LA DERRIÈRE REPRÉSENTATION
Tautre, qui avait toute honte bue, le prehiier moment de surprise passé, Técoutait sans rougir, mais en se défendant ihollement, comriie un homme qui ne s'attendait pais à ce qu'on lui demande. Queliqueé nlots prononcés d*Une voix un peu moins contenue notis indiqueront sur quel monstrueux sujet pouvait rouler leur disciission.
■^ Non, non. Elle ne voudrait jamais ^ ëonsentir, dirait Saint-Berlrandi
— Nous trouverons le moyen de l'y toircer^ reprit Rogatchef;
— Comment?
— Je suis certain (ju'elle tie ma pas recontiu. Elle n*à même pas tourné lès yeux du côté où j'étais assis. Ne dites doncv pas que je âuis ici. Ne prononcez pas mon nom. Elle se méfierait. Mais, demain, dans la matinée^ proposez-lui de visiter le yacht, de faire une promenade en mer. Je ne me montrerai point d'abord. Quand nous aurons franchi la passe, vous rentrerez eh ville, tout seul, dans le canot; alors je sortirai de la cabine. Et, pendant le trajet de San Francisco à Saint-Pétersbourg, c'est bien le diable si je ne trouve pas le moyen de l'humaniser.
— Gela pourrait de faire, balbutia Saint-Bertrand en pà^ lissant. Mais...
Ici, tes voix baissèrent de ton. La discussion changea dé sujet et devint plus vive.
— Ce sera ce que vous voudrez, disait Rogatchef.
— Cela n'est point assez précis, reprit le mari. Rogatchef lui dit alors un chiffreà voix basse. Saint-Bertrand secoua la tète.
Rogatchef, haussant les épaules^ articula un autre chiffre.
Alors le mari dit : a Oui. »
Puis il ajouta avec méfiance :
— Mais avez-vous donc emporté tant d'argent que cela? Le mot diamants s*exhala des lèvres du prince.
Sur ce mot, ils se serrèrent la main, disant :
— A demain, à dix 'heures.
Puis ils se retirèrent, Saint-Bertrand reprenant sa place ù L'orchestre des musiciens, et Rogatchef quittant le théâtre, où il pensait n'avoir plus que fah'e.
Cependant, au moment où Thorrible marché se discutait eAtre ces hommes infâmes, un autre homme qui passait dans le couloir, reconnaissant Tun d'entre eux sans doute et lui ayant entendu prononcer le nom de Barberine, fit un geste de surprise, puis se cacha dans Tombre auprès d'eux. Cet homme était Gaskell, qui, ainsi qu'on lésait, n'avait pas été dupe du repentir de Saint-Bertrand. 11 connaissait Rogatchef de vue. En le rencontrant inopinément à San Francisco, et le voyant discuter si chaudement avec le vicomte, un étrange soupçon traversa son esprit, et il résolut d'écouter ce qu'ils pouvaient avoir à se dire. Quoique Saint-Bertrand et Rogatchef s'entretinssent à demi-voix, Kaskcll ne perdit pas un mot de leur discussion. Quand ils se furent éloignés, l'honnête imprésario, ne pouvant en croire ses oreilles, demeura comme foudroyé à sa place. Il ne savait que faire pour empêcher ce rapt auquel le plus abject des époux n'avait point hésité â prêter les mains. Il voulait l'empêcher, cependant, au prix de sa vie.
11 était encore à la même place, occupé à rêver douloureusement, quand une salve d'applaudissements vint le rappeler â lui-même. Le second acte était conunencé. Ga»-