ACTE II, SCÈNE XIII
PAULINE
Demande à MonU^ichard, et enlève les assiettes, (irma le lère et
prend les assiettes.)
IRMA
Est-ce qu'elle s'ennuie, Montrichard?
MONTRIGHARD, servant da ponlet
Parbleu I
IRMA
Ce n'est pas Dieu possible! une comtesse I
PAULINE
Je ne sais pas comment les grandes dames peuvent s'habituer à la vie qu'elles mènent.
MONTRICHARD
On les prend toutes petites.
IRMA, à PanUne.
Du cresson, sans te commander. — Est-ce que ton mari n'est pas bon pour toi ?
PAULINE
Je n'ai pas à m'en plaindre, le pauvre garçon I mais il ne m'aime plus I
MONTRICHARD
Alors il doft vous détester. Est-ce qu'il y a eu explication?
PAULINE
Aujourd'hui même.
MONTRICHARD, à paît»
Boni
Ah I j'ai fait un sot mariage I
6i LE MARIAGE D'OLYMPE.
IRMA
Pauvre chatte! tu me coupes l'appétit!
MONTRICHARD
Avec les sots mariages, on fait des séparations bien sptrituçlles.
IRMA, buvant.
Il a raison, Montrichard, il me rouvre Fappétit... il faut te séparer. (EUe se verse à boire.) Tu gardes ton titre de comtesse, vingt-cinq mille livres de rentes, et tu t'amuses t
PAULINE
Henri ne veut pas entendre parler do séparation.
IRMA
Puisqu'il ne t'aime plus I
PAULINE
Il a peur que je ne galvaude son nom.
MONTRICHARD
L*impertinentl
IRMA
Il faut le mettre dans son tort... sévices, injures graves, article 234 ... On aposte des témoins et on se fait souffleter.
n est trop niais pour battre une femme.
MONTRICHARD
Faites-vous enlever ; Baudel est là.
IRMA
Vous êtes bon, vous ! Séparation pour cause d'adultère, ça rapporte de trois mois à deux ans de prison.. . article 308.
I>AULINS.
C'est tout ce qu'il désire.
MONTRICHARD
Moi? (n boit.)
PAULINE
Croyez-vous que je ne voie pas dans votre jeu ? Vous attendez pour démasquer vos prétentions conjugales le jour où cette illustre famille aura l'oreille basse, et vous me poussez à un» escapade, sans vous soucier de ce qu^il m'en coûterait.