CHAPITRE III
T)BS ENFANTS KATUBBLS. — iSB8 TOURS.
DE LA PEINE DE MOKT CONTRE l'iNFAI^TICIDE.
Mais la prostilutioa n'a pas seulement ces eûets. Non contente d'éloigner rhomme du mariage, par riial)itude du plaisir, elle lui rend le mariage impossible soit en le faisant père d'enfants que la honte Tempèche de reconnaître» soit en le jetant dans le monde , enfant lui-même sans nom et sans pro- , toction.
La population d^s enfants naturels chez nous est de 1 ,800,000.
11 en naît par an 75,000 sur lesquels oO,OûO sont abandonnés (1).
Sur JyOOo,73t) enfants nés en France dans la même année, on relève, les mort^nés étant négligés, 92^^,749 en£ants légitimes et 77,004 enfants naturels (2).
Cas chiffres donnent pour rapport 12,00. Or, le rapport des naissanees naturelles aux naissances iégi-
(1) Paul Latiombe, U Marktg9 Ubre.
Émile Aeollas, NéemUi dê refondre renteiMe denu codée.
(i) Annuaire du Bureau dee LmgUudee. 1869. — Ces malbev-
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times élait sealeinent8,H pour ceatea 4830; 7,80 pour oent en 1841 et 8,20 pour oent en 181(4; 1801 ce rapport ne s'était pas élevé au delà de 4,82 pour cent. Il a presque triplé depuis, puisque nous trouvons aujourd'hui la proportion effrayante de 12,06 pour cent, — Toilà un résultat qui est bien fait pour nous montrer les progrès de 1 immoralité publique par l'accroissement du nombre des enfants naturels.
Les enfants naturels sont assez rares dans les cmnpagnes. C'est dans les villes, où. la prostitution réfugie, qu'ils naissent presque tous. Leur nombre ^rait trois fois plus considérable dans les villes ; et» dans le département de la Seine, on compterait sept fois plus d'enfants naturels que dans les eampaigncs, et plus de deux fois autant que dans les villes* — U y a un rapport constant entre Tétat d^ mcsars et le nombre des enfants naturels. Dans les campa- ^nes où la nature protège Thomme contre lui-même, peu de naissances d'enfants naturels ; dans les villes
teuL iulMits sont vosés à Talmte (m è qm aaitalité prëiMt.
• La morlalité des enfants d*UD jonr à un an. pendant une période •de huit années (I8B3*ISÔ0)« est, pour la France entièra: ibAbIb légitimes, aSJSf 0/û. La disproportion est* plus frappante dam les
départements où règne l'induittrie des nourrices ; déparieraent <l'Eure>el4ioir, enfants légi limes, 25y!|I(; enfants illegtnmes, 95,d7. Ost presqiif» la totalité. En 1862, la mortalité des enfants assistés a éb> de .jO0;0 dans la Loire-lnférieare. » M. Jules {îiiêriii attribue partie ces ré>iii1tats désa<;ireiix à t'aliioeotaiion prénaturée* <— » Juleâ Simon, L'Ouvrier de huit ans»
OÙ la prostitution est organisée, dans le département de la Seine et à Paris où elle compte toute une armée de femmes, un très-grand Aombre d'enfants naturels.
yuaud on réfléchit à la situation que nos préjugés , plutôt que la loi, préparent à l'enfant naturel dans notre société, on se demande comment il est poaaiMe que les pères de ces enfants aient pu, un luomeut, oublier qu ils allaient donner naissance à 4'innooente8 créatures destinées, par une potoriaatk)û nécessaire de la justice, à porter jusqu'à la mort le poids de leur inhumain oubli. — • Et pourtant, je le dis dès à présent , il n'y a de remède à ce mal que le mariage. Car le marlageétant d'institution sociale, ce mal est une sorte d'allirmation de la justice sur laquelle la société est assise. La loi offre cependant au père un moyen d atténuer les effets de la naissance d'un enfant naturel; elle lui permet de le reconnaître (!)• Alors l'enfant a un nom, il a presque une famille ; il devient réellement membre du corps social. C'est certainement une manière de progrès de notre sentiment d'humanité que la reconnais- Muee en plus grand nombre des enfants naturels.
^1) Code civil, articles 334 à 3i2.
A Paris, sur 15,472 eûfaats naturels nés la même aùnée, 11,884 sont restés saifs nom, 3,588^seiil^ meut ont élé reconnus ; soit un cinquième enviiûa du nombre total (1). - - • i
En France, si Ton tient compte que les villes donnent le jour à trois fois plus d^enfantsiMituTels qQe les campagnes, on est frappé de cette remarque que les enfants naturels sônt reconnus en plus grand nombre dans les campagnes. Ainsi sur 68,0S2 enfants naturels nés pendant l'année 1853, dont 25,900 ont élé leGonnos, la populatioii desr euipagnes en a reconnu 16,070 et la population des villes seulement 8,832 (it).
<i) Anumirê 4m Bwm» 4a JLangiiudef* iS{S0«