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CHAPITRE Xli

SI LE MARIAGE DOIT 1ÊTRE INTERDIT POUR CAUSE D'INFIBMITÉ OU DB MALADIB (1)

£n principe, le mariage doit être libre, accessible à tous, fâciUté à tous. Mais en dehors de ces cas de prohibition et d'interdiction déterminés par la loi et desquels nous n'avons rien à dire ; sans vouloir diminuer le nombre des mariages ni porter atteinte à

(I) Je dois rappeler iei que le jugement renda par rinsliHit sur ce raémoire ne seurait à aaciin égard le rendre solidaire des doe* trinee qui y sont exposées et partienUérement des idées qui sont mises en avant dans ee chapitre.

Lenr témérité, dent noas aTOm d'ainem parfUMient oonseiencep aniait pu noos épargner eetie déclaration.

Mais nemslivons tenu à pabKer ee mémoire dans son Imperfeetion première ponr oMir à nn aeatiment de bonne fol, qni va presqne an sacrifice de l'amoiir-propre, et anssi pour nienx témoigner de la Ubéraliié de nos jogei.

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la liberté des personnes^ par respect pour rinstitiition et dans Tintéif t da bonheur des hommes; dans rétat actuel, en présence d'une race déjà appauvrie et ayec la pTostitution qui est deyenue, c*est une contradiction trop mi^nifeste» une véritable soupape de sûreté pour la moi'alité de nos sociétés, n'y aurait-il pas lieu d'apporter au mariage une inteidie- ' tion très-sévère, qui ne priverait d'ailleurs d'aucuue sorte de compensation ceux qui en auiaiant été

frappés ? ,

Cette interdiction consisterait à refuser Tautori-

sation de se marier à certains individus alteiats de maladies essentiellenimt héréditaires, d'un diagnostic certain et pour ainsi dire évident. La dilâeulté, en pareille matière, serait plutôt juridique que pratique* Car, au point de vue pratique, tien m serait plus simple que la constilutioa d'une commission d'hygiénistes devant laquelle tout jeune homme qui voudrait se marier serait appelé à se présenter. Pour la jeune fiUe, un pareil procédé ne serait peutêtre pas moins important que pour le jeune homme, lais il pséeentecaii trop de diffîeultés pcm te admis dans tous les cas qui exigeraient rexameû des <»gaMs mcmIs. Oulre les xaisosis db pudar, qui ne seraient pas facilement vaincues, rintrodnction du spéculun m wuiull être pratiquée saas h déchirement de l'hymen. CependAUt un grand

nombre de maladies coatagiaiises ou héréditaires et de vieet de conformatkm peinant èHe pax&iMneni constatés chez la femme saas la moindre atteinte à M pudeur. Par exemple, les syphilidee ealaaéee et les accidents externes, les Tices de conformation du iMissan, raménorrhée constittifimiiielle et tmites les 4uitres ailèctiaas, communes aux deux sexes, et. dont le diagnostic peut se faire sans découTrir les organes.

Quand on réfléchit aux suites qu'entraînent les tiees de confonnation du basant, tssn fréquents chez les jeunes femmes, on se demande comment il est possible d'hé^tet défaut l'iutenlietioii du mar riage, quelque atteinte que cette interdiction paraisse porte k la liberté et peût^tre à k flumlité des p^ sonnes? Les opérations césariennes, presque toujours mortelles, et qui le plus souvent rayisseot la fie à la mècft et à l'enfant, les céphalotripties» qui en ambiant Tenfaut à la mère n'opèrent pas vmm un fédilaUe meurtre, tous les aocîdenis graves qui aocompagnent les accouchements pénibles seraient évités si le mariage était interdit dans le cas de vices de conformation du bassin. Le législateur qui tolère la e^phalotriptie, dans Tintérôt de la mère» ne devraitil pas plutôt empêcher ce qui, en rendant la femme mère, conduit au meurtre de Tenfint : le mariage T

