CHAPITRE. XiV
CAUSES QUI EXPLIQUENT L'ADULTÈRE ET AGISSENT SUR LA MORALITÉ DKS MÉNAGES
Avant que de passer outre à la séparation de Goips et au divorcOf je dois, pour aceomplir à mon tour la tâche de moraliste, indiquer les causes les plus générales de rimmoralité des ménages. Cette remarque achèvera de justifier Tindulgence que j'ai montrée dans la pénalité de l'adultère.
les vices naturels à Thomme, l'éducation souvent impuissante à les corriger^, et fMirfois très-capable de les développer, llnstruction mal comprise et mal appliquée, le mauvais «lemple des pmnts, le défaut de famille, le milieu social, les relations, Tatelier, les lieux publics, les spectacles, les travaux pé* nibles qui font rechercher les plaisirs faciles »
m DU MARIAGE
ramour contrarié, la dispropoitiou des âges, celle des conditions sociales, les outrages du temps à la beauté et à la force, la crédulité naturelle aux femmes, la soif du gain facile, Teninie, le besoin de luxe, rincompatibilité des goûts, de Thumeur, du caractère, Timpéritie des maris inhabiles dans le gouvernement de leurs ménages, tantôt trop soupfonneuz et trop despotes, tantôt trop confiants et trop débonnaires, les froissements des relations de tous les jours, la curiosité naturelle aux femmes et à Tamour^ ravarice et la lâcheté qui répugnent au sexe ; d'un côté la séduction toujours 'éveillée, de l'autre la prostitution libre, facile, provocatrice, sont autant de causes qui exercent une action considérable sur la fidélité des hommes, la yertu des femmes et 1 harmonie domestique. Chacune d'elles pourrait fournir le sujet d*an développement spécial. Ce développement trouvera mieux sa place dans le chapitre par lequel nous voulons terminer ee travail et où nous rechercherons Imfluence de la ' littérature contemporaine sur les mœurs : car toutes ces causes font le fond ordinaire de nos romans et de nos morceaux de théâtre.
Ici, nous voulons parler seulement des causes les plus générales parmi celles qu'on n'indique point d'ordinaire, bien qu elles aient une importance de premier ordre. Il est vrai qu'elles oiirent
peu de prise à Tart et peut-être moins encore à la morale cfai voudrait soayent s*affiraiichir des conditions physic^ues de Tespèce humaine et de la tie organique. Je n'ai pas cru néanmoins devoir les passer sous silence ; quoi qu il en puisse coûter à la pudeur qui, de sa nature, n'est point scien* tifique. Car, après avoir critiqué les lois et essayé la philosophie de Tadultère , je dois compléter ma démonstration en montrant les causes qui conduisent le plus sûrement à Fadultàre et excusent la faute en Texpliquant.
Sous le nom de causes pathologiques, je réduis celles dont je veux parler aux trois principales que voici : 1^ maladies et affections des organes génitaux, 2^ impuissance absolue ou relative, in- * compatibilité ou disproportion des appétits sexuels. — Les maladies et affections des organes génitaux viennent au premier rang, parce qu'elles ont généralement pour effet du côté de la femme, comme l'impuissance du côté de l'homme, l'infécondité, à laquelle je rattache un très-grand nombre d'adultères. Ces maladies sont toujours plus graves chez la femme , parce qu'elles entraînent presque toutes la stérilité, tandis qu'elles n*ont point cet effet chez l'homme. Les leucorrhées, les catarrhes de i'utérus» les ulcérations du col de la matrice, les mctrites chroniques, les vices de conformation et
mâlêdies de la vulfe » du yagia i^t -dô la matrieev
