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CHAPITRE IX

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. A part les causes toutes physiologiques et pathologiques qui rendent Thoiume et la femme inféconds, le même égoïsmOi le même besoin de luxe, la même infortune, qui fout que rhomane recherche la dot avant la femme, rendent aussi les mariages improductifs. Uhomme a le secret de l'impuissance 4^t il en use contre le vœu de la nature et contre l'humanité. A-t-il ce droit?

On sait toute Timportance du problème de la population. Si la population s'accroît suivant la progression géométrique H i : 2 : 4 : 8 ; 16 : 32... les subsistances ne s'accroissent qne suivant la progressïqh arithmétique ^ û . 1 • 2 . 3 • 4 • C'est dans ces termes que Malthus a formulé la solution du (>roblème. On connaît les conséquences qui en ont

BU MÂHIAÛfi

été tirées : Le monde est en danger, il faut par tous les mojeùB numoz oa immoraux, justes ou is^ justes» mettre obstacle à raccroissement menaçant de la population; ear Toici le temps prévu oit les hommes, manquant de subsistances, il ne leur restera de ressouroe que de se détoier entre eux.

Quels moyens employer? La contrainte morale^ l'émigration, r«Uaiiement prolongé, Ji'avortement, l'union libre, — Qu est-ce que ce langage? Par eontrainle morale, les malthusiens entendent ' que l'homme doit se marier tard, avoir avec sa femme aussi peu de rapports qu'il pourra, enftn qu'il dmt prendre ses précautions pour rendre la copulation improductive.

Se marier tard, c'est encourage la prostitutioBt et je proposerai alors de restaurer pour les prostituées le saoerdoce antique, à moins qu'on ne trouve plus simple, comme le voulait faire la Convmilion pour les filles^màres, de leur décerner une récompense nationale.

Afoir avec sa femme le moins de rapports que possible, c'est une contrainte inutile si Ton n'use ttifin du grand moyen qui est de rendre la copor iation inefficace. A ce jeu misérable de Tamour, à ce calcul souTcnt trompé de l'é^ilsme , rbomme s'épuise. Tous les médecins sont d'accord qu'en se saidissant contre Tépanouissement de son être, en

ni momeiit que la nature a nuirqaé pow l'oubli de FIme et l'abdication de toute volonté, le malheu-leiix résorbe pour ainsi dire la pro^ Tio qu'il iwf retirer à son enfant et ne fassent que faiblesse après teleffoft*

Par 1 émigration, que prétendrait-on î Priver d'homniea tm grand nombre de femmeBf Éisblir^ par l'émigration, la polygamie comme un effet né* mtaire de la disproportion créée entre le nombre des femmes et celui des hommes. A tout le moins, fcs pays qui recemient ees émigrés en esrerraient d'autres de chez eux dans le pays d où les premiers seraient tenus*

Par un allaitement prolongé, un médecin, M. Loudon, a cru atteindre le but si cher à Técole (1). II imagine que Tallaitement fait par la mère étant prolongé pendant trois ans, avec les neuf mois de la gestation, on obtiendrait, à coup sûr, quatre années d'intervalle entre deux naissances. Le système de Talhilement par la màre a beaucoup d'avantages et il n est pas nécessaire d'être malthusien pour le recommander. Maie où M* Loudon a-<t il pris ses trois années d'allaitement avec Tinfécondité pour résultat? Comme le ftdt très-bien remarquer M. Naquet (â), à qui j'emprunte ces théories, la durée extrême de «

(1) Loudon, ^oXuiion du problème de la population, {%! AUrod MaquAt, BiiiffWih Frùpriéià, FmniUê.

IIS W UABUM

rallaitemeAi ne doit pas dépasser dix*huit mois et xm» femiM pent toès^Uen eonoêToir pendaat Fallait lemeût^ sartout si rallaitemeat avait déjà duré plus d^ua an. Le mi* est done, comptant dix^huit méiB' pour Tallaitement et neuf mois pour la grossesse,* que tes aeaoïKilieiMnls m se leprodniniieiit qt*à vingt^pt mois d'iuterYalle pour les mères nour<rissant leur enfant. Si -e'est un moyw de limim la population, il est trop naturel pour qu'aucun cœur huinaia le repousse.