Parmi les maladies couunuuâs aux deux sexes» la

W UASâAM

phthisie avec 1 epilepsie embrassent le plus grand nombre des cas Les incoiiTtoients du mariage des phUûsiques ou des épileptiques sont trop évidents pour qu'il soit néoessaire d'y insister. Ontie les crises qu'éprouvent ces malades et qui doivent mettfe dans la ne dn ménage, à la place du charmer le dégoût, les enfants qui naissent d'eux sont presque infailliblement voués aux mêmes accidents pathologiques. Les phthisiqoes et les épileptiques me paraîtraient donc devoir être interdits du mariage les premiers. À côté d'eux on ponmût placer' les arthritiques et les scrofuleux. — - Hais Tarthritisme est une diatàse tellement répandue, sons ses formes diverses, et la scrofule est elle-même si générale^ qu'en interdisant les arthritiques et les semfuleux, on ferait du mariage un^ exception, ce qui ne saurait être le but du législateur. L'hérédité de rarthrilisme et de la scrofule n'étant point généralement certaine et présentant beaucoup moins . d'inconvénientSf et de bien moins graves, que celles

(I) Voir Traité philosophique et phytiologique de Chérédité na/«relie dans les états de santé et de maladie du système nerreux, par le D' Prosper Lucas.

L*attleur étend l'observation des effets de l'hérédité jusque dans les faits de l'ordre moral : qualités , défauts, habitudes, etc.. Pour Inî, la phthisie n*est|>as exclusive au poumou, elle peut léser d'autres organes ; et beaucoup d'enfants mourant de méningiU tabercoiease tMBdriieat ceUt naîtaîa d^iceadaau pbilûâfm.

des autres maladies, il n'y aurait pas de raison suffisante d'm lum un 6«s d'iateidietum (i).

Hais il reste deux classes de malades sur lesquels il semble qu'il n'y ait point à hésiter : je veux par^ 1er des syphilitiques et des alcooliques. Pour les piraiiers, s'ils étaient eonfirmés par des aedd^ts récents ou actuels » Tinterdiction du mariage serait non-seulement un Téritable bienfait pour les en* fantSt -mais pour l'humanité tout entière. Pour les alcooliques, la commission d'hygiène instituée ap- (Ncécierait le degré d'alcoolisme auquel le mariage pourrait devenir dangereux.

Nous proposerions donc* h part les aliénés et les cas particuliers dont nous avons parlé, qualre classes générales d'interdits du mariage : i<> les phthisiques • 2^ les épileptiques , 3"" les syphilitiques , 4"" les alcooliques. Pour ces quatre' catégories de malades, le diagnostic est facile et les désavantages du mariage si manifestes» tant à l'égard de la société tout

(1) Cependant le docteur J.-G.-A. Lugol réclame Tinterdiclion du mariage pour les scrofaleax; car, pour lui, l'hérédité de la scrofule est certaine.

Mais comme ce savant médecin parait faire de la scrofule Torigine la plus générale de la tuberculose et qu'il évalue au cinquième de la population le nombre des scrofuleux, nous avons lieu de supposer que rinterdiclion qu'il réclame doit atteindre en môme temps les phthisiques tuberculeux; ce qui nous rapprocherait de son opinion. (Voit. J.-G.-A. Lugol, Recherehet et observations sur les causes des maladiet scrofuleuses,)

19i DU MARIAGE

«stièn <iii'à l'égard dM eonjoinli- «l de lem tB-

fants, qu oa comprendra saxis peioe pourquoi Tia- Ividietioii du mtriage «il pour m$ malades voe

évideatû et impérieuse joécesâité, et comment cette interdietioa ^tient, peur la propagatioii des mabh diids héréditaires » un dea mojrejia prophylactiques les plus puissants (i).

