III
Si la légitimation par le mariage subséquent lidxesse, bien que dans une faible proportion, les effdts de la prostitution, la naissance même des en^ fànts naturels devient un obstacle au plus grand nombre des mariages. On a remarqué que peu d'enfanta naturels se mariaient, soit que la société^ souvent pleine de préjugés contre eux, étouffe de bonnie. heure dans leur ecsur le sens matrimonial^ soit qu'une loi du sang semble leur imposer la mémo condition qu'à leur mère. ~ Ainsi la prostitution qui ravit au mariage une très-grande partie de la population, ajoute encore au nombre des célibataires par les enfants naturels.
n faut cependant décharger llionneur des enfants naturels d'une supposition injuste. On croit généralement qu'à raison de l'abandon de leurs -
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parents et des difficultés qu'ils rencontrent dans la $tmi\éi iMenfaatsQaUuebse.tcottfeatM majonté parmi les criminels. Loin de là» la proportion de^ ettfents naturels pvoii .l6» 'eiuBiiiel9'.6st esivàmcH ment faible. Tandis que le rapport entre le nombre des enfants naturels et eelni des en&nts légitimis donne 12 %} le rapport entre le nombre des ciikminels enfants natnreb et les autres aoenaés donne à peine 3 % (!)• — La prostitution elle-même n'est point aussi criminrile qu'on pourrait croÎTe. Ce n est assurément pas elle qui favorise les attentats à la pudeur et les viols. Elle serait plutôt faite pour en dimiQuec le nombre sinon pour y mettre obstacle tout à fait. Sur 828 crimes, on suppose que 51 sont commis par suite de concubinage et de dé* bauche. Les dissensions domestiques et les ^ue- ^edies À l'intérieur des ménages en eanseraient w bien plus grand nombre : 147, suivant la même statistique de l'administration de la justioe, ee qw ne prouve rien contre le mariage mais tout contre les maria. Le mariage demande une éducation. - -
(1) Sar 4,607 accuses, 157 étaient enfants naturels. D'anirej^rt, 62 hommes et lOG femmes accusés avtiealea detenlaDtgaatvai»^
avaient vécu en concubinage (').
Je ferai remarquer que pour tous les autres cas, -les hommfw sont en majorité et qu*ici ce sont les lemmes.
C) Voir Compte gi'oiiral de radmioistralioQ de la justice crimiDelle en
UVBS D£UXUSIi£ m
' L avortement et Tinfanticide, voilà bien les crifli«8 otdiDâiresr de la piostituUoii^ Il y a ceMàinemeiH plus d'avortements que d'infanticides; mais les atortemeDls échappent plus faoîlemaiit à la justice^ Pour 55 femmes accusées d'avortement, 199 sont aMoséaa d'inlrtnticide : etiandis que tor-les B6 pre* mièreSy 33 sont acquittées, sur les 199 accusées df'infentknde, 43 seulement sont- acquittées. Que la p£Ostitutk>ii conduise à Tinfanticidei c'est une coaedquenee «pu s'explkpgiev Hais <fiie les passions abritée&i tempérées, satisfaites^ trouvetnt encore le che* ima da erime» au sein même des familles : qui le eioicait si les chiUxes. n'étaient là pour le prouver ï '••Sur ce* 496 femmes condamnées pour infanticide, une d*entce elles, mère légitime, avait tu/à son enfant pour se soustraire à robligation de relever,- dsx' antres/ épouses adultères, étaient étoufié le reproche vivant de leur faute et deux autres ooeore jeunes, filles fléuies avant leur mariaif^, avaient cru échapper par le crime à la juste vengeance de leurs maris (1)1 •
(4) Nous le mettons en note, car cela est, en vérité, trop honteux ietirop triste à dire : nous avons l'assurance que ces 156 femmes condamnées pour infanticide n^ représonteni pas le vingiirnie, le Irenlièmo peut-iMre pas, des mères (jui ('toulTent leurs enf.inls. Leur mcyen ordinaire n'est pomL la \iolence; niais par une ru.-e inhumaine qui dt'uuise le crime de tous les dehors de la tendresse niaiernelle, en donnant le sein à leurs enfants, ces misérables semblent les presser avec amour tandis qu'elles les éloudonl à petit feu en feruiant
lii ÛU MARIAGE
Mais il y a encore pour notre société un plus grand sujet de houte : i S hommes et 207 femmes pnt été impliqués dans les crimes d'infanticide; iO hommes et 4K femmes dans les crimes d'atortement. — Contrairement, 5 femmes se sont rendues coupables de viols et d'attentats sur des enfants au-dessous de 15 ans, et 818 hommes oM commis les mêmes crimes!
