‹ Le mariage d'un roi, 1721-1725Chapitre 23 sur 34 · Voy. Ibid · texte numérisé non relu

Voy. Ibid

iZÎ LE MAIUAGE D'UN ROI.

même temps l'ardent désir d'èlre enfin délivré de ses pénibles incertitudes : « J'espère, par la grâce de Dieu, que cela finira bienlôl, selon la lettre que M. Vauchoux a eue hier du 16, par laquelle on lui mande que l'on était fort satisfait des éclaircissements et hors de toute inquiétude, et qu'on ne songeait plus qu'à en donner connaissance au public par la déclaration des intentions du roi, laquelle, à juger selon le courrier qui doit apprendre l'entrée de rimante en Espagne, se pouvait faire demain, ce que nous ne pourrons point savoir avant dimanche ou lundi. I']n attendant, patience et résignation aux volontés de Dieu! » Il ajoutait dans la même lettre : € Je vous assure que je fais tout ce que je peux pour pouvoir aller jusqu'au bout, et je voudrais ne point changer en rien mon ancien train de vie, si je pouvais me dispenser de recevoir des visites. »

Le premier ministre, une fois rassuré sur la santé de Marie Leczinska, avait enfin pu satisfaire aux vœux ardents de Stanislas et préparer la prochaine réalisation d'une union destinée à rencontrer de si nombreux obstacles.

Il venait en premier lieu de fixer, non point au 26 mai, comme le portait la lettre reçue par Vauchoux, mais au lendemain 27, le jour de la déclaration du mariage, et s'était empressé d'en prévenir

Stanislas, qui dut en recevoir la nouvelle au momeal où il avait expédié la lettre que nous venons de citer. Puis il avait, le 18 mai, fait écrire par Louis XY au roi et à la reine d'Espagne, pour les informer du nom de la princesse sur laquelle il croyait devoir fixer son choix et leur exposer de nouveau les motifs de sa résolution. En l'absence de représentants officiels des deux gouvernements, ces lettres furent transmises par le nonce de Paris à celui de Madrid, avec prière de les remettre à Leurs Majestés Catholiques. M. le duc espérait, non sans raison, par celte démarche de convenance, dont aurait pu le dispenser le refus réitéré de recevoir les premières lettres du roi, et par de nouvelles assurances de respect et d'affection, préparer un rappro- I hement entre les deux pays. Louis XV écrivait en ces termes à son oncle * :

Monsieur mon frère et oncle,

Je n'aurais rien désiré plus parliculièrement que de consulter Votre Majesté sur la princesse que je pouvais choisir pour épouse; mes sentiments pour Votre Majesté, et la tendresse dont Elle m'avait donné jusqu'à présent tant de preuves, m'auraient porté également à me déter-

i. Voy. Archives des affaires étrangères, Espagne, ili5,'^ol.

«liner par ses conseils en celte occasion ; mais, forcé par les conjonctures à me refuser encore cette satisfaction, je n'ai pas voulu au moins différer de lui faire part du choix que j'ai fait de la princesse Mario, fille du roi Stanislas, pour épouse. Quoique Votre Majesté ne put avoir aucun doute sur les véritables motifs de la résolution qui fait aujourd'hui le sujet de sa juste douleur et de la mienne, Elle jugera cependant encore par ce choix qu'en môme temps que j'ai fait céder mes désirs les plus chers à ce que le bonheur de mes peuples et leur consolation ont exigé de moi, je me suis déterminé pour cette princesse par tout ce que j'ai jugé qui pouvait être le plus conforme au bien et à la gloire de la religion. Quelque grande que soit Timpalience de mes sujets sur la déclaration de mon mariage, j'ai cru devoir à Votre Majesté et à moi-même le silence que j'ai gardé et que j'observe encore à cet égard, et cela par un effet du soin que j'aurai à informer toujours Votre Majesté, avant qui que ce soit au monde, des résolutions importantes que je pourrai prendre ; c'est la moindre marque que je puisse lui donner de mon attention, et je la prie d'être persuadée qu'il n'en est point de témoignage qn'Elle ne doive attendre de la sincère amitié que je conserverai toujours pour Elle.

Je suis, monsieur mon frère et oncle, bon frère et bon neveu, de Votre Majesté,

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