Ces explications étant bien enteadoes , la difficulté juridique paraît plus simple à résoudre. Il faut décider si le législateur a le droit, même

dans un intérêt supérieur, après avoir institué le

(1) Le législiteiir poartsit se préoccaper wasA dé VkâkmêM Ai rhawim quk tfant à l'ihmw» ém if iiiMlnmifwii daM k spmau Mais si le législaleor a ponr defolr d'éfiter, pu les loia, la nainaM ^eafenti vonéi à la mort npMb et aux* soifllnaoea sans soulage** ment, il ne me semble pas qne celai d*assDrer la fécondité des mariages par des investigations qoi répagnent à la nature et à la dignité de l'homme» soil aussi impérieux ni aussi clair.

A La( édémone : • Aux qualités de Tâme, les deux époux devaient joindre une beauté mâle, une taille avantageuse, une santé brillante. Lycurgue, et, d'après lui, des philosophes éclairés ont trouvé étrange qu'on se donnât tant do soins pour perfectionner les races des animaux domestiques, tandis qu'on néglige absolument celles des hommes. vSes vues furent remplies et d'heureux assortiments semblèrent ajouter à la nature de l'homme un nouveau degré de fon& et de majesté. £n eifet, rien de si beau, rien de. si pur que le sang des SpftfliilBS. • — (J.-J, Barthélémy, Voyage dtijm»m AmmàmiiÊ eit Ch^âet»)

UVBB DSimÉME m

maiiage, de rinterdire pour des causes qui ne dépendeat point de la Yolonté humaine ? Il me semble d'abord que la loi qui confère un droit tel que le mariage, non-seulement le peut limiter mais le doit, puisqu'il s'agit de l'intérêt de tierces personnes. Est-ce que la limite d*ftge n'est pas une interdiction jusqu'à Tannée fixée par la loi ? Est-ce que la loi ne reconnaît pas des incapables; et peut-on dire que les mineurs et les incapables sont atteints dans leur liberté? — Les malades seront mineurs et incapables devant le mariage. — Quand je commets un acte qui n'engage que moi, tout ce qui, dans la loi, met obstacle à mon action est une limitation de ma liberté ; alors j'ai le droit de relever la tête et de dire de la loi qu'elle est oppressive. — Hais dès que mon action engage avec moi d'autres êtres humains, la loi n'a-t-elle pas lieu d'intervenir et ai-je le droit d'appeler violence à ma liberté ce qui n'est que protection pour celle d'autrui (1) î

(i) Les lois humaines Umiteol nécessairemeot la libellé qu'elles «nt pour but la protection des personnes et celle des intérêts. Nos lois, trè»^rotectrieeSy parfois plus qu'on ne flouhaiterait, offrent mille «xempks do eette vérité. Vendre, acheter, donner, se marier, tester, sont des actes libres, mais qoe les lois réglementent^ c'est-à-dire limitent dans leur liberté absolue. La rescision pour lésion des sept douzièmes, la réserve légale, les limites d'âge en toute matière ; dans Tordre politique, les conditions d'éleciion el dïliuibilité sont autant d'exemples que ma mémoire m'offre en ce moment à citer.

A-t-on jamais songé à réclamer contre les conseils de révision ?

£s!-co que le mariage» par nature, exigerait moins de garanties

tu

Il f&ut fegarder, d'autre pari» quelles cemm jus^

tiûent r interdiction qu'on veut introduire. N'est-il

pas mi que moms ees causes dépeadfSiit de k

volonté humaine, moins la liberté sera atteiuleî ^empêche un a?«ugl6 de iMttre le pie4 daas m fossé, j'empêche un malade de se laisser mourir. Est*ee que je porte atteintu à leur liberté? J&é b pauvre aveugle chemine avec sou enfant sur le dos et que le malade soit une Imiiie enceiote» moa devoir est-il assez clair, et 1 humanité qui me eommande dans roeenrraice ne me etét-t««te pH m

qm Is seitfei iriUtUt6t«*lil-«t S6aiié({«esMSMtlMit^

moladre importMicd t Ii» âMittU de téntim sst la garantie do hlh\»9 de l'iiifiinM^ eonae tl eet, es mêm tÊm§ê, la fmniie é$ rtlal.

