‹ Le mariageChapitre 18 sur 52 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

nion des sexes est, de par la nature, le mariage d'un

seul homme avec une seule femme. — Ëlablir qu^un homme peut posséder plusieurs femmes ou qu'une . femme peut posséder plusieurs hommes, c'est aller contre le vœu de la nature avec laquelle, en fin de compte, la morale tombe toujours d'accord. Dès qu il existe autant d'hommes que de femmes, si quelquesuns en possèdent plusieurs à la fois, ils en privent les autres : et voilà, de toute néeessité, la prostitii* tion organisée. Ainsi la polygamie a pour conséquence nécessaire la polyandrie qui est la prostitu- , tion. Il est aristocratique que quelques-uns aient plusieurs femmes^ et que le reste des hommes en manque, et Ton conçoit, dan& ce cas, la nécessité pour ces derniers de partager entre eux les femmes qui restent, et quelquefois celle de leur voisin.

L'égalité Teut que chaque homme possède une femme et chaque femme un homme.

Ainsi TobserVation historique qui nous montre dans la monogamie le signe d'une civilisation (^t d'une môrale supérieures, Tobserfance de la loi de proportion établie par la nature elle-même, tels sont les deux premiers éléments découverts par Tanalyse qui fait de la monogamie la règle morale certaine de Funion des sexes. A ces deux éléments, dont le premier correspond à un premier degré d'analyse et le second à un degré plus élevé, vien<-

m DU MARIAGE

neni s'ajouter les éléments éi^k découTerts, e'est-i* dire 1 amour et la cojii&cieace.

Noua Ift po8séd(ms Huiiiteiiaiit daos-sa eompkxilé nécessaire, cette liisQn du mariage : ce n'est pas Tamoar seal^ ee n'est pas la eoosoieoce . seule, ee n'est pas Tobservance d'une loi naturelle seule ; mais tout cela h la fois. La raison souTeraine, établie et démontrée par l'analyse psychologique et historique, c*esf l'amonr, c'eat la conscience, c'est IV béissance à la loi de Dieu« Yoilà le mariage : œuvre d'art sculptée par Tainour sur le marbre de la crascience.

vni •

« Les femmes sont communes^ c'est la loi de la

nature, disait à Diogène un débauché qui avait été surpris en adultère. Diogène lui répondit : « Les viandes qu'on sert à table sont communes d'abord; mais dès que les portions sont faites et distribuées, tu aurais perdu loute pudeur et toute honte, si tu allais prendre la part de ion voisin sur son assielle (1). «Diogène était- il sage? Épictète, qui a reproduit ses paroles, n'en fait pas doute« U a âabli

(I) Éptelèfe, Mmm».

eoQtre Platon, eoatxe Chrysippe, la moralité da

mariage, et en cela il s'est montré un des* plus dignes représentants de la morale stoïcienne. Cette morale que la Grèce avait enseignée à Rome, et, que Rome enseigna an monde, était sensée et humaine entre toutes. Supérieure, comme l'a si victorieusement prouvé M. J. Deniâ (1), à la morale chrétienne qu'elle a précédée, inspiratrice, et cause sans doute, de la révolutioii morale que quelquesuns mettent encore à Tavoir du christianisme ; c'est à elle, c'est à ïénon et à Épictète qu'il âiudrait renvoyer, môme à présent, les demi-savanls et les quarts de philosophes qui se mêlent d'écrire sur hi matière^ — Bien queChrjsippe ait soutenu comme . Platon la communauté des femmes et qu'il fût sUh* cien, la morale stoïcienne la plus acceptée préconise le mariage unitaire*

Ce sera sans doute une tâche éternelle que de réfuter, contre les épicuriens et les sophiste de tous les temps , la théorie de la liberté des unions qui ne se distingue de celle de la communauté des femmes que par une nuance de sentiment.

Dans le fait, les théoriciens de la liberté des unions n'ont jamais eu grand succès, et le bon sens et la ' énbib consrienee de rhomanité , plus forts que

(I) I. Denûb Uiiloirê âa tiéorki ît éSn iâm morofet dams

Didized

DU MAHUGE

tous les systèmes, ont prononcé contre eux. Aussi il semblé presque que ce soit perdre sou temps que de discuter leurs idées. Je pense cependant qu'il faut discuter toutes les idées, qu'eu principe il faut les accepter toutes, sans exception, sauf à les eon* damner après examen, si on en peut démontrer Terreur ou la T<ftiité.

L'idée de la liberté des unions est tout à fait soutenaMe, et je ne crois pas qu*on démit considérer le mariage comme la forteresse inexpugnable de la fa* mille et de la soeiété, tant qu*es bee d'elle resterait debout une imposante théorie. Ce n*est pas que je prétende reuTerser de fond en comble le fragile édiiice du système, des unions libres : je viens de dire que le problème serait éternellement agité. Mais si je porte dans ma main le flambeau de la vérité, je dois éolairer l'édifice et montrer qu'il est vide.

Le grand ennemi du mariage, ce n'est pas la polygamie, c'est la liberté des unions. Et d'abord, comment ce nom sacré de liberté se trouve-t-il là ? £t par quelle culbute de la pensée a<*t*on pu en. fiiire un argument contre le mariage ?

Je rais prendre à partie l'ouvrage d'un auteur récemment condamné. Car^ c*est un procédé que je crois sûr que de s'adresaer à un livre sérieux, qui ré» sume la science j^ssée, pour réfuter une erreur que des arrêts de tribunaux sont impuissants à dissiper,.. •

Page 1