‹ Le mariageChapitre 49 sur 52 · LIVRE jmXSÈMK ' M · texte numérisé non relu

LIVRE jmXSÈMK ' M

leur acium* Aussi trQUYons*oous à càté de yamour Vaduhète, i cAlé de la pudeur ia lubricité, à cMé de ' riûuoceuce Timpudi^ité, à oôté de Thoiuieur l'iudignité. A cùié d' Eugénie Grandet^ d'Ursule Mirouet, ies Méaoiris de deux jemes ma$iée$ nous trou¥on& La • femme de trente ans (1).

La femme de trente om àébi une sorte de révéla^ lion. On n'avait pas encore lu le roman, qu'on avait deYÎûé taut ce que le titre zenSmoait d observations critiques et de faits nouveaux. On avait cru jusque-là que ramoar était une passion maîtresse» identique dans ses manifestations; et tout à coup lamour prenait une figure et un âge. L'amour à trente ans n'était plus Tamour à vingt. A vingt ans la femme s'abandonnait : à trente ans elle eboisira. Aree la femme de vingt ans, l'homme mettait l'amour dans la passion : avec la femme de trente ans, il y mettra l'amour-propre. L'amour des jeunes ûlles était simple, tendre, quîétîste : l'amour des femmes sera savant» emporté» plein d'action. Ces différences, vraies, dans la nature, ont été admirablement observées par Balzac et l'art qu'il montre à les marquer est le caractère le plus original de son génie. C'est en donnant le pas à l'amour de la femme sur l'amour de ^

(1) • Balzac, sur le plus beau sujet, a fait un pauvre livre, un trèsfaible roman. Mais le litre seul vaut un livre, li fait songer : La femme de trente ans, • (J. Michelet, Noi fils,)

* DII4iiftiAfV

la j^uae ûlla» c a&t au I0 ceadant plus séduisant/ plut MBptt di ipiOMMMi* plna Mniplêisiiii» \im iidèie à Tamour-propre humain que Bakac a au^vi la tandum irantaiae lit porté k ptM mda ooop w respect et à l'auiour jeuues filles. Il a donné W . -signal des amaam libres et la prime à la leoiaie omh riée. £u faisant la philosophie de Tadullère et en écriftnt lu th^mknf^ du mmriage, 'û a adsiîs V^éalk' ière mmim m faiAfifiiftnUfiqtte^ei il l'a analysé sans songer à discuter eon eiist«iee«Il éerit sous k 4îal4p des Mts» il can&iate.-^A quûi boa tant dû aoasta» tatiMS? Taal orta est par dignosiie. Et quand wesi

. ^uttftiH^ofiialé miiteJCoi»qtt&.leioal^ .

yoiis ne Taurez pas guéri ! «—Cependant Balzac a sa conserver soigneusement dans ses peintures les dis^ tineiions de classes, de milieux, de caractères. Ce n'est point dans le monde aristOQiâlîqaet ee n*est poini dans les salons ou les boudoirs du faubourg Saint- GersMin qu*il« plaeé k imttt. Àeei échelon si^^éi^ delà société, nous ne trouvons que des femmes adul- , tères, k marquise d' Aigtemont» M'^ de Seriqr , de ' Aldufrigneuse, ltt°" de Nucingen, etc. Pour trouver • la imtu moyennef k mondité bousgeoiee, il isnt descendre jusque dans la boutique de C^sçiv Biri^-teoM* Deux beaux modèles de irertu conjugale et de dévouement hlial se rencontrent dans La nchêrcbede l'ubtolu; mais ees deux modèles sontdee £kmaa4âi>

UyBE WfTMIÉMff . ' 381

Balzac a tout analysé, épluché, oksséi étiqueté :

. Sâsse; jeunesse, âge mUsCf vieillesse; jwiàe iiUâ» femne nitriée, *nièi», tiidlève, grisette, prottitoéti nobles, roturiers, paysans, prolétaires ; diplaniatas« milHriras, banquiers, afonés^ «rtfstea, eoméâtenBv marchands, brocanteurs, jornurs^ escrœs, vokurs, assassins; salons, boudoirs, boutiques, ateliers^

. champs, casernes, couxs ^Uasrâes. HhM loi tout est conditionnel, la vertu, le vice, le beau et le laid ; et c'est par ce côté que Bolae esi-réalisle. Profond (Àh servateur, il a reconnu que l'éducation et le milieusocHil étaient les deux priiMipaos éléments de notsa moralité et il a expliqué les différences qui s'accusent dans la moralité générale par celles qui tiennent à réducation et au milieu où se développe l'indi vida.

