Mémoires de du Bellay, liv. VIII et IX
DB JBANNB d'aLBRET. 195
€ de son rang ne devaient pas ressentir les blessures, € mais au contraire prendre plaisir à bastir leur repu- € tation sur les ruines de leur corps * » .
La campagne de 1544 s'ouvrit avec éclat pour les armes françaises par la victoire de Cerisoles, mais la jfin fut moins heureuse ; Gharles-Quint envahit la Champagne au mois de juillet, prit, pilla Saint-Dizier et Ghâlons et menaça Paris. Le roi, malade et de plus en plus affaibli, retrouva Ténergie du vainqueur de Marignan. Il rentra de Fontainebleau dans sa capitale, parcourut les rues à cheval, arma les bourgeois et les étudiants, les fit manoeuvrer sous ses yeux et ranima le cœur des habitants par son attitude intrépide. Une armée anglaise prit Boulogne, mais ne put avancer. L'empereur lui-même, trop éloigné de sa base d'opérations pour ravitailler facilement ses troupes victorieuses, recula jusqu'à Crespy-en-Laonnois. Il y reçut l'amiral Annebaut, qui venait lui demander la paix. Le traité fut signé le 1 8 septembre sur les bases de la trêve de Nice ; en outre, il fut stipulé que le duc d'Or^ léans épouserait, au choix de l'empereur, ou l'infante Maria de Gastille ou la princesse Anne, fille du roi des Romains. Par une convention secrète, ajoutée à l'acte ofiSciel, le roi s'engageait à protéger le catholicisme, même par les armes, à accepter un concile œcuménique à Trente, à Gambray ou à Metz, suivant la volonté de Charles-Quint, à aider de son influence la pacification de l'Allemagne et à prendre les armes contre le Grand-Turc ^