SCÈNE IX ADRIEN, LÉOGADIE
ADRIEN
Est-ce un leçon de convenance que madame la duchesse d'Ermont veut donner à son mari ?
LÉOGADIE.
Moi, monsieur le duel... vous donner une leçon!... laquelle donc?
ADRIEN
Une leçon, voulant dire que j'ai eu tort d'entrer chez vous un cigare à la bouche. Je le reconnais , la leçon est méritée ; vxw, excusez-moij ce n'est pas ma faute ; c'est la faute... '
LÉOGADIE.
De qui donc?
ADRIEN
De l'habitude. Quand on fume toujours, on ne s'aperçoit j>lus qu'on fume.
LÉOGADIE.
M. le duc d'Ermont ne connaissait donc que des femmes chez lesquelles il fumait, sans faire de différence entre elles?
ADRIEN
Maintenant, toutes les femmes, sans exception, permettent qu'on fume.
LÉOGADIE,
Chez elles?... Croyez-le bien, ce n'est pas pour moi que je me periDets de vous faire celte question; car, ici^ ce n'est pas chez moi que vous êtes, c'est chez vous..
ADRIEN
Que veut dire cette doucereuse parole. . . remplie d'amertume ?
LÉOGADIE.
Cette .parole sans amertume veut dire que, dans une heure, je serai rentrée dans la maison de mon père, pour ne plus la quitter.