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qui n'en connaîtrait point les harmonieux secrets? Aussi, le rôle du législateur dans la société moderne e&t-il nécessairement un rôle de second ordre. G est ' aux philosophes, o*est aux savants et aux artistes^ qui forment Topinion et la poussent en avant, qu*a{H partient le premier rMe; et plus nous posséderons de liberté de penser et d'écrire, plus cette distinction s'aceusera. Le législateur arrivera à ne devmr pins qu'enregistrer la volonté du peuple; la tribune sera en dehors du Corps législatif, et nos députés n'auront mèu:ie plus de discours à faire. Quelle simpU* fieation !
Ainsi, je m'adresse aux mœurs tout d'abord, et je demande si elles font obstacle au mariage ou si elles y encouragent. La statistique va me fournir une première réponse en me permettant d'établir» pour ainsi dire, l'état moral de la France au point de vue da mariage. .
Gomment se répartit notre population ?
La statistique générale de la France pour compte 37,751,857 habitants.
Sur ce nombre, 10,529,483 sont célibataires;
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15,396,325 sont mariés; 2,829,849 sont Tetifs (1). Si l'on ajoute le aombre des gens mariés à eeloi des veufs , on obtient 18,226,374 , chiffre qui se n^[>pToelie beancimp de celui des odlitMitaifes des deux sexes. La population se trouve donc partagée, à peu piès é^leaieiit par moitié, entre les geas mariés ou Tayant été et ceux qui ne le sont point i SA eependautt la popolation mitjtnie est de beau« coup supérieure à la population mineure (2) I
Ou a tnmfé qu'en ftaaoe il j aTail un mariage
pour 123 habitants. Ce chiffre est un peu plus élevé que la nKqrenne trouvée pour las 14 prinelpan États de l'Europe, laquelle est de 1 sur 133,3 (3).
L-Aogletene figure pour un ehiOre plus éleré que «elui de la France ; on y compte 1 mariage sur 121 habilants (4832-38). Cet avantage est attribué, en partie, au nombre des adultes. La France possède
moins d'adultes que TAngleteire, et eâ sont les
(I) Célibataires de tons âges da sexe m^^senliD 10,OII«OI8
tiéUbalairas — féouuim
Mariés 7.707,738
Marié*»s 7,688,792
Veufs 967,111
YeuTes... 1,862,738
Total m,mjm
(Statisliqiie générale de ta France. 1866).
(2) La population majeure est de 20,599,180 et U populatioii
mineure est de 14,:i70,207, soit à pea prèa les deux tiers de la i^ulation majeure. {Annuaire du Bureau des Longitudes, 186d.) <a) Statistique de ta France, par Meurice Hioek, 4840-50.
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adultes qui forment la plus grande proportion des mariés (1).
Ainsi, sur 100 individus, il y en a de 21 à 23 ans: S3,62 qui sont garçons, 16,03 qui smit miiriés et 0,35 veufs ; tandis que de 40 à 45 ans : 82,12 sont mariés, 4,45 sont reuk, et, 13,43 sont garçons.
De tous les pays, c'est la Russie qui présente la plss forte proportion de mariages. Je ne veux point passer sous silence un résultat si notable,, ni essayer d'éefaapper tnx eonséqneneet qn*on en pourra tirer contre nous. Tandis que nous trouvons, en France, on mariage pour 183 tâtes, et en Angleterre un pour 121 ; on compte en Russie un mariage pour 49 lltes (2). C'est le pays où l'on se marie le plus. Je ne saurais dire Tétat des mœurs dans la Ilussie mo* deme, n'ayant pas encore voyagé chez les Rosses ; mats cette proportion considérable des mariages, 1 snr 49, place incontestablement la Russie au premier rang des sociétés au point de vue qui nous occupe. Si ce n'est pas la terre de la liberté politique, . c'est bien celle de la liberté du mariage ; et l'exemple de cette partie du monde nous convaine, tout au moins, que ce n'est point à réclamer plus de liberté
(1) Pour VM même proportion, on oompte en' Angleterre,
17,871 adultes de 20 à 30 ans, et 16,345 seolettieat en Fnnee. il. Legoyl. — Htatiitique de Maurice Biock.
(S) SUUMquê de la Ffwm$, par Manike Block« iSM.
Oigitized
qu'il faut nous appliquer pour armer à nous marier en plus grand nombre.