Teotends bien ^e mariage et serHee militaire ne sont point m6me chose, qne le contrat qui lie deoi époux n'est pas de la même aatare que le contrat qui intervient entre le soldat et l'État, que l'uo est de sa nature abdolument libre et que l'autre réiulte d'obUgatkme

particulières.

Mais sans aller jusqu'à cette théorie quasi-communiste qui met l'individu, en toutes matières, dans la dépendance de l'État, n'est-il point équitable, n'esl-il point moral d'accorder à l'État le droit d'empêcher, autant que faire se pourra et dans des conditions d'impartialité et môme de tolérance aussi larges que l'exigeront l'état'de nos mœurs et nos habitudes d'indépendance, des mariages malheureux» dégradants, mortels aux conjoints, mortels aux enfants et qui ditorimest chaque jour de plus en plus le niveau de notre race?

le le demande eiaeèreaent, eet-ee que déjà, dâss fof ftimilles pré» vayaiMet, iet iptrenle m h piéoeeupent pa« de la nnté dei JesMS gesef — n 8*agil de Itire iatenreufr mm kd« Msd modérée qse possible, qui supplée à rimpréroyiaee dee ItaiNet igeormiiee os intéreesées. Ce sera une loi de proieetîMu «ne loi emenfieDeMOt morale; et bientôt, eheonn» séchant en a^Mcisr le mérite, ne répugnera plue à e*y sonmettte*

Oigiti

LIVKt: DEUXIÈME M»

dloil raffisamaoïêiit iaprèseriptible et [indismilable ?

Le légiskteur a donc le droit d'éviter que certains aofanto naissent dans des eondituHis morbides, pré-î Yoes avec certitudet qui les vouent ou à une mort pcématwée on à une tie languissante? Seulement, ce droit doit être limité à des cas savamment déter* minés. La liberté par la loi n'est jamais, pour ainsi dire, qu'une question de firontîère natqreUe. La liberté de riioinme devant le mariage, au point de YM de l*intéiét aanitaim de Tépouz engagé et des enfants, doit-elle être absolue? Sinon, quelles li- • mites lui doifent étie imposées? Évidemment les moindres possibles. £n réduisant les cas d'interdictioft à des classes tiès-généieles de maladies parfaitement connues, en composant un comité d'bjrgièm offisant tontes les oonditions de science et d'indépendance, en commençant Tapplication de cette législation notnrelle par degrés, insensible* ment, et à l'égard de siyets. manifestement incapables, nous pensons que la mesure proposée aurait ks effets les plus salutaires et qu'elle s attirerait bientôt la reconnaissance de la société tout entière. ~ Maintenant Ton demande ce que deviendraient les interdits, et si l'interdiction du mariage les empéchenît de donner naissance à des enfants ? Les interdits deviendraient ce qu'Us pourraient. Je sais ïimi que le plus gitnd nombre se njjetterait danS;