.il*ii«i*pfeiqii6 jusqu'à iMie qa'en mettant des oondir • tions à la vertu, il en a fait une question de milieu social et par conséquent un être moral essentîdile* ment relatif. « La sainteté des femmes, dit^il, dans . La fmm 4$ trémie mw , est ineoncilieble avec les devoirs et les libertés du monde, lilmauciper les femoiea; c'eetlei » Il est tfès-vmi qu'il

existe une éducation de la vertu comme il existe une édmetion du tiee et que eerlidnes habitudes de viee préparent inévitablement à lluneou à Tautre. jSur ce Iwraia, les rapports de la morale avec les condî»

m BU HAMAISS

tions sociales de Teustenee se tessettent, et le problème se pose de nouveau dans toute sa complexité, La situation particoiièie qu^on prétend faire a^Jonrd'bui à la femme éloignerait certainement de la solu-tien. Anssi je prie en grâee nos Uttératears qa'îk considèrent la liberté dont jouit chez nous la femme mariée, les occupations dont elle a été déchargée oito rôle qu'elle a abandonné dans la famille. Nous ayons renoncé à diriger la fémme, nons ne '?isoiift plus qu'à la tourner à nos plaisirs, nous en faisons, d^nn être ntile nn être de fantaisie, â*iin èire im^ nome un être prodigue, d'une force de cohésion une force de dissolution, et nous lui parlons de droits tandis qu'elle est disposée, par la nature mènM^ à tous les devoirs.

Les Chinois sont plus raisonnables que nous. II existe à la Chine une pratique qui prouve combien les Chinois sayent apprécier les serrices que peut rendre à son mari une femme intelligente et dévouée. Uest d'usage, chéz ce peuple éclairé» lorsqu'un fonetionnaire s'est distingué par son zèle et son habileté noh-seulement de lui décerner des honneurs parti* culiers, mais d'ajouter à ces honneurs par un brevet spécial, destiné à marquer h satisfaction èt la leooii-» naissance impériale à l'épouse vertueuse qui a fait des charmes de la TÎe intérieore le plus ferme soutien de la persévérance entreprenante de son

UVAE jD£Ull£ME m

mari (1). Cette pratique pleine d'ua attendrissant >

enseignemeot» est» je triiuve, autrement morale qae

celle que nos littérateurs tentent d'introduire dans.

les mœurs au moyen d'un art sans philosophie, sans

science, sans sentiment, sans élévation : etjy vois

aussi une leçon pour les généreux initiateurs qui

voudraient émanciper la femme jusque dans Tordre

politique. La saine morale, la bonne politique, pour

la. femme, est de s attacher un bon mari et d'élever

de forts et courageux enfants.

Laissez la femme, au foyer domestique si vou$ ne voulez retirer au mariage, à la famille, leur charme et leur force. Sa place est là et nulle part ailleurs» C'est dans ce cadre, hors duquel elle se déforme, c'est au milieu de ses enfants qui rappellent et se retiennent à sa robe, c'est appliquée à ouvrir l'intelligence -à» ces petits êtres parles premières notions des choses, c'est assidue aux soins de l'approvisionnement, à la surveillance des repas, à la propreté du linge et •du ménage, que je la veux voir; c'est ainsi que je Taime. Elle règne là comme dans une ruche naturelle où tout est ordonné suivant son goût et sa vigilance. Qu'il est doux à l'homme de venir se ris^ poser sous cet abri oà la femme a partout répandu

