‹ Le mariageChapitre 6 sur 52 · LIVRE PRBMnffî · texte numérisé non relu

LIVRE PRBMnffî

cher raccroissement de la foitune des collatéraux.

Chez les Gaulois « les femmes jouissaient en gé* néral de moins de considération que chez les Germains. Le mari avait sur elles droit de vin et de mort et lorsqu'on les soupçonnait d'un attentat à la vie de leur époux, un tribunal de famille, composé , des» parents du mari, pouvait sans Tintervention du magistrat, les soumettre à la mémo torture que les esclaves (i). > — Les Gaulois possédaient à Tégard de la femme les mêmes lois à peu près que lefe KomainSy c*est-à«dire que la femme y était aussi absolument à la merci du mari, qui était son père, son juge et parfois son bourreau. Les Germains; seuls avec les Hébreux, nous offrent, de bonne heure» Texemple d'un peuple plus pénétré du seiitiraent de l'humanité à l'égard de la femme ; et ce respect de la femme se rencontre chez eux avec une austérité de mœurs très-grande et une sévérité dans le mariage qui a frappé Tacite» c Dans* ce pays, nous dit-il, les mariages sont sévères; on n'y rit point des vices, corrompre et. céder, à la corruption ne s'y appellent pas élégance et . boa ton. Mais les plus sages des tribus germani^ ques sont celles où les femmes ne se marient que viergesy et où on ne leur permet qu'une fois l'espoir

(l) Oinud, EwU lur I kUtoin du draUfranpaii au moyen dgê.

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et le vœu d'être épouses. Ainsi les femmes ne peuvent avoir qu'un mari comme elles n'ont qu'un corps et qu'une Ame» afin que leur pensée ne voie rien au delà et qu elles aiment dans leur mari,, non le mari, mais le mariage. » Singulière philosophie et singulière pratique que celle qui fait aimer, dans le mari, le mariage, et qui montre bien toute la force que les Germains prétendaient donner à l'institution. Par ce côté, dont la moralité est saisissante, les Germains élèvent le mariage, d'un premier bond, à la hauteur de la monogamie. C'est chez les peuples on la femme est respectée que le mariage se trouve le plus fortement constitué.

Par la place qu'elle occupe dans la société, par la manière dont elle est traitée , la femme marque l'importance de l'institution du rapport des sexes dans chaque civilisation , elle sert au mariage, pour ainsi parler, de dynamomètre. — Tantôt la femme s'assied seule au foyer de l'homme et écoule son existence avec lui ; le plus souvent elle partage sa place avec d'autres femmes de la même condition : Ici règne la monogamie et là la polygamie. — Ou peut affirmer qu'à l'origine^ tous les peuples, sans en

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excepter un seul, soot^oljgames comaie ils sont po* lythéistes. La nature leur offre la variété, la multiplicité, tautes sortes d'images cuûCases, premier reflet . <le la création dan$ rftme humaine. Hs inclinent, ] saas hésitation et sans mesure, à l'adoration de toutes les images de la force, ils personnifient ce qui est inerte ; et, sans effort, passent4e la contemplation à Tanthropomorphisme. — Ne sachant pas. encore ce qu'est leur âme, suivant les élans de leurs passions, éprouvant le besoin de se faire servir et sentant toute la supériorité que leur donne la force sur la femme, les hommes des premiers Ages .| durent nécessairement être polygames, comme ils étaient polythéistes. Ce n*est qu'après plusieurs révélations religieuses et les évolutions philoso- | phiques de la pensée à travers des siècles de ténèbres, que la morale, venant à se constituer de plus eo J plus en gagnant à une même opinion un plus grand nombre d'esprits, le mariage pourra, comme toutes -l les institutions sociales, se rapprocher de TexpressioD supérieure de la justice. Ces institutions sociales ; ont eu leur principe dans les religions, c'est-à-dire i dans des croyances toutes faites et non raisonnées. Hais le mariage, en même temps que toutes les institutions du même ordre, est devenu une question de morale, c'est-à-dirè de spéculation philosophique. Et c est par des arguments tout rationnels et tout |

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scientifiques que nous devons établir la supériorité du mariage monogame sur le mariage polygame.

Il est si vrai que le mariage a été, peut-être plus qu'aucune autre, une institution religieuse, que de notre temps même, ie prophète Brigham Young a fait de l'union de l'homme et de la femme une prescription de la religion. « Se soustraire au mariage, dit-il, c'est négliger l'obligation la plus sacrée qui soit imposée à l'homme, c'est commettre le péché (1). » De telle sorte que le mariage est la première loi religieuse des Mormons. Et il est remarquable que cette obligation sacrée soit imposée à une secte d'hommes chez qui la polygamie est nonseulement permise, mais en honneur. Ce sont les pontifes, les gens riches qui possèdent le plus de femmes, de trois à sept, en général, et la considération qui s'attache à ces personnages semble s'accroître à proportion du nombre de leurs femmes. Ceci confirme que pour les Mormons, de même que pour beaucoup de peuples, la femme est un objet de luxe, une superfluité, une distinction de la

richesse et du rang.

Chez les Romains, le mariage était le privilège de la femme riche. Celle qui s'appelait justa mor, la femme légitime, était presque toujours une paln-

(1) Hcpworll> Diion. La NouvelU- Amérique. - Voir aussi te Far-We*t, par M"' Oljmpe AuJoaarJ.

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