‹ Le mariageChapitre 3 sur 52 · DES SEXES · texte numérisé non relu

DES SEXES

Je suppose un certain nombre d'hommes et de femmes vivant ensemble : voilà une société*

Dans quel rapport rhouiuie et la femme s'uniront-ils ?

L'état de nature n'existe point pour l'homme, pas plus que pour les animaux domestiques. Il exisle à peine pour quelques animaux sauvages que rinstinct porte à une vie solitaire : car les animaux sauvages qui se réunissent, soit pour protéger leurs petits, soitpojar la chasse en commun, vivent tout à fait à l'état de société. L'homme de J.-J. Rousseau

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est donc une pure imagination; et comme 1 homme à Tétai de nature ne se peut ooncevoir» que Tétat de société est le seul véritablement naturel, je n'ai pas lieu de rechercher de quelle manière l'hooime et la

fsmme pourraient s'unir dans un état imaginaire. — Sans doute, quelques coins de la terre se trouvent encore habités aujourd'hui par des êtres humains que la civilisation n'a pu atteindre. Pour ces êtres-là, il y a aussi un état de société, très-primilif assurément» mais cependant très*réel : c'est au moins un père et une mère avec leurs enfants, c'est-à-dire la famille. 11 n'y a qu'un nombre infime d'exemples* fort contestables, d'hommes ou de femmes avant Téeu à rétat sauvage, c'est-à-dire dans l'isolement absolu. Pour les êtres humains qui vivent par familles ou par groupes, tout m'incline à croire que l'union de l'homme et de la femme, toute de ha« sard à l'origine, dut se fortifier et se prolonger, jusqu'à la mort, sous l'influence de conditions extérieures tout à fait propres, telles que l'isolement, par exemple, qui rend la présence d'un semblable plus chère au cœur humain. Là» le besoin, pourrhomme, de pourvoir à l'entretien de sa famille, la joie de protéger des êtres plus faibles que lui, joie qui augmente sa tendresse pour eux; le respect et l'afl^ection dont le protecteur se trouve naturellement enfoorév ont dù créer pour l'homme et pour la femme des

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