaux, n^fbuis par instants jusqu'au ventre, se cabraient, essayaient de Caire voUe-face, n'avançaient plus. Ejtmin avaHbeau les exciter du fouet et de la voix, la terreur, le sentiment du dmiger les ifendaient insenisiiides* Force fut enfin au cocher de renoijH^er i avancer. U e$s.aya ^ laixe pivotjer le traîneaUi de. telle sorte que l'ouragan le frappât en arriére. U y parvint, non saps peine. Àl^rs, se trouvait abrités par la ca* pote, tes chevaux se ijm^^ irim^o^iles. Çytuf^n ayait sauté

SÇI^UFIIIES DE CONSCIENCE. 101

sur h B«ige |K>iur tes ms^jrUeoir et V?s ranger la queue au vent.

Mais alors» œ fut lui qui n& pouvait ckso^urôr ea place. l*our^an le faisail littéralemeat pirouetter, et ^ neige s'a* moi^ail «utoud? de. ses. jaaibes, tandis que, U respiration coupée, haletant, il s'agitait «machinalement aii^our de son attelage. La place n'était plus tenable pour Eytmia. U ne savait ouse réfugier, piéjtin^it et courbait le <tos, lorsqu'une ^ dfi {euHVie partait d^ traîneau lui fit soiUidain tourner la tête.

Barberiue avait été réveillée dès W début d^ la tourmente. En se setutaut le visage subitement brûlé p^r la neige^'elle avait abaissé son capuchon sur sesyeuiç et s était blottie de son mieux sous la couverture ; mais le vent la frappait en lace et la glaçait j^u^qu'aui^ os ; il lui avait été iu^ossible de se ireadortniar. So^ mari avai^ les yeu)( fermés et ne bougeait pas. Elle u'osa troubler $on soi^m/eil, mais elle se dressa et regarda. Ce qu'eUe vit lui ûjL. peur. La neige s*amoucelail, si rapideiçent autour du traîneau, qu'elW pensa qu'il allait être e^iifoui av^c les cl^vaui; avapt qu'une minute fût écoulée. Cependant elle ne dit riçn. Quelfi^ cons^ik pouvait -eiie donner? Uais, qnmi ^11^ ^i^ \^ traîneau statipunaire et tourné dans le sens opposé au \ent, elle se rassura et ne pensa plus qu*au> malheureux cocb^ qu'elle voyait se débattre QQiÀro les Ilots de neige et rouragan, et, le cœur saisi de pUiéy eUe priit \^ i^anteau fourré qu couvrait ses piec^ et le lui o£friit pour qu*i} pût se garantir contre le froid. Eytmin ue comprit pas d*abord çç quç llarberine hii disait; le vent avait couvert ses paroles de ses hurlements. Cepeiiiaiil U s approcha. 4*eUio; eUç répéta son ojlïe, et il

prit machinalement le manteau, n'osant le refuser, par une sorte de fausse honte. Hais, pour être un peu plus couvert, il n'éprouvait pas moins de peine à se maintenir debout. Alors Barberine, se rejetant au fond du traîneau, qui était assez large pour abriter quatre personnes, rinvità à s'y réfugier. Eytmin hésitait ; elle le tira par ia manche.

• Ce qu'il éprouva, quand il se vit accroupi devant celte ravrssanle jeune femme, lui, paysan à demi sauvage, tenait autant de la reconnaissance que de la gêne. Tant de bonté rétonnait et l'embarrassait. Il comparait involontairement Barberine à la comtesse, et maintenant, en portant les yeux sur l'homme qui avait vendu ses frères, il se sentait le cœur presque désarmé.

Cependant Saint-Bertrand ne dormait pas. Engourdi par une pesante insensibilité, il avait vu venir la tourmente, et, sans même chercher à se défendre contre le vent, il était demeuré à sa place, inerte comme un mourant qui n'a plus la force de se mouvoir. Depuis la mort de Wanda, il ne se sentait plus vivre. La seule sensation demeurée en lui, c'était l'horreur de tout ce qui existe et de lui-même. Il se jugeait si infâme, il était tellement rassasié de dégoût, que, s'il avait vu Eytmin s'avancer vers lui, le couteau levé, loin de se défendre, il aurait docilement tendu le cou pour en finir. S'exerçant à ne pas penser, il se laissait aller machinalement dans ce traîneau qui l'emportait à travers là neige et la nuit. Quand il le vit rester stationnaire, il qe dit rien. Quand le cocher s'assit en face de lui, il ne dit rien encore. Il ne le regarda même pas. Tout lui était iadififèrent maintenant. U se sentait dans cette épouvantable situation

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