‹ Le mari par interim, comédie-vaudeville en un acteChapitre 3 sur 20 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

DUBREUIL , Mad. DE CLARENCÉ.

Mad. de clarencé.

Ce cher oncle! lui qui a tant d'affection pour moi,, fautil que je redoute sa présence?

DUBREUIL

Vos craiutes vont-elles recommencer, ma chère cousine?

Mad. DE CLARENCÉ.

Elles ne sont que trop fondées... je connais son caractèreennemi déclaré des duels contre lesquels il n'a qu'un trop juste motif d'aversion... si jamais il apprenait que mon mari dernièrement encore... tout serait perdu!

DUBREUIL

Est-ce votre faute , si par suite d'une affaire d'honneur , il a été contraint de s'éloigner pour quelque temps... la prudence l'exigeait.

MAd. DE CLARENCÉ.

Jamais je ne me sentirai la force de lui en faire l'aveu... et cependant...

DUBREUIL, réfléchissant.

Il faudrait trouver on prétexte pour légitimer son absence... Ah ! j'y suis , il est malade... je le fais malade !.. en ma qualité d'é médecin , rien de plus facile.

Mad. DE CLARENCÉ.

Comment admettre que je l'eusse abandonné?

(6) DUBREUIL

Faisons mieuy.... M. de Clarencé est militaire, disons que le ministre lui a refusé un congé.

Mad. DE CLARENCÉ.

Impossible* quelques jours avant cette malheureuse affaire , j'avais écrit à mon oncle, en rénonseyà son invitation très-pressante de nous rendre près 'de'Tuïv,1 "que mon mari venait d'obtenir un semestre qui lui permettait de quitter Paris , et que no usinions nous mettre^ en route sur-lechamp.

DUBREUIL, galamment.

Si je consultais moins vos intérêts que les miens, je m'applaudirais presque d'un sembjable malheur ? puisque je lui dois le plaisir d'avoir été votre compagnon de voyage.

Mad. DE CLARENCÉ.

Mais, n'ai-je pas commis une indiscrétion... le temps d'un docteur comme vous est précieux.

DUBREUIL

Et cher à l'humanité, n'est-ce pas? Je me disposais à voyager aussi; vous alliez chez monsieur votre oncle, je désirais depuis long-temps faire sa connaissance- je n'avais d'autre but que de chercher des distractions , et je n'en pouvais pas trouver une plus agréable... et puis, nous autres docteurs, nons ne sommes pas fâchés de temps en temps de changer d'air.

Air : On dit que je suis sans malice.

Entendre se plaindre sans cesse , Me cause une horrible tristesse ; Et mes malades sur ma foi , Ne sont pas plus soufFrans que moi; Loin d'eux je reviens à la vie , Et je me porte à faire envie.

Mad. DE CLARENCÉ.

Loin de vous il serait plaisant ,

Que le malade en fit auUint. (Bis*)

DERVILLE, dans la coulisse.

Où sont-ils? où sont-ils ?

Mad. de clarence.

C'est la voix de mon oncle. **&&

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