Si jlnsiste sur ces chiffres, qui se rapportent ce^ pendant à mon sujet, c'est pour mieux montrer que la prostitution est très-loin d'être la plus grande source des crimes ; qu'à côté, au-dessous et aussi an-de^ sus d'elle» il y a des coupables. Pour que Ihonuoe, qui doit être le courage et la générosité, non-seulement s'oublie jusqu au viol, poiais trempe aussi les mains dans Tinfanticide et ravortemeiit, pour que la femme, qui doit être la pudeur et la grâce vertueuse, se dégrade et se méconnaisse jusqu'à tuer la pudeur diez l'enfance par la violence , il faut ijne cette société soit rongée par uu mal pire que la pro6* titution qui ne peut être elle-même qn*un effet.
lear boaehe à Fair et aux cris. Gela dure huit jour?, dix jours. La mère pleare; la v^là ai malhenrmise ! quitte l'hôpital et tout est faii. Tous les jours, dana nos hôpitaux, il y a des mAros qui tuent ainsi leurs enfants; et l'impunité leur est assurée. Ce sont les infanticides scandaleux, commis par des mains inhahileS; sans expérience, avec éclaj, a la face de fout le monde, qui seuls a rrivcni en juslictî. Les cours d'assises rondamnenl loô malheureuses malhabiles autant qu'inhumaines : et il existe peut-ôtre plus de quatre miUe Coupables et plus de quatre mille victimes l
L1\TIE DEUXIÈME m
Si ce peut être une preuve de la moralité des parents à régord <)e leurs enfanta etdes conjoints entre eux que le petit nombre des demandes de pensions alimentaires portées devant les tribunaux, nons demus faire connaître le chiffre total de ces affaires qui a été de 4 ,364 ponr une même année. * •
' Nous n'avons rien à dire contre le principe des pensions alimentaires. Loin de prétondré rédoire le nom* bre des cas qui y obligent» nous souhaiterions que la loi étendît Tobligation des pensions alimentaires «a ligne collatérale, aux frères et sœurs» beaux-frères et belles-sœurs, et jusqu'aux domestiques dans la proportion convenable* Car ponr accorder nos mœurs avec les institutions nouvelles, je ne vois plus de place ponr les domestiques, dans la famille» qu'entre une condition servile dont la dégradation entretient dans leur coaur, avec le sratiment de la révolte, la moquerie et la haine, et une condition d'égalité morale et de droits établis qui rende au serviteur Tes* time de soi-même et de celui qu'il sert. Pour cela, la pension alimentaire accordée aux domestiques après un temps de service déterminé sera un auxiliaire ; le reste est affaire d'éducation et le maître tient l'é-
m DU MARIAGE .
(lucatioQ du domestique en sou pouvoir par la pdi-
tesse du langage et rintelligeuce des ordres.
Sur 1,364 pensions alimentaires : ont été demandées par des ascendants, 131 par des conjoints, iOS seulement par des descendants (1). Quelle conséquence peut-on tirer de ces chiffres si ce. n'est qu'il y a fort peu de parents et de conjoints qui se soustraient à leurs devoirs et que la loi en imposant Tobligation de la pension alimentaire s'est trouvée d'accord avec les inspirations du cœur humain î
Notre code pourrait imiter les dispositions trèshumaines que contenaient l'ancien code des Deux- Siciles et celui de Sardaigne. Nous retrouvons ces dispositions dans le code oivil italien. < L'ohUgation alimentaire incombe à l'époux, aux descendants, auJL ascendants, au gendre et à la belle* fille, aubeau-pèie* à la bôUe-raère, enfin aux frères et aux sœurs... ». (Code Italien.— Titre Y, sect II, art 142) (2).Bi8U que cette obligation demeure subordonnée, pour les frères et sœurs, à- la condition qu'ils soient infirmes ou dans l'impossibilité de gagner leur vie^ nous souhaiterions vivement de voir les articles 205 et ^ti de notre Code civil modifiés et étendus dans le sens des principes contenus dans les articles 139 à 14G du code italien.
(1) Compi(> général do l'administration de la josUce civile ea
J'ran-e. 181)7.
(2) Tl). Uuo, Le (Iode civil iialien el le Code Napoléon,