‹ Le mariage chez tous les peuplesChapitre 7 sur 22 · H8 LE MARIAGE · texte numérisé non relu

H8 LE MARIAGE

mariage en Europe. Nous nous bornerons à signaler en quelques pages un certain nombre de coutumes nationales qui nous ont paru particulièrement curieuses.

Les Anglais apportent dans le mariage, comme en toute chose, cette simplicité qui les caractérise et dont parfois ils abusent. On pourrait dire, sans trop exagérer, qu'ils se marient incognito. Les cérémonies sont réduites au strict nécessaire. La formule employée par les époux dans la liturgie anglicane est fort belle :

« Jeté prends à partir de ce jour pour la bonne et pour la mauvaise fortune, pour la richesse et la pauvreté, la santé et la maladie, pour t'aimer et te chérirjusqu'àcequelamort nous sépare(l). »

Cette absence de luxe et d'apparat distingue les classes élevées, mais le peuple, surtout en Ecosse et en Irlande, a conservé ses traditions superstitieuses. Dans certaines régions, deux jeunes filles faisant fonction de demoiselles d'honneur déshabillent la mariée. Celle-ci, si elle veut ne pas s'attirer malheur, ne doit pas conserver sur elle une seule épingle. Ses compagnes sont obligées de prendre la môme précaution, si elles tiennent à se marier — et je n'ai pas besoin de dire qu'elles y tiennent toujours.

Ailleurs, au moment où les époux sortent de

(1) « I take thee from tho day forward, fort botter, for worso, for richor, for puoror, in sicknoss, in hoalth. to lovo and to chorish till doatli us do part. >»

On a rapproché cette formule des paroles dont se sort Tacite pour poindre la femme i^ormaine « compagne des travaux et des périls, résolue comme son époux, pendant la paix, pendant la guerre, à tout faire et à tout soulïrir ».

réalise, on jette devant eux un soulier, pour leur porter bonheur.

En Suède, il reste encore trace dans un certain nombre de villages d'une coutume assez singulière.

Au milieu du repas de noces, la nouvelle mariée se lève, prend une coupe d'argent, remplie d'eaude-vie par un domestique, et la présente à chaque invité, qui la vide. Un des personnages les plus considérables suit la jeune femme et tend une assiette dans laquelle on dépose une offrande destinée à l'établissement du ménage. Chaque présent est proclamé à haute voix et accompagné d'une fanfare d'allégresse jouée par la musique.

Au milieu du bal, huit ou dix jeunes filles entourent la mariée, l'enlèvent et la conduisent à l'époux.

Dans la vallée norvégienne de Guldbransdal, arrosée par le Long, les fiançailles et la célébration du mariage sont entourées des plus gracieuses cérémonies.

Il faut longtemps faire sa cour, avant d'obtenir le titre de fiancé, et donner à celle qu'on aime plus d'un bouquet formé des seules fleurs du pays, l'anémone rose et blanche et la violette sauvage. Lorsque le cœur de la jeune fille a laissé échapper le doux aveu d'amour, elle est conduite à l'église avec le jeune homme qui deviendra son époux et, en présence d'un prêtre, on les lie l'un à l'autre pour figurer l'attachement inébranlable qu'ils éprouveront désormais.

Puis la jeune fille rentre chez elle et dans la plus belle salle de la maison, qu'on a ornée de

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