Mais rien ne vaut le système de ce docteur, qui ue vend point sod procédé sans Tappareil de sou invientiont « pour Fextrmiiam ou éraéUeatum 4e$ germes. » Et sur quel beau raisonnement ce philanthrope maçonne son osuvre de destmctionl J'ai le dml de retenir le germe : Je suis donc maître de la reproduction. Étant maître de la reprodnelion, j'ai sut le germe en fécondation le même droit que sur le germe à Tétat neutre d'autant plus (rbypoerile montre ici le bout de Toreille) que j'ignore Tinstanl où la «spennatosoïde pénètre ToTute. J*ai donc droit de détruire le germe fécondé. Qui m'achète un appareil pour « Textraction ou éradîcation des germes l » — C'est à ce charlatanisme clandestin, digne des galères, que finissent par tomber ces tristes sophistes. Malgré leur habileté, il serait aisé de teur montrer qu'ils entendent mal leur affaire. Car, quoi

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^plos aimple que la caslratioa de toutes les femmes* au moyen de Fexlraetion de ToTaife; et quelle fureur d*aUer décrocher l'eBÛtnt lorsqu'il serait $i facile de tuer la mère pour ne laisser à Thomme qu'un instnuaeiU de plaisir i C'en serait fait, dun coup, dO: l'espèce humaine ; le problème serait résolu et la géaération avide poocrait eiam de Tindigestion des subsistances. . i

Je vetix préciser, maintenaiit, le débat entre te»

ma.l.ihuftie,as et nous ; car je fuis ce terrain de discus* siM inhumaine, et je n'ai pins à parler dn système do» unions libyces qu'on propose encore comme un PNnède à Faecroissement de la population et que j'ai d^ réfuté. £ntre. Técole malthusienne et nous, la question ne peut plus ctro que celle-ci : L'homme a-lf41 le droit d'user des moyens que la science lui a enseignés en vue d'un péril, mathématiquement pséva y dont l'espèce entière deviendrait la victime ?

Si le péril à évilern'est point le but, la question n'a plus de sens. Car c il n'y a pas de droit contre le droit ; » et la discussion est inutile. Mais le péril estil si clair ? Quand bien même il serait certain qu'on jour les subsistances manqueront aux hommes,

8t <m ne recoart pas à ua moyen pour en limiter le Dombre, je demanda si te moment est bien choisi pour metUe ce moyen en pratique. Comment 1 c'est dans le temps qae l'Amérique appelle de tous les points da globe des millions de travailleurs, que te pâturage et le labourage, « ces deux mamelles de la Fcanee , » pressées par des mains cooragenses, font rejaillir le lait nourricier de ses enfants jusqu'aux extrémités da continent; c'est dans le temps que l'Algérie reste à coloniser et que les jeunes peuples qui nous entourent nons menacent par le nombre, c'est alors que vous osez proposer vos moyens pour nous amoindrir et nous anéantir I

De tous ces moyens, en est-il un seul qui soit hu* main T Comment supprima la vfe, d'une manière ou de l'autre, sans commettre un crime f L'enfant au sein de sa mère est-il moins tirant et son assassin moins coupable i Mais vous aimez mieux parler de l'enfant qui n'est pas encore conçu et qu'on peut empécbar ? Sur ce pied, vous vous sentez jplus forts ; et cependant nous venons de voir que le premier moyen qui s'appelle la contrainte morale conduit certains sophistes à la conclusion logique qui s'aplielle l'avortement. Certes, MH« Guizot, Bossi, Dunoyer, etc.. n'ont point voulu recommander l'avortement, et cependant, j'avooe que ce jugement : « il a insisté, nous l'avons dit, sur tout ce que le concubi-

nage a d^inconvénients pour Foumer ; mais en faisant avec raison Tapologie du mariage, il a'a pas parlé des devoirs qa*il impose et montré notamment à quel point la vertu qu'on est convenu de désigner sous le nom de contrainte morale est, pour les familles ouvrières et pauvres» une impérieuse nécessité 1 I J'avoue que ce jugement de M. Dunoyer, sur UB mémoire présenté à Tlnstitut (1), ne me semble pas fait pour rassurer un concurrent et qu'il me fait trembler à l'avance, pour la décision qui sera portée sur ma faible raison.

