‹ Le mariage de Jeanne d'AlbretChapitre 4 sur 66 · Œuvres de Clément Marot, 1700, t. II, p · texte numérisé non relu

Œuvres de Clément Marot, 1700, t. II, p

DE JEANMB D*ALBRET. 11

Plus j'ay de toy souvent esté battue Plus mon amour s*eflforce et s'esvertue De regreter ceste main qui me bat :

Car ce mal là m'estoit plaisant esbat.

Or, adieu donc, la main dont la rigueur Je préférois à tout bien et honneur.

La reine Marguerite, la dernière, fait ses adieux :

Si ces adieux font pleurer qui les oyt Ou qui les list, ou sur papier les voit.

Que feroit Ton si j'y mettois les miens?

Par quoy vaut mieux que je n'y mette riens.

Mais à celuy, auquel sommes unis, Sans estre plus séparez ny bannis, Vois supplier que tant de biens nous fece Qu'icy et là demourions en sa gi-ace ^

Deux ans après la naissance de Jeanne d'Âlbret, Marguerite avait eu un fils, Jean d'Albret, qu'elle perdit, le 25 décembre 1 530. La mort de cet enfant faisait tomJ^er en quenouille le petit royaume de Béarn. Les regrets du roi et de la reine de Navarre sont attestés par ces vers de Marot, adressés en forme d'étrenne à lem* unique héritière :

La mignonne de deux rois,

Je voudrois Qu'eussiez un beau petit fipere Et deux ans de votre mère,

Voire trois 2.

1. Les Marguerites de la Marguerite des princesses, Lyon, Jean de Tournes, 1547. Cette pièce porte pour titre : Les adieux des dames de chez la royne de Navarre, allant en Gascogne, à Madame la princesse de Navarre.

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