m BC VARIAGK

la prostitation qa*il eoniribuerait par là à ente*

tenir. Il faudrait le sacrifice d'une génération pour

toutes les autres : on aurait plus d'armes, plus de

force contre la prostitution avec une génération forte et régénérée qu*a?ec une génération affisiiblie, H est d'observation constante que les hommes les plus portés à l'amour sont mous, sans caractère, eASminés, doués d'un système cellulaire comparable à celui des femmes. Les rapports naturels qui existent entre le moral et le physique de Thomme sont ici parfaitement saisissables. Une génération forte, à l'Ame yirile, tendrait plus au mariage qu'à l'amour efféminé et à la prostitution. Il n'y a pas de bien qui s'obtienne sans mal, pas de trayail sans résistance^ d action sans pertes de forces. Si on pouvait extirper de la société la prostitution et relvemper la race sans sacrifices, la quadrature du cercle et le mouvement perpétuel seraient possibles. Quoique cela soit triste à dire, la mesure proposée est d'une application beaucoup plus simple avec la prostitution qu'à son défaut, puisque la prostitution offre une compensation toute préparée aux interdits du mariage. Passe pour les hommes, dira-t-on, mais pour les femmes ? Pour celles-ci, les cas d'interdiction seront naturellement beaucoup plus rares, et d'autre part la femme vierge s accommode beaucoup mieux que l'homme de la continence. Ce sont nos

UVBfi DEUXIÈME 117

détestables habitudes de plaisirs qui nous ont préparé de^ifemmes si ardentes à la volupté, tandis que la nature avait réglé nos passions pour la satisfaction et le bonheur universels. Quant aux enfants Auxquels les interdits pourraient donner le jour, en dehors du mariage, voici ce qu'on peut répondre à l'objection. Des physiologistes ont prétendu que les excitations sensuelles et les impressions vives de Tamour exercent une influence déterminante sot les effets de la copulation. Plus le plaisir gu'éprouve la femme serait vif, moins facilement elle serait fécondée. Les excès de coït produiraient aussi chez la femme des accidents, tels que déviations du col de la matrice, catarrhes de Tutérus, ulcères de la matrice , qui rendent la fécondation très-difficile. £niln la chute de TcBuf nécessaire à la fécondation serait moins fréquente et moins facilen^ent déterminée chez la femme qui se trouve en contact passager avec rhomme, qu'elle ne le serait chez la femme cjoi cohabite avec son mari ; et ce fait parait vrai à ce point que des malthusiens se sont avisés d'en &ire un argument en faveur des unions libres. D'autres physiologistes expliquent les mêmes effets par les précautions de toute nature que prennent d'ordinaire les femmes publiques. Les plus prudents se contentent de constater le fiait sans chercher à lui donner , des explications qu'ils croient sans valeur.

m DU MARIAGE

Oiloi qa'ii M soit, la prostitiitioii n^efl point pnKn fiqiie, et la science ne iaii que constater m que la 0tati8tiqm a établi dUéurs. La iiaitiaMa d*mtaili malades* phthisiquest épUej^iques ou auUes a' est donc pas à craindre. Et s'il est admis que Tapplica* ÛQUf avec modération et ju^ce» de la légiaUtim proposée ne constitue pas une atteinte à la Uberté himaiiie, que la néeasaité oe joatîfiefait paa, ni qaa les avantages de la restriction ne compenseraient, le senice rendu à Tespèae homakie $m tita appii* cié et ses effets porteront jusqu'aux générations les pins leonléaa. Je me borne à es prait de Tw«

Je me bomaf s, en effit» k ee point vne, dam 11 B^moiie déposé à Tlostitut. Le rapport de ï\um^ raMe H. Charles Renonard ayant fait mention de ce dàapitret je devais en laisser juge le lecteur.

J'ai fourni depuis des explicatioitô sur cette partie de mcm tfavail* G*eat aana doute la plua aventmée et celle qui soulèvera le plus d'aversion et, peyit^ *ètie même, le dégoût Je ne me le diaaimnle aoennement« Je veux prouver* au contraire, que mou 'împve ayetkne ne répugne paa moins à mea mmm et à mes goûts qu'à ceux du lecteur le plua délicat*