A dire le vrai, je ne sais rien de plus inhumain et de plus immoral que cette prétendue contrainte qu'on masque du nom de la vertu, et ses défenseurs en açcusent d'autant mieux l'immoralité qu'ils la proposent moins comme un moyen de limiter la population que comme la meilleure solution du problème de la misère. Au lieu de s'appliquer à ex* tirper du sein de notre société la misère, dont le spectacle attendrit leur ftme, les malthùsiens donnent des conseils. Les familles ouvrières et pauvres en rient et' font des enfants en dépit d'eux et de la misère : ce qui leur assure au moins la force et l'influence du nombre en attendant mieux. — Quel conseil aussi que la contrainte morale? Gomment

(I) Dunoyer, Bapport â r Académie iur Ueùimun: t Dadaisa

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m DU MAaUG£

ems à qai tow l'adressez j eotnpraidniieiit-ils qoelque cho^ e4 quel esfKMr pouvez-vous formac de TOtr ee eonseil samT An lien de proposer la ecm* tramte morale aux ouvciais et aux pauvres, j'aimerais mieux que vous leur interdisiez le mariage et que voua leur eonseilliez tanQikWkmi la prostitu^ tien, dont l'infécondité est bien plus certaine par \m raisons qne naus avom expliquées^r Tons leur fermez, par leur prix exagéré, les plaisirs dont wns prenez à satiété; et voqis irons flattez qne eenx qui n ont de plaisirs faciles que le commerce de leur femme, vont piatiquar aiee elle* votre eontrainle morale ? Et à eux, qui ont le plus besoin d'eneonragement et d'espérance, tous vonlec fuser la joie et rattachement des enfants f — £st-ce eonnattre le cosnr hnmain et la justieef

Ainsi, votre théorie veut le mariage avec la con« trainte morale, e'est-A<*diie, pour oeuc à qai tous la recommandez» avec la prostitution; et elle veut encore la famille sans les enfants, c'esl^^dise une contradiction. Néanmoins, cette théorie a iait des adeptes et elle possède aujourd'hui toute une école de praiiciena. Considérez le fruit amer de s» progrès parmi nous :

< On comptait en Franee^de i8i9à 1833, quatre naissances par mariage; de 1834 à 1838, il n'y en avait plus que 3^8; de 1639à 1843, 3,4; pour U

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LIYIHS DGUXIÈU i6S

période de doiue aonées comprise tntiB 1851 et

1832, 3,06. Est-ce prudence? Est-ce imprudence? Tffès-piobablement Tune et Featie. On ne teiA pes faire des malheureux, ou plutôt, car cette prudence iM wnk ade n'est gaàie à Tusege des mearl-de^tti, on ne veut pas se charger d'enfauts ; on veut diviser h foUnne en den» tvee Tespoir que chaque «nftiift doublera sa part et que la famille gardera son rang. Les familles pourront garder leur rang, en eflét, am ces calculs égoïstes, mais la Frauce ne gardera pas lé sien. La diminntion du nombre des mariages au ptc&t de la débauche, 1 infécondité des mariages, la mortalité excessive qui pèse snr les enfants assistés, sont des sujets de méditation aussi sérieux qu'une guerre, car c'est en effet la guerre à l'intérieur, avec toutes ses oonséqiienoes de dépopulation et d'appau* yriûsement (1). »

A paît les causes d'impuissanœ propres aoz indi* vidus et dont un comité d'hygiène, comme on verra phffi loin, diminuerait singulièrement l'eifot, à part aussi cette autre cause quejious avons signalée : que la fécoalUlé des mariages parait être m raison inverse de l'âge des époux au-dessous de vingt ans, 0t que la Fmnœ possède moins d'adultes que d'autres peuples, notamment que l'Angleterre (ce

(i) Jui«â Simoiit LVuiorMr de Jmii atu*

lii INJ MAKU6E

qai doit avoir aussi son explication dans les faits

particuliers à notre ethnologie), où .trouver la raison de notre dégénérescence si ce n*est dan$ notre égoisme ? On pourrait accuser la misère qu'où suppose plus Tolontiers la coupable. Hais les chiffres repoussent toute supposition semblable et prouvent que la misère est une mère féconde qui ne sait point tromper la nature* £lle n'a donc que faire des moyens qu*on lui propose et dont Tégolsme, plus corrupteur que la misère, semble si bien s*accommoder. Elle garde ses haillons , et aussi la simplicité des premiers âges à laquelle elle nous convie pour nous retremper.

Les Hébreux ne savaient point ce que c'était que se soustraire aux lois de la nature, et il y a longtemps que Tacite écrivait : c En Germanie, on tient pour un acte infâme et horrible de limiter le nombre de ses enfants ou de faire périr ceux qui viennent au monde, et les bonnes mœurs ont là plus d'empire qu'ailleitts les bonnes lois. » Aussi, quand les Juife ont été dispersés , ils ont trouvé assez leurs enfants pour en clairsemer Tunivers entier; asses de sang et de vigueur pour survivre à toutes les persécutions. Et de nos jours, les Crermains, fidèles à k pratique de leurs ancêtres» couvrent les deux tiers des continents et des mers et, fiers de leur puissance, menacent les restes appauvris des Latins.

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