LÈS EMPÊCHEMENTS DJ RIMANTS 23Ô
L"adultère et la volonté des complices mutuellement manifestée de s'épouser le caractérisent sans qu'intervienne le moins du monde l'idée de conjugicidei.
% 2. Il y a adultère et conjugiclde
L'adultère étant commis, un des deux complices procure la mort de Tépoux légitime.
Il y a eu adultère de la part des deux coupables et conjue^icide de la part d'un seul-. .....
*-' ^ L adultère et le
Les deux crimes se combinent. imeurtre de
l'epoui par an
Les coupables étant surpris par le mari, un duel en ré- des deux
complices.
suite et c'est l'innocent qui y trouve la mort.
La femme n'est pas directement coupable du conjugicide qui est le fait de son complice seul. Il pourrait même se faire que le conjugicide ait lieu sans que la femme le sache.
L'empêchement de crime est réalisé cependant par le double fait : de l'adultère qu'elle a commis et du conjugicide dont seul est coupable son complice dans l'adultère.
Il en serait de même d'ailleurs, si c'était la femme qui commette seule le conjugicide.
§ 3. Troisième espèce. Il y a conjugicide mais pas adultère
Dans ce dernier cas, il faut que le conjugicide soit le fait e^stTe^Sf dls^
(\p^ H PUT ^®"* fnluTS,
uca ucij.3.. mais il n'y a pas
On a machiné ensemble la mort de celui qui gênait. Il a ^" ^^"^'«''^e. disparu.
Il n'y avait jamais eu adultère, l'empêchement n'en existe pas moins 3.
1 C'est par un désir elcessif de tout synthétiser qu on veut voir dans la promesse de mariage la manifestation d'un désir au moins implicite de la mort du conjoint. Quand un divorcé se remarie civilement, il se soucie fort peu, la plupart du temps, de ce qu'est devenu son conjoint.
- Qui, perdurante pariter eodem, legitimo matrimonio, adulterium interseconsummarunteorumque aller coujiigicidium patrarit. Can. I075j
no 2.
3 Qui mutua opéra physica vel morali, etiam sine adulterio, mortem conju^i intulerunt. Can. 4075, 3^
240 Le \lARtA.GE CHRÉTIEN
Le Code canonique ne dit pas que le conjugicide, dans les ! deux cas où il concourt à créer l'empêchement de crime, doit être perpétré en vue de contracter mariage, pour que l'empêchement surgisse.
Les décrétales ne le disaient pas non plus i.
Cependant les canonistcs le pensaient à peu près tous 2.
Leurs raisons valent encore ce qu'elles valaient avant la publication du Code. Il y a encore lieu d'appliquer ici le N" 2 du canon 63, au moins jusqu'à plus ample informé.
En cas de doute, il faudrait demander des dispenses ad caatelani pour les mariages à contracter, et s'il s'agissait de mariages attaqués sous prétexte que l'empêchement de crime n'avait pas été levé, la défense du lien aurait encore de bons arguments à invoquer, malgré le silence du code canonique.
Article VIIL — La disparité de culte
Ici encore, le Code canonique a opéré une mise au point.
Seules les personnes baptisées dans la religion catholique ou qui, ayant été baptisées dans l'hérésie ou le schisme sont revenues à l'unité, sont inhabiles à contracter avec des non baptisés.
C'est le terme d'une longue évolution historique que nous allons exposer brièvement.
S i . Notions historiques
L'empêchement dirimant de disparité de culte s'est introduit par la coutume.
Aucun passage des Saintes Ecritures ne déclare nuls les mariages que les chrétiens contracteraient avec les infidèles, et nous
1 Cf. caput. 4, de Gonversione infidelium III, xxxiii, dont la rubrique dit : Est pulcher et quotidianus casus. // est vrai qu'il s agit des Sarrasins,
2 Cf. Gasparri et les nombreuses références qu'il donne, n° 733.
3 Canones qui jus vêtus ex integro referunt, ex veteris jnris auctorite, atque ideo ex receptis apud prohatos auctores interpretationibus supt aistimandi.
LES EMPÊCHEMENTS MRIMAÎfTS 24l
verrons qu'il faut venir jusqu'au xii« siècle pour trouver des textes canoniques dans ce sens.
Sans doute saint Paul était nettement défavorable à des unions avec des infidèles : « ]Ne vous mettez pas avec des infidèles sous un joug disparate. Car quelle société y a-t-il entre la justice et l'ini- (juité? Ou qu'a de commun la lumière avec les ténèbres? Quel accord entre le Christ et Bélial ou quelle part a le fidèle avec l'infidèle l P »
Mais d'abord il ne s'agit pas ici de mariage d'une façon précise. Et si on objecte que lunion matrimoniale étant la plus intime de toutes, c'est à elle surtout que s'appliquent ces paroles, on peut toujours mettre en parallèle le passage où l'Apôtre interdit à l'époux qui est devenu un fidèle de quitter celui qui est resté païen parce que « le mari infidèle est sanctifié parla femme fidèle et la femme infidèle par le mari fidèle 2. »
Ce second passage prouve qu'il n'est pas intrinsèquement contraire à la loi chrétienne d'être en mariage avec un infidèle.
De là une hésitation qui se traduit dans la pratique chrétienne primitive par une tolérance, dont saint Augustin est le témoin. H dit que, de son temps, ce que saint Cyprien réprouvait n'est phis considéré comme une faute 3.
C'est la loi civile qui nous apporte le premier texte juridique prohibitif ^.
Les conciles particuliers se multiplient au vi<^ siècle, dont les canons interdisent ces mariages ^.
Au fur et à mesure que les chrétiens se multipliaient, les C'est la coutume.