soat des empôchâiiient& au coït» plus séxiâux ^ plus firéqueato que lea maladies géoitalea ekez rhûouue» uréUiciles ou autees. Ces maladiea soûl aussi beaucoup plus fréquentes chez la femme, ' Ou oompreud ftombian uu homoie doit être tm* barrasse lorsqu'il se voit engagé dans les liens du mariage areo um femme affligée de eas maladiai» dont les unes survieimeai aux jeunes ûlles mêmes, et les autres aux iMBmHBs mariées après un pre^ mier ou un second accouchement, si toutefois ces maladies n'ont point empèeké raceouehement — Le mari doit prendre soia de la malade, il ne peut plus attendre d'elle les plaisirs de Famoiir; tons deux y répugnent et Ihomme surtout puisqu'il risque d'aggraver l'état de sa femme et s'expose lui-même à contracter» dans son commerce aves elle, une affection génitale. La stérilité d'ailleurs, de quelque cause et de quelque part qu'elle tienas^ en laissant une place. vide dans le ménage, dénature le mariage et fait perdre souvent tout sens moial à la femme. La maternité est si bien faite pour elle, qu'avec la molaniité, tout l'être fémânin elt emporté et anéanti. Il n'est point de mari, si aimé ^'il soit, qui puisse faire jaîUir œ flot de tendresse inépuisable, de déi ouementconstant, d'amour qui tient aux entrailles ; et il n'est point de km»
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qui puisse eontenir longtemps ce flot dans son cœur MBS le briser. Ck>mprend-ott tout ee qu'est l'eafant et tout ce qu'il peut sur la femme ? Qu'est-ce que leUt nuptial sans le berceau? Une eouebetle d'amour 1 Mais le berceau ? C'est la mère, c'est la iamille t — On le croit nde et la femme 7 a déposé, dès le premier jour, son amour, son espérance ; raffenirl — Et si Tenfaol m vient pas, o'est tout cela qui meurt pour la femme et qu elle ensevelit dans son ftme. — Le pouvoir de l'enfiiiit est ûo« mense : — Qui est-ce qui retient la femme au foyer? Oui ost-ee qui y ramène le mari ? Qui est-ce qui apaise toute querelle» fait taire toute colère, provoque tout pardon ; rapproche, unit, enlace, endiatue ? — Qui est-eè qui absorbe tout le ccsur et tout le cerveau de la mère ? ~ Qui est-ce qui relient la femme pris de oéder au séducteur ? — L'enfant ! — Il est l'âme du ménage, la vie de Tintérieur , Tattrait de rhomuie , Fange de la paix domestique, l'idole de la femme, la lumière de sa eonscionee, le plus sirr gardien de l'honneur conju* gai. Faut-il ^chercher si loin la raison de l'adultère quand la femme est sans enfiint?
L'impuissance peut avoir les mêmes effets, tant par rapport à l'infécondité que par rapport aux plaisirs èB l'amour. Si l'impuissanee est absolue, que fera la malheureuse jeune fille ? Si l'impuis-
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sance est relative » qu'^e procure . des plaisirs iûcompletsi insuffisants et stériles : quel eacouxagement à Fadaltèrel c Le mari ne pourra, en alléguant son impuissance naturelle , désavouer Fenfant. » (Article 313. G. G.)* A poUr es quemjuski mptÙB denuMstranU. ~ Sans qu'il y ait malice ni corruption de sa part , la femme souflbe de Tétat d'impuissance de son marii elle sent d'instinct que r^imour a d'autres attraits et d'antres ardeurs , et dans son ignorance, elle peut parfois prendre pour de rindiiïéreacô ce qui est le plus grand eilort d*un homme qui peut aimer beaueoup mais qui eat infirme. L'impuissance se présentant en général comme une suite des maladies que nous avons pioposées pour causes d'interdiction du mariage» on voit que si notre proposition était admise, non-seulem^ on aurait évité l'hérédité, mais au seôn des ménages mêmes , le dégoût et l'adultère qui en est la suite. — Les effets du dégoût avaient été bien compris i par les Hébreux. Le Deutéronome avait prévu le j cas et il avait admis la dissolution du mariage pour ^ cause (le dégoût, propter fœditatem. (Deut. xiv et s.)
Quant à l'incompatibilité ou à la <{iq[)roportiaa j des appétits sexuels , j'imagine que les auteurs de la loi sur le divorce en avaient compris Timpor- . tance^ aussi bien que celle de tous les inconvénients dont la révélation blesse la pudeur» en aufaNrisant