J'ai espoai l'idée dana ion tbaoiittiime» G^eit. an

procédé de logique^ conforme à k oature dô mou ^Êfiii M pour Wqual, je respèfef pevoxiM. m m tiendjL'Â ïauoune. En voulant moutrer cojxuttoat Vidée paoffait d*¥emr pntique» je mis que |e vais, froisser encore beaucoup de aiQ^àUCQi toutes fûtes» doue hesoia de déclarer que même e^ pa&saut à la pratique et an formuUot iaoo.pri]|}et tu articles de loi , je u'enteoda pas y insister ; j'eateads seuleaxçut fournir^ à titre d'e^^péùeufe» uue idée et rien de plus. Certaioeoient cette idée ne sera pas expériioeaiée. Hhm le problèioe soeiold- .gique ayant été posé, j'ai dû. lui chercher une seltttiâa* Je ne m'inqnîàte» pas plua qoe de rai$ûu« si la solution sera appliquée. U m'aura soiffi de piw¥6r qu'elle poonait l'être.

le philosophe n'a pas pour devoir de trouver d^ solutions eeloa le goût du public^ mais simplement asion la xaison et Texpérience générales. Lorsqu'un .aussi oonsidérable problème de sociologie est posé, ' & n y a pas apparente que Vendureissement de la soeiété dans les mœurs qu'il s'agit précisément de céfiduner* soit une solution, pioposahls»

J'aurais pu me borner à demander plus de sévérité dans i'ejyumn des conditions , de aanté» eonseiUer aux parents plus d attention, éveiller leurs ^rain- .tos» leur faii» toodier du doigt les eonséquejdoes quelles d'un^ trpp grande facilité sur ce^ point* et

M DU MARUfiS

teimiaer par des considérations de circonstance sur le rapport nécessaite entre l'édacalion générale des mœurs publiques et la petite réforme proposée. Car il faut évidemment nn grand degré d'avancement chez les peuples » pour que la pratique de ce qui est juste et moral rende chez eux la loi inutile. Cela eût suffi certainement au bon goût. Mais cela n'eût sufû ni à mon esprit, ni à la réforme que j'aurais tonln introduire.

Il est trop facile, en France, de perdre les idées les plus justes par le ridienle de la nonteauté, pour que ceux qui s avisent d'en produire de cette sorte ne prennent pas la précaution d'établir que leurs idées sont au moins aussi pratiques qu'équitables*

Dans le pnqet de loi que je vab formuler, la liberté n'aura rien à souffrir. £t cependant, il ne serait pas inutile de remarquer que l'homme ne peut jouir de la même liberté en société qu'à Tétat de nature. La liberté est essentiellement conditionnelle. Je suis libre, mais à la condition de n'avoir commis ni crime, ni délit.

Yons TOoIex, à l'égard du mariage , une liberté absolue, comme la liberté de prendre des plaisirs, k la teole condition qoe k paix publique ne seia point troublée. — Soit. Rien de plus simple. — Mais alors la proilituUon* mérite, de Totie part, une protection spéciale. Vous la lui accordez^ eu

LITBK DEUXIÈME SOI

effet; et, en ceci, tous êtes conséquent ftyec votre façon de comprendre et de pratiquer le mariage. *

Hais est-il possible, est-il humain, est-il sage que vous laissiez des millio^s de pauvres diables» ignorant toutes choses, exposés aux suites, mortelles à eux-mêmes, mortelles à votre race, de mariages malsains et corrupteurs f ' — Tous croyez, âe bonne foi, qu'il suffira de les avertir ? — Lorsqu'un cheval est emporté, il ne suffit pas de crier gare ; il faut barrer le chemin.

Certes, ce sont les mœurs qui devraient, ici, faire l'œuvre de la loi. ~ Chez un peuple , où chacun posséderait des connaissances assez générales et tiendrait une conduite assez morale pour rendre une telle loi inutile, les mœurs seraient toutes puissantes et l'avertissement même serait souvent hors de propos. Mais ce peuple serait un peuple de demidieux ; et là où il n'y a que dés hommes réunis, il faut que la . loi , qui n'est que la raison des plus sages, fasse Tœuvre des mœurs selon Thumanité et la morale.

Gela peut être très -regrettable, assurément. Il serait plus simple que notre société eût atteint ce degré où la misère, la maladie, l'ignorance seraient le cas de quelques hypocondres qui auraient voulu se distinguer de leurs semblables.

