CHAPITRE VIII
INFLtTBKOS DB LA DOT
La 4ot : «jytUe obstMto, aatf e CMse da^ dégéa^res-
iience. Peut-on dire combien de jeunes filles le défaut de dot empêche de se marier ? Je dcHS marquer la plâce importante qu occupe la dot dans le détail de nos mœurs. loin d^accuser, i mes j^vol, la prospérité, c'est la misère qu'elle exprime. L'homme seul gagne & peiae de quoi se suffire, peut-il se charger de femme et d'enfants? Et si, sans réilexion et sans iconseieaee, il prend la charge d^one femme, né reculera-t-il pas devant celle dont les enfants le menacent, et quels moyens n^emploteia-^^il pas alors pour éviter d'en avoir?.— C'est à cela» héks, que se réduit i'économie dMne sodété !'
Le désir de vivre eu travaillant de moins en moins, qui est dans la nature, et que l'introduction des machines dans toutes les branches de Tactivité hu- Tnaine a satisfait en partie en le rendant plus vif, les besoins de luxe créés par une civilisation raffinée»
iSi w wmàisg
4 les {mutions et exoiUtioDs des besoins aeoîâoa*
tels » que M. Charles Lucas classe en seconde ligne parmi les capsc^ 4es.erimf»s (1)» toutes les enindiite qui aveuglent sur le choix des moyens ont tellement conompaks difexses oooehes de notie soeiélé» qu'il a y a plus de distinction parmi les hommes que dan& le viee. — J'ai connu un misérable qui à Tingt ans avait épousé sa patropne deux fois plus âgée que lui. Après avoir mangé toutes les économies de la dame, . le jeune époux s était livré à toutes sortes de dé* bauches. Il avait quitté sa prmière femme, pris une concubine qu il laissa enceinte, et s'étant rendu coupable d'attentats-à la pudeur et de viol sur plusieurs petites filles de huit à douze ans» il s'en alla mouiir à la Nouvelle-Calédonie où il avait été condamné à passer le reste de sa vie*
L'ambition d'arriver de bonne heure à une situation ou tout au moins de soutenir le genre d*eiistence dans lequel ils ont été élevés, pousse les jeunes 9sns à la reduorebe d'allianees dont la fortune est la première condition. Le jeune avocat, le jeune médecin» veulent un cabinet qui, plutôt que leurs talents» attirera la clientèle ; le jeune avoué, le jeune notaire veulent une bonne étude, une fruetuewe charge par-dessus tout, et la vie de gargon a tant de
M) Chnrles Lucas, De la Béfarmt du priêimi on di iaihéorié àm l'ea^riiQnnswunL iS36.
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charmes qu'ils ne se marient guère les uns et les Mtoes que pmnr t finie km fOBitàaa. • .Le jeime commerçant ne peut pas s'établir jsans capitaux, le jeone onvrier, hii-mdmey n'entrera pas en ménage sans quelque avantage alors que le concubinage lui ert m eommede. Qae deneni la eenlimeiit de IV mour» ce que le cœur de Tboaune renferme de plus piécieni, ame im toi ecnaifliee de femaei légitimes?
c La dot à ÏBL laideur prôte beaucoup d'appâts,
t Mais la beauté saQ6 dot ne <>e mariera pas. •
Notre poète Ponsard connaissait son temps. El • comment se conduira la femme qui sait qu'elle n'est qu'on chiffre dans le ménage; et le mari qui n'aime ni sa femme, ni aucune autre? Les enfants, s'ils viennent, seront-ils une joie ou m embarras ? £t un jour, le père et le fils ne se disputeront-ils pas la mèflM maîtresse, s'ilsne se la partagent? — Que nous tendions tous à plus de bien-être, cela est juste et nalQiel, surtout à proportion que notre eondition est malheureuse; et, en résultat, le progrès des sciences et de rindnstrie nous y conduit. Mais, par nne anti« nomie que reconnaît facilement l'observateur , à mesure que Thomme se décharge sur la machine des travaux pénibles et trouve plus de f acilités à vivre en travaillant moins, à mesure aussi les fortunes se
DU MAKIAaB
distancent et Tinégalité, qui est la suite de cet effet» ressuscite les vieilles haines de elasses et de partis en rendant chaque jour une révolution sociale plus menaçante.
Le problème de la misère est donc bien celui qui domine tous les autres. La misère, qui crée la prostitution des roest crée aussi par la dot une sorte de prostitution qui s'est, à sou tour, introduite dans le mariage. La dot s*explique et se justifie dans l'état actuel de nos mœurs» qui ne s*expliqi^eat ni ne se justifient devant aucune morale, et c*est à leur réforme qu'il est nécessaire d'appUquer toutes nos forces et toutes nos espérances (1).
(i) « iursqn'ils Mnt indépendants de^qseitioitt de fortune, les mariages se contraclent moins entre des personnes de même famille et de môme condition : »î(3 là résulte entre les diverses clauses delà :40ciété une fusion féconde en résultais. » Les classes moyennes, en Angleterre, ont soutenu y ar I;ï chez elles un certain niveau morni. — • L'ordre de choses élahli en An^^'eieire est évidemment celui qui assure 'e mieux le ciasseiaenl .social des femmes, la di-rnité dt»s maris, ramélioration physique et morale de la race. » (Le Play, la Aéformf sociale en France,)
Ces conséquences sont très-bien déduites. La dernière surtout a m importance particoyére, Foiir conserrar vm rm fort*, kf physiologUlei s'aeoordent que les familles doivent mêler leoia alllaneas le plus pouible et que l'amour doit Mrt la eaase' ifélarjoioaiite des nariafBS. Certaines femilies qui s'obsUnent oncon^ far on reste de tradition aristocratique, par orgueil de leur fortune et par suite de préjugés qui rappoUiOt le HP|i8S âge, à ne poinis'allier à des familles étrangères» nons montrent par le dépérissement qui les a frappées, le trai moyen à ciTiployer pour ramener la vigueur 4ans le simg de nos enlanis et ia beauté de la lor«e dana noire rdce.