LIVRE BELXILmE H
des autres. Mais ils na soot point soldats. Us for* mentnûe société qui a est poiat la nôtre et qui leur crée yéntableoumt un droit à part. € La constitution * française doit doAC rester si imparfaite, que sous son empire on pnisse trouver encore des individus qui jouiront des bienfaits de la patrie, sans appartenir à la patrie? Qui seront protégés par les mêmes lois que les vrais citoyens, et qui seront dispensés des plus essentielles de ces lois? Qui, à la face des hommes, pounont, que dis-je, devront abjurer la qualité d'hommes^ et qui, toujours stériles parmi les abeilles de la ruche politique, essaieront de réaliser une théorie que la nature combat sans cesse, que la société ne peut reconnaître sans se détruire (i)t »
Lorsque la loi d'un État a dit : Le mariage est bon, il est moral, j y encourage touVle monde; il 7 a quelque témérité à lui répliquer : — Pour votre monde soit, mais non pour le mira. Si la loi le souffre, il n'y a rien à dire : L'Église a raison, qu'elle soit catholique, maniehérane, saintsimonienne, mormonne ou divinatoire, en quelque
(I) Elirait d'un projet de disoeun de Micibeia lar le mariage éasprèlrei.
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manière que ïou voudra* Demain, si un prophète Tenait établir panni nous une siioete polygame, It loi le laisserait-elle faire î II n y a guère apparence : et cependant quelle inconséquence ne smiit-ce pas, puisque la loi accepte le principe du célibat dans FÉglise (1) ? Je ne l'en blâme pas. Je là blâmerais de ne pas admettre, d'un autre côté, la polygamie chère à une autre église, par la' raison très-simple qu il a'y a pas un plus grand désaccord entre la morale sociale et la polygamie qu'entre elle et le célibat forcé. Les hommes de la EéTolution qui ont trayaiUé à la coiistilution civile du clergé ont fait preuve de la plus honnête naïveté et leur tentative, nécessairement destinée à échouer, a été plus généreuse qu intelligente. S'emparer de la religion catholique abandonnée par l'Allemagne, l'Angleterre, la Hollande, la Suisse, la nationaliser française en séparant Téglise de France d'avec l'Église romaine par une organisation toute civile : quelle belle entreprise et comme elle était digne de ces grands hommes I Mirabeau s élevait contre le» religions nationales, il redressait et ranimait^ devant rassemblée étonnée et émue« le
(i) — Je sais bien qu» iiolfe«ode civil ne fait pas acception âm la qualité do \)rHre et que, par exemple, Tofficier de Tétit civil aur lit le droit de consacrer le mariage d'un ecclésiastique malgr^î ses V(i?ux de célibat. Mais ia loi, qui est l'organe de la société, tolère le. ci libat forcé. — Je demande simplement si elle tolérerait la poiyga-
Lims nRjxstan m
specUe sanglant de la Saint-Barihélsmy loisqa'oii
proposait de déclarer nationale la religion catholique, et il taisait justement tout ce qui était nécessaire pour la rendre telle 1 — Quelle inconséquence! — Et quelle injustice que cette institution cifile du clergé 1 Ne voit-on pas qu'elle était une violation flagrante des droits de l'Église, une violence à ses dogmes et à ses traditions, Tasservisseiuent de ses ministres ? A qum pour ait-elle conduire , sinon à TiBUvre de Napoléon P^, au concordat de 1801 ? Et quelle sûreté pourait ofiiir une révolution qui se faisait baptiser par une église .rebelle, dont elle croyait se gagner l'appui par les moyens qui étaient précisément les plus propres à le lui ravir?
Hais les hommes de la Révolution prétendaient mettre leur conscience d'accord avec des principes qu'eUe repoussait ; et ils pensèrent apaiser la colère de la souveraine menacée dans son pouvoir, en la jetant aux pieds de son esclave habituel. Ils en vinrent à dire que les < éyêques qui apporteraient soit directement, soit indirectement quelque obstacle au mariage des prêtres seraient déportés et rempla* ces (1); » et se mêlèrent, de très-bonne foi, d'autres soins qui n'étaient point leur affaire. Leur affaire était de décider si l'Église devait subsister devant
(1) Discret du 19 jDillet 1793.
m DU MAAIAGË
les institutions nouvelles, si elle ne les menacerait point, si elle ne leur déelaierait point la guerre et ne linirait pas par les détruire. Ne le croyant pas» ils devaient abandonner TÉglise à elle-même sans se mêler de ses dogmes. Notre loi civile a laissé subsister rÉglise, elle loi a, de plus, fait sa place dans la société, il est juste dès lors que TEglise soit maitresse chez elle, seule arbitre de ses dogmes et de^es c royances : et il est de toute logique que les Inconvénients du célibat, atisst bien ses ctimes, soient supportés par la société qui a fait à l'Église «etta situation [1].
(1) Les célibataires ne furent pas honorés chex tous ie» p^uplai^ ni de tout temps à l'égal des prôlres catholiques.
A Sparte, ils étaient exposés à diverses humiliations.
« On cite l'exemple de Dercyllidas, qui avait commandé les armées avec tant de gloire. Il vint à l'Assemblée; un jeune homme iai dit : • Je ne me lève pas devant toi, parce que tu ne laisseras paâ d^enfants puissent un jour se lever devant moi (*). •
Si Mèiiie il faRttit ajouter foi à tout ce qu'on nous rapporte des Spartiates, celui qui était demeuré célibataire jusqu'à on certain âge était condamné à traverser nu les rues de la ville et il se voydt eaelii des jeux publics.
Quoi qu'il en soit, ces exemples noas apprennent comment était eensidoré le célibat à Sparte et il nous montre que quand le mariage est en honneur chea un peuple, ce peuple tira de ce sen&lmeot une force et an respect qu'aucune loi ne peut donner.
n Bartbélemyj Voyaje du jeune Anacharsis en Grèce.