Il faut lire vostre frère
Yesta de vert, comme un bouquet
De marjolaine. Et au dit lieu
M'ha suivie mon escurîeu,
Lequel tout le long de Tannée
Ne porte que robe tannée.
J'ay aussi, pour faire le tiers,
Amené Bure ^ en ces quartiers,
Qui monstre bien à son visage
Qui des trois n'est pas le plus sage.
Ce sont là des nouvelles nostres :
llandez-nous, s'il vous plaist, des vostres.
Et d'autres nouvelles aussi.
Car nous en avons &ute icy.
Si de la court aucun revient,
Mandez-nous, s'il vous en souvient,
En quel estât il la laissa.
Des nouvelles de par deçà :
Loire est belle et bonne rivière,
Qui de nous revoir est si fiere
Quelle en est enflée et grossie
Et en bruyant nous remercie.
Si vous l'eussiez donc abordée
Je croy quelle flist desbordée :
Car plus fiere seroit de vous
Quelle n'a pas esté de nous :
Mais Dieu ce bien ne m'ha donné
Que votre cbemin adonné.
Ce soit icy : et fault que sente
Parmy ceste joye présente
La tristesse de ne vous voir.
Joye entière on ne peut avoir.
Tandis que Ion est en ce monde :
Mais afin que je ne me fonde
Trop en raison, icy je mande
1. Un sieur de Bures, gendre de Jean Ange, était un des serviteurs de la reine de Navarre. {Lettres de Marguerite d'Angouléme, t. I, p. 218.)
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A VOUS et à toute la bande,
Qu'EsUenne, ce plaisant mignon,
De la danse du compaignon,
Que pour vous il ha compassée,
M'ha jà faict maistresse passée,
De fine force, par mon ame.
De me dire : Tournez Madame.
Si tost qu'ensemble nous serons.
Si Dieu plaist, nous jà danserons.
Ce temps pendant, soit loing, soit près,
Croyez que je suis faite exprès
Pour vous porter obéissance.
Qui prendra tousjours accroissance
A mesure que je croistray :
Et sur cela fin je mettray
A Fescrit de peu de value
Par qui humblement vous salue
Celle qui est vostre sans cesse,
Jane de Navarre princesse ^
Marguerite allait voir sa fille quand elle pouvait s'échapper de la cour. Ces entrevues étaient fort tendres et les séparations douloureuses. Il reste de Tune des visites de la reine de Navarre un monument admirable, une pièce de vers où elle laisse aller tout son cœur. Elle avait passé quelques jours auprès de sa fille ; au moment du départ, elle vient, avec ses dames, prendre congé d'elle. D'abord la dame de Gramont, dame d'honneur, exprime ses regrets; puis, la sénéchale du Poitou, mesdemoiselles de Gramont, d'Artigueloube, de la Benestaye, de Clermont, de Brueil, de Saint-Pather disent chacune leur couplet. La petite Françoise elle-même, forcée de quitter sa royale compagne, prononce ces vers charmants :