(I) Voir Le PJay, La réforme sociale en France. — Duverger, Cimdiibm pomqiuU^klk «te f /"Minuit. {lUvue pratique cU àraU

m BU MAiUAGK *

dâimô ' le bAkac.du ocour, lâs pi:ôad.&iu se& gûooux, bft i&tarroge ; eiks «iifiMfB.iAiâlMtdiivaatlimrjaière ' qui aouxitt. la iâfiiMii du Mlinu louduuU .iabiisan . ^ qu'aucun peintre n'a sa nendre parée qu il a'estpas

Laissez donc la femme à sa fonclioa naiuiella. En jQnkukLùàteà'^ikk ua étia dJima-

^ation et de création artistique , de vos mains, vous la précipite à TadabàTiu

£a résumé : Tart a oertainement uuq destination* Mocale «I Meiale. Délramé 4q 00a Imt» il n^est plus, lui-même, il est phénomène» dû^oportion, laideur. Car Fart, plus que 1* leete pavée qu'il a plue d'ae* iLon sur noue» doit toomep au l>ien de TiAdiiidu et au perfectioiiDeiMBt de l'espèce . Que feiail orateur qui a'usexait de r éloquence que pou£ 9fi\ss anmsef on nous tromper ? H prostituerait la parole. «--(^ iesait un pekOxa qui ii'attxail d« ooul^^ pour Biettre nos sens en appétit? Il prostituerait la peinture.^ Que ferait un écnvain, dont la plume ne s'arrêterait pas devant le mensonge, et qui se serait donné la tftetie de Haut tméte le yâm aînaUe? U

• / ^ DigKiz^ ■

pimlitMFiit 8dii pcvroir mcal. ^ %sfm «lunient

rabaissé leur taleat et eu aous eaBEompaQt,.en.nous igmnt, manqui M.tMif im i^att Faifer, peindre, éexkô, pour parler, poux peindjca, pouréoriie; «ot et / pmMÎeiii nétlerl QundKiii'ii'a paint d'idée, point da principe, rien, à produiBe qui soit mi, quL.soit moral, qui soit beau, on doit s'abstenir. Écrire sur- ^ tout quand on n a rien à dira aat une .impefitinance.

Parce que nous reconnaissons à l'art un but moral et social* eal-ea à dire qoa noua lui refuûiis i'ins* piration et lui retranchons toute liberté? Où puiseraitril dcNie une inspiratian anpéiîaura si ce n'est dans la beauté morale, et plus de liberté que dans le yrai ? Si la beau, A le mi empdchaieiit Tessor de \ Tart, au lieu de le rendre plus libre et plus large, l'art n'aurait poiatde sma eiil ob sattait plM nous toucher. Il ne nous touche qu'autant qu'il est vrai, û'est-à-dire qu autant que noua aentona qu'il développe en nous la faculté esthétique que possède chacun.

L imagination , qui donne à Tidéal sa forme et sa couleur, ne peut être diminuée par robseryaoce des règles de 1^ vérité et de la beauté morales, et il n'est d'artiste réellement grand que celui qui joint à une imagination puissante et à des connaissances étendues, un jugement sain et un comit droit II est si vrai quel'arta une destination à la lois morale et so-

336 DU MARIAGE i

ciale que ses deux foyers d'inspiration sont le monde moral et le monde social* Une loi de justice veut qu'il rende à Tun et à l'autre ee qu'il leur a em* * primté ; et voilà pourquoi la morale et la société, qui entretiennent et fortifient Tart, doivent être, à leur tour, soutenues et perloctionnées par lui. C'est surtout la littérature qui emprunte à la morale et aux phénomènes sociaux ; on voit dairemrat que sans eux elle ne pourrait vivre un instant,

Nous avons remarqué que de notre temps c^était la séduction, le mariage et l'adultère qui étaient, soit sur le théâtre, soit dans Te roman, l'aliment ordi* naire de la littérature. Nous avons vu que la littéra- ' ture honorait la séduction, persiflait le mariage, justifiait Tadultère. — Poètes, littérateurs, artistes, prenez garde de mériter bientôt le sort que Platon .faisait à vos pareils lorsqu'il les chassait de sa Ré- ' publique!

Page 1