‹ Le mariage de Jeanne d'AlbretChapitre 41 sur 66 · Bouille, Hist. des Guises, t. I, p. 141 et suiv · texte numérisé non relu

Bouille, Hist. des Guises, t. I, p. 141 et suiv

2. Sommaire de chancellerie en espagnol (Arch. nat., E. 1462, n* 68).

Le duc de Glèves ne s'était pas laissé oublier par Tempereur pendant la durée de la guerre. Désireux de cimenter le traité de Yenloo et son alliance de fraîche date, il demanda la main ou de l'infante Maria, ou de la princesse Anne, fille de Ferdinand, roi des Romains, et nièce de l'empereur. L'ambassadeur de Qlèves en Angleterre, Karl Harst, fut envoyé à Bruxelles et chargé de poursuivre les nouvelles négociations matrimoniales du duc Guillaume^. Tous les ambassadeurs, tous les témoins pouvaient attester que son mariage avec la princesse de Navarre n'avait pas été consommé et se réduisait à une cérémonie solennisée par des fêtes de cour. La lettre de Jeanne d'Albret à Drimborn, congé donné en bonne et due forme, arrivait à propos pour libérer le duc de tout engagement. Elle fbt soumise à l'empereur à l'appui des démarches de Karl Harst. L'empereur ne la trouva pas assez expUcite. Dans une consultation raisonnée et probablement délibérée avec les membres de son conseil, il reconmiandait au duc de Clèves de se méfier des embûches qui lui seraient tendues. Quant à la réponse de Jeanne d'Albret, il observait que t combien elle soit esté faite par ladite « fille et signée d'elle, si démontre clerement l'artifice € d'icelle, qu'il ne luy a défailli conseil, mesmes des € principaux serviteurs et conseillers dudit roy de € France, presens à ladite response. » Voici, dans la pensée de Charles-Quint, où se trouvait le piège: la princesse de Navarre t déclare expressément € et clerement par ledit escript que tout ce qu'elle a

1. Lettres de Karl Harst du 2 décembre 1544 (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 533).

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c fait et promis a esté par force et craincte et par les « plus estranges rigeurs du monde...., que lesdits « oncle, père et mère sont deschargés et acquittés de « leur promesse quant à faire ledit mariage...., aussi

c ladite fille Et pour conclusion se voit clerement

« que, ores ladite fille se tienne pour libre, néantmoins « prétend-elle tenir ledit duc suspens et incertain ^ » Nous verrons plus loin que la perspicacité des docteurs impériaux ne s'égarait pas dans cette circonstance. Le roi de France, obligé de renoncer à Fappui du duché de Clèves, prétendait à la fois et n'être point lié vis-àvis du duc au sujet de Jeanne d'Albret et maintenir le duc dans ses engagements, afin de l'empêcher de contracter de nouvelles alliances.

L'affaire resta en suspens jusqu'au traité de Grespy (1 7 et 1 8 septembre 1 544) . Une des clauses de cet acte portait : Attendu que le duc de Clèves a déjà demandé sa fenmie comme l'ayant épousée légitimement, mais que ladite fille et ses parents protestent contre ce mariage comme ayant été fait contre leur gré, attendu les protestations qu'elle a déjà faites, le roi fera délivrer audit empereur dans les six semaines c ladite protestation < en forme authentique, comme elle a été passée, avec c expresse déclaration de la volonté de ladite fille, « pour en bailler raison au duc de Clèves * > .

Antoine Perrenot, évêque d'Arras, connu plus tard sous le nom de cardinal Granvelle, était venu en France pour assurer l'exécution du traité de Crespy . Le secré-

1. Archives de Bruxelles, Coll. de Doc. hist., t. Vn, p. 123, copie. — Cette pièce est imprimée aux Pièces justificatives,

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