La moyenne générale des mariages en France était de 279,1 7â par année (1)« £n 1863 le nombre total des mariages, 299,242, a dépassé cette moyenne de beau* coup (i). Il ne faut pas en induire toutefois que le nombre des mariages tende à augmenter en France, pas plus qu en Europe, d'une maniàre régulière. Jus* qu*en I8S0, il y a eu oscillation d'une période à l'autre. Eu 1? rance, oscillation entre le chilire de 1 mariage sur 127 (1831-35), à 1 mariage sur 124 (1841-45) ; et de 1 sur 121 (1841-45) à 1 sur 128 (1840-1850),
En Prusse, le rapport des mariages à la population est descendu de 1 sur 88 en 1816, k 1 sur 109 en 4849; et cependant en Prasse la population double après 69 ans, tandis qu'en France elle ne double qu'apràs 128 années (3]1 La tendance à
(1) P<mr lue période de 5 au. — SlaUttiquê de Maurice Block. 1854. . X
(i) ilnniuitreiii Jlitfeatt du hongituiei* 1869. (3) La France vient au septième rang, parmi les peuples de TEarope^ pour le lioublement de la population.
En Angleterre, la populaliou double en hO ans.
En Norvège, — en 54 ans.
En Saxe, — • — en îi.» ans.
lin Prusse, — — en b'J ans.
En Belgique» — — en 82 ans.
En Suisse, en 101 ans.
En France» — — en ISS ans.
En Autriehey — en i7S ans*
En Bavière» — — en 188 ans.
ftemarquons» en passant» que ces résultats n'infirment en rien b
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l'augmentation des mariages n'était donc point franchement accusée avant ces dernières années, et les plus récentes statistiques ne nous donnent pas encore lien de nous féliciter. Car, si le nombre des râariages tend généralement à augmenter, celui des naissances, par mariage, tend à diminuer. — Ainsi le nombre moyen des naissances par mariage» qui était en France de 3,22 pour la période de 1841 à 1845, est tombé à 3,20 de 1845 à 1850; ce qui donne une diminution de 0,62 pour iOO. — En Bel* gique, cette diminution a été plus sensible ; en Angle* terre, s*il fallait en croire la statistique de M. Maurice biûck, elle aurait atteint le chiffre énorme de 3,24 pour 100. Mais la proportion me paraît exagérée et je ne donne le chiffre que sous toutes réserves.
La diminution du chiffre des naissances, par mariage, peut être attribuée» entre autres causes dont nous parlerons bientôt plus longuement, au nombre' des mariages au-dessous de 20 ans. > L'Angleterre •et la Belgique comptent une proportion relatirement assez élevée d'hommes et de femmes mariés au* dessous de 20 et de 21 ans (l). Mais ce n*est pas
précision de la loi de Ualthiu. Car il avait établi aoa pas que la population double tons les 15 ans, mais simplement qu'elle tend à doubler, dans cet espace de temps^ lorsque rien ne fait obstacle à
son accroissement.
(1) Sur 10,000 mariages:
En Angleterre, 238 mariés et 1,<32 mariées de moins de 21 ans; Kn Belgique, 272 — 952 — — Slatittique de Maurice Dlock. 1860.
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79 muàSdàa
là évidemment la grande cause de rinfécondité des mariagesr Si la féeoadilé des maiiages pamtt être en raison inverse de Tâge des époux au-de&- 90116 de 20 aM, cda est le fait de la nature. Ot^ c'est entre. 40 et 45 ans qu'on compte le plus de gens mariée et pour ceu-là, eertainement, Tinfécondité n est plus le lait de la nature, mais le fait de Thomme.
C'est entre {(arçons et Mes qm se passe le plus grand nombre des mariages. Les veufs se remarient assez fréquemment; les veuves plus rarement (i)^ Enâa, pour compléter ce tableau de l'état statistique du-mariage, la plus grande dorée des mariages est de 10 à 20 ans (2) ; et le nombre des mariages est
(1) Sur 10,000 mariages î
On compte ^^y^0 mariages entre garçons et filles; . — ooO — entre garçons et veuves;
— 1,100 — entre veufs et filles;
— 400 — entre veufs et veuves.
1,500 veufs contractent un second mariage.
MUonmrfr» 'Mûlique d« llaorice Block. WOl (1^ buréê du nmiaga :
Hâriés i au 20
— d0 I M à 6 aoft, 473
— tfe 5 amà fO ans»*. 77t
^ de 10 ans à 10 âM. I»Q3»
4e 10 aas à ao ans. S8I
de 3') ans à 10 ans... iOS ^
— de 40 am 4 8^ ans..«..« Si
84 eus.»
Durée inconnue 10
(Compte général de l'administration de la joslioe dfile et merdalë en France pour ranaée 4867.)
UVRB IftBUXUCIlE 79
notablement plus considérable dans les grandes Tillas que dans les campagnes (1).
Bn France. • . , A Londres. ...
fin An^eterre.
A Berlin
£n Frime.....
mariage sur 111 Ijabitanu»
— sur 123 ^
— sur 104 —
— sur 131 . —
— enr 101 — sur IIS
Didionnairê iiaiUiSqtu de llanrioe Bk>ck. ISSO.