L ENQUETE DU CURÉ
jamais en rapport avec le prêtre, il serait déplorable de laisser échapper cette occasion unique de les voir, de leur parler le langage de la foi, de les préparer à une confession sérieuse et peut-être à une bonne communion, d'essayer en tout cas, de faire tomber quelques préventions contre la religion et ses ministres.
Si on renonce à les voir, on laisse au confesseur une trop lourde charge ^
C'est un pis aller auquel il ne faut se résoudre que si on craignait d'indisposer le futur récalcitrant au point de lui faire contracter une union purement civile.
Article II. — Faire produire les pièces nécessaires ou utiles
Nous dirons plus loin, à propos des actes de baptême, de la publication et des dispenses, quelles sont les pièces dont la production s'impose.
Mais pratiquement, surtout dans les grandes villes oii on traite souvent avec des inconnus, il est fort utile de regarder tous les papiers que les futurs peuvent faire passer sous les yeux du prêtre, en particulier ceux qu'ils doivent déposer à la mairie : acte de naissance, de décès d'un premier époux, etc., etc.
Il n'est pas rare qu'une erreur se glisse dans les dates ou dans l'orthographe des noms sur les registres de l'autorité religieuse ou de l'autorité civile, que l'état civil d'une personne se soit trouvé modifié depuis le jour de son baptême : reconnaissance d'enfant naturel, légitimation par le mariage, adoption, jugement qui a autorisé à modifier le nom ou à en changer, à en ajouter un nouveau, etc., etc.
1 11 faudra quen quelques instants il s'assure de l'instruction religieuse suffisante des futurs. Ses exhortations à la communion n'aboutiront pas auprès de personnes qui viennent au confessionnal la veille du mariage, souvent le soir, remplies de préoccupations d'ordre matériel pour la cérémonie du lendemain et pressées avant tout d'en finir au plus vite. Enfin, il peut se trouver très embarrassé en découvrant au dernier moment des empêchements que le prêtre chargé des mariages aurait pu faire lever à temps,
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"faire presenLr ^" demandant à voir les pièces de l'état civil, on s'évidéTéuroTvu. *^^^ ^* ^^ évitera aux intéressés des mécomptes au matin de la célébration du mariage. On pourra leur conseiller les démarches nécessaires pour faire rectifier les actes religieux en conformité avec les actes civils, dans le cas ou cela sera possible K On pourra peut-être aussi découvrir des parentés que la lecture des seuls actes de baptême ne révélerait pas.
Donc, sans exiger ces pièces, le curé agira prudemment en demandant à les voir 2.
Elles lui seront très utiles pour rédiger d'une manière correcte le registre sur lequel il est bon d'inscrire, sous un numéro d'ordre, tout qui ce concerne chaque mariage 3.
On y note au fur et à mesure les petits incidents qui peuvent se produire : remise du mariage à une date ultérieure, etc., dépôt des différentes pièces, actes de décès d'un premier conjoint, dispenses accordées, permission de marier accordée par le curé de la future, certificat d'état libre, certificats de publication, actes de baptême, etc., etc. ^.. Mais on y écrit surtout, avec le plus grand soin, toutes les indications qui devront être reproduites sur le registre des jmariages. Cela permet de rédiger l'acte rapidement, sans hésitations et sans recherches nouvelles, au moment de la cérémonie s.
Minuties, j'en conviens, mais qui, en donnant une grande sécurité au point de vue matériel, laissent au prêtre plus de temps et de liberté d'esprit pour parler et agir en pasteur dans ses différentes entrevues avec les futurs.
i Nous rappelons à ce sujet que les rectifications ne peuvent être faites que par l'Ordinaire et que les registres de paroisse ne peuvent être modifiés que sur notification émanant de l'autorité diocésaine.
'- A Paris, dans certaines paroisses, les premiers vicaires affichent, parmi les avis au public concernant les mariages, celui de ne pas porter les pièces à la mairie sans les avoir présentées à la sacristie. Il est en effet impossible de se faire remettre en main les actes une fois qu'ils ont été déposés à fétat civil. On y garde toutes les pièces.
•^ Nous en donnons un modèle, aux documents, o^ partie, cb. 2.
■'* Ce registre est particulièrement utile dans les églises de Paris où, à certains jours, 8 ou 40 mariages peuvent se présenter dans l'espace d'une heure. Aussi est-il tenu au courant avec sollicitude.
o D'un coup d'œil le prêtre chargé des mariages se rend compte de la situation de chaque dossier sans être obligé de le feuilleter.