‹ Le mariage de Jeanne d'AlbretChapitre 18 sur 66 · Bibl. nat., f. fr., vol. 2979, f. 123. Copie du tenjps · texte numérisé non relu

Bibl. nat., f. fr., vol. 2979, f. 123. Copie du tenjps

'2. Dumont, Corps diplomatique, t. IV, 2« partie, p. 160.

3. Conrad de Héresbach, né le 2 août 1496, mort le 14 ootobre 1576, devint en 1523 gouverneur du prince Guillaume et plus tard son conseiller intime, fonctions qu'il garda plus de quarante ans. Il remplit aussi des fonctions diplomatiques. Il a laissé des commentaires sur Hérodote, Thucydide, Strabon, les psaumes de David et des traités de grammaire, le tout en latin.

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Bien que par son origine le duc Guillaume appartint à une famille dévouée à la France et que sa mère fût l'ennemie héréditaire de la maison d'Autriche, il ne se montra pas d'abord hostile à la suprématie de Gharles- Quint; il demanda la main d'une de ses nièces, Christine de Danemark, veuve de François-Marie-Sforce, duc de Milan ^ C'était un essai de réconciliation. En attendant le résultat de ses démarches, en prévision de l'avenir, il s'efforçait de s'établir fortement à l'intérieur de son duché : c £t va ledict jeusne duc de Clèves, € dit Marie de Hongrie, d'une ville à l'autre, audict c pays de Gueldres, s'asseurant et fortifiant son cas le c plus qu'il peult et praticquant lighes avec les princes € ses voisins^. > A l'extérieur il cherchait des alliés; Henri VHI allait épouser sa sœur, Anne de Clèves; il obtint sa médiation^. En même temps il entretenait les relations traditionnelles de sa famille avec la cour de France. Au mois de janvier 1 540, tremblant du sort que lui réservait l'empereur, en marche vers les Pays-Bas, il envoya au connétable de Montmorency un messager de confiance, Herman Cruser, docteur en droite L'ambassade arrivait à propos. Une extrême froideur, causée par les tergiversations de Charles-Quint à l'occasion du Milanais, avait remplacé l'intime amitié des deux rois. Le dépit du jeune duc promettait à la France un alhé aussi fidèle que l'avait été son oncle ; le roi apprécia le secours que pouvait

1. Papiers d'État de Granvelle, t. H, p. 559, dans la ColL des doc, inédits; instruction de Gharles-Quint datée du 5 nov. 1539.

2. Lettre de Marguerite d'Autriche à Tempereur (Lans, Corres-^ pondance de Charles-Quint, t. H, p. 295).

3. Mémoires de Bibier, t. I, p. 497 et 500. — 4. Id., p. 494.

apporter à sa politique l'appui de la maison de Glèves, Tune des plus puissantes du nord de T Allemagne. Il répondit avec empressement à ces avances. Une correspondance active s'engagea d'abord secrètement entre la cour de France et celle de Dusseldorf ' ; le duc autorisa même le comte d'Oldenbourg à faire une levée d'honunes dans ses états au nom du roi *. Mais l'alliance restait précaire tant qu'elle n'était pas cimentée par des actes. L'amitié que l'intérêt du jour avait nouée pouvait être rompue par l'intérêt du lendemain. La situation personnelle du duc permettait de songer à d'autres liens ; il avait vingt-quatre ans, il n'était pas marié et rien ne s'opposait à ce qu'il choisit une femme parmi les princesses de la maison de Valois. Il demanda Jeanne d'Âlbret, alors âgée de douze ans. Sa prétention n'avait rien d'extraordinaire. Vingt ans auparavant, une sœur du roi de Navarre, Catherine d'Albret, avait failli épouser le duc de Brunswick, prince allemand d'un rang inférieur à celui du duc de Clèves^ En 1 533 une autre sœur du même prince, Isabeau^avait été proposée à Frédéric de Bavière ^ Herman/Cruser présenta les propositions de son maître et les pourparlers se poursuivirent mystérieusement^.

1. Ces documents sont conservés aux archives de Dusseldorf et forment un recueil factice relié avec une pagination suivie (Julich-Berg, n» 17).

2. Lettre de François I«' à Guillaume de Glèves du 25 mars 1540 (Julich-Berg, n» 17, f. 36).

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