N'étant point parvenue à cet état heureux, la so*

m DU MARIAQJ5

dété ne me semble ni absolument digne , ni abio* lumeat maîtres de la liberté; et, sans fiajire toxt à cette passion, qui est souvent de pur décor, il est penois et il est utile d'eo préveair les dangers par

d'humaines mesures. — Il suffira de mettre la pratique nouTelle en rapport ayee nos mœurs. Car, pour qu'elle ait son efleti il esjl nécessaire de la mesurer à la force minima que nou> sommes capables d'opposer au préjugé.

Voici donc ce qui pourrait être proposé pratiquement : * .

Gsnaidéraiit que le» mariages qui out pou efiet

de donner naissance à des enfantSi voués à la mort rapide ou aux souffrances pKdoil9ée8« sont un ciinia

(le lèse-humanité ;

Considérant que le uombie de ^ mariages tsnd

à s'accroître de jour en jour ;

Considérant que la société a le devoir de protégar les enfants» sans porter atteinte à k liberté dôs personnes;

Considérant que les mariais entre époux, sains de corps et d'esprit, sont un des éléments essentiels de la paix et du bonbeur publics» en même temps

qu9 de la puissance des États ; .

i^cd by GoOgI

Gousidéraut qu il existe ua oarfatiQ nombre de •milftdiei dont le diagoestic et les effets sont certtîiis;

Les philosophes, médecins, moralistes, législatous» hamamtûres proposent :

1® Une commission consultative d'hygiène est instituée. £Ue est appelée à donner son avis sur U santé des personaes qui veulent se marier.

2^ Les parties deyront foomir la preim qa*eUes ont passé devant la commission d'hygiène.

3^ Si l'avis de la commission lenr a été contraire, il sera néanmoins passé outre au mariage.

4* La maiia» dans ee cas, dena simplament rappeler aux familles Tavis de la commission d'hygiène*

8* Chaque commission sera composée de tous las médecins des cantons compris dans Tarrondissement, et siégera au moius une fois par mois au cb0f*lÎ0u d'anondissamant

7» Une commission supérieure, composée de dé* légations des commissions d^arrondissemantt siégera au chef-lieu de département, et se réunira à la fequàta des parties intéressées qui auront teiyouxs le droit d'appeler devant elle, des jugements rendus, par les eommissîons eonsoltatiTcs ^'arrondissement.

Dans ce projet, la seule obligation de la loi est gue jeunes gens se présenteront devant une

ff

m DU MARUG£

commission coasultative qui donnera son avis aux familles» sans que cet aTertissemeut puisse empâ^ cher le mariage. Il l'empêchera de fait , nous Tespéronsy dans la plupart des cas. Mais les jeunes gens et leurs parents ne seront pas obligés par la loi de tenir compte de Tavis de la commission d'hygiène. — Est-ce que les droits de la liberté ne sont pas suffisamment respectés?

La société doit avertissement et protection à tous, particulièrement aux ignorants , aux faibles , aux malheureux. Elle ne doit empêcher aucune action, naturellement libre, surtout de celles qui ne saa* raient nuire à autrui. Mais elle a le devoir de guider les aveugles, de secourir les faibles, d'aider aux impuissants. — Ici, le droit de la société me parait établi sur deux éléments considérables : Tintérêt de l'homme et de la femme, unis Tun à l'autre et qui ne sauraient vivre heureusement dans un état maladif à Tayance prévu; Tintérèt des enftnts qui ont, si je pouvais dire, le droit de ne pas naître pour souffrir. A cet intérêt se lie celui de la force de la race, qui est un intérêt social de premier ordre.

On me dira : Mais Téducation des mœurs publiques suffirait. Dans la pratique ordinaire, les familles consultent leur médecin sur la santé des

jeunes gens appelés à s*unir, — Oui;. chez les

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