CHAPITRE II
L'Enquête du Curé
Dans notre pays, elle était déjà à la base de toute procédure préliminaire au mariage. Le Code lui donne partout l'importance qu'elle avait chez nous. Dans la plupart des cas, il n'y a pas d'autre enquêteur que le Curé et si, exceptionnellement, l'intervention de l'Ordinaire est requise, c'est précisément l'enquête du Curé qui en révèle la nécessité.
Article Premier. — Voir les futurs
Pour faire sérieusement cette enquête, il faut avant tout, autant que possible, voir les intéressés.
Le prêtre chargé des mariages doit donc insister pour qu'ils se présentent eux-mêmes, surtout quand les personnes qui prétendent les représenter sont inconnues.
La chose est souvent difficile à obtenir quand il s'agit d'ouvriers. Mais il ne faut pas admettre facilement des excuses qui ne seraient pas fondées en raison ^
La simple lecture du Rituel Romain montre l'importance
' Tum sponsum tum sponsam eliam seorsumel caute interroget num aliquo detineantur impedimento, an consensum libère, praesertini millier, prœstent, et an in doctrina christiana sufïicienter instructi sint, nisi ob personarum qualitatera hœc ultima interrogatio inutilis appareat. Can. 1020, §2.
Cest pourquoi MM. les Premiers Vicaires de Paris s'astreignent d ouvrir leurs bureaux une ou deux fois par semaine, de 8 heures à 9 heures du soir, afin d'accueillir les personnes qui n' auraient pu se présenter pendant la journée. V objection : « On est des ouvriers, on travaille » tombe d'elle-même du moment que le prêtre se ?'end ainsi abordable aux heures où on ne travaille plus.
LE MARIAGE GHRETIEN. ^.
LE MARIAGE GIIRETtEN
ia"îompamnon ^^ Cette comparutioii personnelle des futurs i. Elle ne fait fuTurs'devan? cl'ailleurs quc rappeler des principes élémentaires dé théololecuré. gjg morale.
Le Prêtre qui prend la responsabilité de l'administration d'un sacrement, doit se rendre compte des dispositions qu'apportent ceux qui prétendent le recevoir -, de leur degré d'instruction religieuse. La connaissance des principaux mystères de la Religion et spécialement de ce qui concerne le Sacrement auquel le sujet se prépare à participer, est strictement requise.
Comme ce sacrement est un contrat, le prêtre ne doit publier les bans qu'après avoir acquis la conviction que les deux personnes dont on lui apporte les noms sont d'accord '^. Oh est sur alors Gommc cc coutrat sacrcmcnt doit donner naissance à un de"màrir-?est ^ouveau foycr chrétien, il faut que les futurs reçoivent, s'ils seneux. ^^ ^es out déjà, Ics uotious élémentaires de doctrine chrétienne qu'ils doivent transmettre à leurs enfants ^. Or, tout cela ne peut se faire sérieusement si on ne voit pas les On peut se iutéressés. Voir les deux futurs et leui^ parler, c'est bien le deS* dispositions lï^oins qu'ou doivc s'efforcer de faire en présence du canon des futars. j 020 du Codex juvls canoTiici ; des exhortations du Rituel '^ et des instructions de Benoit XIV ^. Le cardinal Gasparri n'hésite pas à dire qu'il y a là une obligation grave '^ . On peut ^^ ^^s futurs sout dc CCS personnes que leurs occupations
^^recevoi'rTe'' ^^ ^^^^ indifférence pratique ont habituées à n'entrer presque
sacrement dans de meilleures
conditions. i THulus VII. Caput I de Sacramenlo Matrimonii n^M, 10, 14, 17 et
. passim.
2 Utrum... secundum honestaiem Sacramenii velint contrahere. Rituale R. de Matrim. n" 1.
3 Utrum sponte, libère... velint contrahere. Rit. Rom. de Matrim. no 1. ^ Uterque sciât rudimenta fidei, cum ea deinde fîlios sues docere
debeant (Rit. Rom. de Matrim. n° 1).
•' Le cardinal Gasparri {de Matrim. n° 186) fait remarquer que Clément X en prescrivant l'enquête d'état libre par devant l'Ordinaire {exa' men testiuni) n'avait nullement entendu abroger les prescriptions antérieures sur l'examen par le curé {cujus pars essentiafis est interrogatio sponsorum),
6 Consiitutio « Nimiam licentiam y) 23 mai 1743. Parocho injunctum est, ut antequam denuntiationes... fiant, ipse tum sponsum, tum sponsam seorsim, caute et ut dicitur ad aurem explorare studeat,..