LIVRE PREMIER U
équivoque. Si l'amour est la règle de l'union d(^s saxes : comme ramour déîaUautaatd'uaioiis qu'il en noue, il n'y a point d'union eonstante possible p>»r Tamour» à moias que Tou ne reconnaifise à i^amour une vertu qu'il n'a pas ; mais alors quelle serait la valeur d'une pareille ihéorie i &i c'est la conscience, au contraire, ou la volonté, qui est la règle de l'union; des sexes et qui maintient l union de ceux que 1 amour a réunis, il y a une union de l'homme et de la femme supérieure à 1 amour, qui est son principe» et au temps, qui est sa condition : cette union, pont' iixer les idées , je l'appelle , dès à présent . ie mariage.
La situation de Thomme et celle de la femme dans
la société ont été Tôbjet de toutes sortes d' observa-.
tiOQS.
La situation de la femme a particulièrement intéressé, de tout temps, les philosophes et les législateurs. Par sa faiblesse naturelle, la femme est tou-' jours demeurée et demeurera certainement, malgré toute émancipation, dans une certaine dépendance de l'homme. Chez les Hindous, la femme était très-
n DU HABU6B
respectée. Ou lit dans les Yédas : « Celui qui mépriso
une feniiue méprise sa mère. » « L'homme n'est complet que par la femme, et tout homme qui ue se marie pas dès l'âge de la virilité doit être lioté d'infamie. » £t celte belle parole : c La femme est 1 Ame de riiumaiiité (I). » C'est dans la même pensée que Proudhon éi^it : « La femme est la oousoieoce de riiomme personuiiiéc »
Ainsi c'est une manière de Tbomme de se compléter que de s'unir à la femme. Sur ce point, les Yédas et Proudhon sont d'accord. Chez les peuples sémitiques, et particulièrement chez les Hébreux, la (emme était considérée comme supérieure aux esclaves du maître, mais elle no lui était pas moins subordonnée. £n Grèce» les femmes avaient plus de liberté que chez nul autre peuple, mais aussi la famille n'y existait que de nom. A Rome, k femme était considérée comme une lille de son mari. Dans le mariage II» manUf le père vendait sa Me (3). « En vendant sa fille, le père transférait au mari tous les droits qu'il avait sur elle ; le mari pouvait donc la vendre à son tour. Tel était notamment le droit des anciens
(1) L. Jacoiliof, La Bible dans VInde. Voir aussi: La Femme Aant ilnde antique, par M"« Clarisse Buder, et les travaux, de U, Burnoof : Essd sur U Véda, etc...
Cl) P.4. Proadhon, Ih ta JutHee dam la BénMkm ei iam VÈgUiê.
(3) Ulpien, L. I, ( 8, De aequkwda td amUteaàa poêiestiam.
Gen&aiiis, si nous en eroyons le plus savant investi»
galeur des antiquités germaniques (1). Mais il convient d'ajouter que dès leur entrée dans la vie civilisée on voit tous les peuples répudier cet usage barbare. Hanou Tabolit dans rinde» Moïse en Palestine, Romulus eu Italie, les Chinois eux-mêmes ne Tout conservé que dans des cas exceptionnels (2). »
Cet usage, en effet, existait partout dans l'anti- 'qnité, et d'ailleurs les règles qui gouvernaient les rapports de Thomme avec la femme étaient presque les mêmes chez tous les peuples anciens.
Les Hébreux, sous le régime de la polygamie, possédaient autant de femmes qu'ils en pouvaient nourrir. Et cependant la femme était protégée chez eux par une législation pleine de charité ; à rencontre de ce qui est généralement admis.
• La (iUe vendue par son père comme esclave étaÂt. confiée, et non livrée, au maître. — Moïse rccommandait à celui-ci toutes sortes de ménagements à son égard. Le maître devait respecter la personne de son esclave. Cependant, si après un certain temps, jja' maître s'abandonnait à sa passion pour elle , Tcst , clave devenait sa femme au même titre que U^^
<1) iaeob Grimm, RediMterik,
(S) Panl Gide, Ettêdê la mndîthn pnvh de la femme éçà^-' le éroU anr4en el moderne ei en parOeulier sur le ièw^iuiHçeaÊjjfi^i^
U DU MABUGË
autres (1). — le père de Tépouse que l'Hébreu choisissait n'était poiat payé, ce que Ton a appelé im* proprement, le prix de la mrpnité(Tj . M«Î8 il recevait simplement des présents du maître de sa lille à Toooasion de son entrée dans la maison. Les femmes n'étaient point dotées ; et le souci de maintenir la plus grande égalité possible dans les fortunes aussi bien que dans les personnes avait conduit, comme on sait, le législateur à ordonner au frère survivant d'épouser la veuve de son frère mort sans entants, afin de lui susciter des héritiers qui devaient empd*
(!) La femme juivo ne pouvait devenir esclave que pir la volonté de son père, (txodf, x\i, 7.) bin racoe[)tant pour esclave, le maître s'engageait tacitement a IVpouser; il pouvait lui donner pour mari tiOQ'âU iilaé s'il ne voûtait pas la prendre pour lui-mômo. Ne Tayant Taadae que par mUére, ie père devait racheter sa fllle dès qu'il 1» pouvait» à moîos qu'elle ne fût Agée de plus de dooie ans, auquel cas ' 4taai maleore, aon père ue défait ni la rendre, ni la marier contra non gré. Enfin, le pèrone devait rendre aa fille qu'à ceux dont elle f)o u \ a 1 1 derenir l'épouse légitime. (Kiddouseh, I, c— Miinion, l, c. u, il. 12.)
(Voir : Zadoc-Kabu : — L'Esc'aoagê t$Um ift BibU «I le Talmud.)
La loi de Mofoe a su faire la part des faiblesses humaines et céder aux exigences do tempe. TovA en se montrant opposée àlapoly*
garnie, elle la tolérait; toaten mettant des entrares au diforee, elle
l'autorisait; et pleine de répugnance pour l'esclavage, ^lle sot par la pratique et les recommandations leeptoschaffitables pour le temps,
faire de resclav.ifre héhreu, si mal connu et si dénaturé, une sorte d'insiiiuiion de donii^siiciié et d'or^'aiiisation de la polygamie qui n'a rien de comparable avec l'esclavajje des îiutres peuples anciens et pariiculiùrement avec celui des liomains, lequel donnait au maître droit de vie et de mort sur ses esclaves.
(2) Victor Benne({uin, Introduction hittoriqui à Cètude de la UgiilaiioH françoia*
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