SCÈNE III
PAULINE, BAODEL.
BAUDEU
Je mets quelqu'un en fuite I
PAULINE
Ma cousine.
BAUDEL.
Je le regretterais si Ton [)0uvait regretter quelque chose auprès de vous, comtesse.
PAULINE, allant chercher un petit miroir à main placé sur la console è droite et faisant signe à Bandel de l'aiseoir.
Très-galant I
BAUDEL, à part.
EUe est seule I à merveille I... profitons des conseils de Montrî-
Chard , et que Buckingbam me protège, (n arance la chaise près de PauUne.)
PAULINE, l'asseyant sor le canapé.
Est-ce que monsieur de Montrichard est malade, que nous voyons Pylade tout seul ?
BAUDEL, l'asseyant.
Non, madame, non ; il doit venir vous présenter ses hommages.
Savez-vous que votre amitié est digne des temps de la thevalerie?
BAUDEL. VvL^^''
Cimentée dans notre sarig... mais je dois une revanche à Montrichard et je crois que je la lui donnerai bientôt,
PAULINE
Comment? deux inséparables I
BAUDEL.
Que voulez-vous? il est absurde! il m'exaspère I croiriezvous qu'il s'obstine à trouver une ressemblance impertinente entre vous...
PAULINE, se regardant dans 1« miroir.
Et cette pauvre fille qui est morte en Californie, je sais cela. — Est-ce que vous n'êtes pas de son avis?
BAUDEL.
11 y a quelque chose, j'en conviens.,, elle vous ressemblait comme l'oie au cygne.
PAULINE
Merci pour elle I
BAUDBL.
Elle n'avait pas cette grâce, cette distiDCtion, ce cachet aristocratique I
Montrichard prétend qu'on l'aurait prise pour ma sœur...
BAUDEL.
Votre sœur de laid... I, a, i, d. (n rit.) v>V^
PAULINE
Le mot est charmant... Mais vous n'âtes pas poli pour les femmes que vous avez aimées... car vous avez aimé dites* vous, cette Olympe?
BAUDEL.
Pas du touti c'est eue qui s'était monté la tête pour moi.
PAULINE
Vraiment? (A part) Aussi menteur que bote.
BAUDEL.
J'ai eu toutes les peines du monde à lui faire entendre raison : ne parlait-elle pas de s'asphyxier !
PAULINE
Est-il possible I C'est peut-être le chagrin de vous perdre qui l'a poussée en Californie?
BAUDEL, se lève.
J'en ai peur. Mais voilà comme va le monde : nous n'aimons pas celles qui nous aiment, et nous aimons celles qui ne nous aiment pas. Vous vengez cette pauvre créature, madame la comtesse.
PAULINE
Je croyais vous avoir interdit ce sujet de conversation.
BAUDEL.
Hélas! de quoi voulez-vous que je vous parle?
PAULINE, pose le miroir sur le canapé.
De tout le reste, du raqut d'hier, si vous voulez.
( BAUDEL.
Il était charmant.
PAULINE
Prenez garde! c'est un piège que je vous tends; je vais juger de votre goût. Comment avez-vous trouvé ma voisine f
BAUDEL.
Laquelle?
AGTB II, SCÈNE IIL id
PAULINE
Ma voisine de droite , la maigre , celle qui avait sur la tète toute une autruche... dont les pieds passaient sous sa robe?
BAUDEL.
Ah ! ah 1 vous êtes méchante 1 Eh bien , je trouve qu'il faut être un naturaliste endiablé pour la classer parmi les mammifères.
PAULINE
Pas mal. — Et la maîtresse de la maison, avec tous ses dîa* mants?
BAUDEL, à part.
Diable 1 Montrichard n'a rien dit sur céUe-tt*
PAULINE
Eh bien?
Tai trouvé ses diamants superbes.
PAULINE
Us ressemblent à ses dents, il y en a la moitié de finiE.(flto
BAUDEL, à part.
Quelle transition ! (hj»».) Vous vous y connaissez donc, comtesse?
PAULINE
Toutes les femmes sont des joailliers en chambre.
BAUDKiL. 4^, t
Voulez-vous me dire votre avis sur ce colifichet? (n tire nn écHm
éê M poolM ei roarre.)
PAULINE
C'est très-beau I la perle du milieu est magnifique. Mait qu'avez-vous à faire d'une rivière? ,-.