‹ Le mariage de Jeanne d'AlbretChapitre 42 sur 66 · Léonard, Recueil des traités de paix, t. H, p · texte numérisé non relu

Léonard, Recueil des traités de paix, t. H, p

taire d'État, Guillaume Bochetel, lui remit, le 27 septembre, une expédition authentique des deux protestations de Jeanne, datées Tune de la veille, l'autre du jour de la cérémonie. Mais ces deux actes ne parurent pas suffisants à Granvelle. Dans une conférence avec Olivier, chancelier d'Âlençon, il demanda que la princesse signât une déclaration notariée et pardevant témoins. Le chancelier se porta garant de l'empressement de Jeanne d'Albret*. Le 11 octobre, l'acte fut dressé à Âlençon pardevant les notaires Landier et Mabou. Voici un extrait de cette pièce : t N'ay voulu € ny entendu prendre pour mary ledit duc de Clesves, € conmie aussi je ne le veulx ni entends prendre pour € mary ; et ce que j'en ay dict de bouche a esté par c force et contraincte, tout ainsi qu'il est contenu « ausdites protestations, et encores je y parsiste*. > Un secrétaire du roi, Guillaume Le Coustelier, fut chargé d'apporter à l'évêque d'Arras une expédition authentique de la protestation nouvelle^.

Les trois protestations furent transmises à l'empereur et au duc de Clèves. Guillaume consulta le docteur Jean Gropper (Gropperus), Jean de Weeze, évêque de Constance, et surtout l'électeur de Saxe. Tous trois conseillèrent au duc, avec force récriminations contre le roi de France, de s'adresser au pape, qui seul avait le droit d'annuler le lien religieux.

1. Protestations de la princesse; lettres de Granvelle du 2 octobre 1544 (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n° 17, f. 571,572 et 588).

2. Lettres de Marguerite d'Angoulême, édit. de la Soc. de VHist. de France, t. II, p. 289.

3. Lettre de Guill. le Coustelier du 11 octobre 1544 (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, f. 654).

Le bruit s'était répandu qu'à la suite des stipulations de Crespy, François P' allait marier sa nièce avec Philibert de Savoie suivant les uns, avec Maximilien d'Autriche suivant les autres. Cette circonstance, jointe au crédit de l'empereur, assurait le duc de Clèves de la décision du pape'. Mais pour se présenter devant la chancellerie romaine, de nouvelles formalités étaient nécessaires ; l'autorité civile seule, par la présence des notaires et des témoins, avait présidé aux protestations de la princesse ; il fallait que Jeanne renouvelât ses déclarations devant les pouvoirs ecclésiastiques. Le duc de Clèves montrait autant d'ardeur à défaire son mariage que précédemment à le parfaire. Il espérait épouser une des filles de Ferdinand et craignait de laisser échapper cette grande alliance. Charles-Quint prêta avec joie le ministère de son ambassadeur en France, Jehan de Saint-Mauris, à cette négociation. Il lui écrit le 7 janvier 1 544 (1 545) : « Notre cousin le € duc de Clèves nous a fait savoir par son ambassa- € deur, cy-résident, conune il ne trouve les protesta- € tions et renonciations faites par la princesse d'Âlbret <K suffisantes; ains désireroit, pour sa plus grande € sheurté et satisfaction, qu'elles se fissent en présence 4 de quelque cardinal et autres évêques de qualité*. > Quelques jours après, le 27 janvier, l'empereur écrivait encore de Bruxelles à son ambassadeur : c Tou-

i. Lettres du duc à l'électeur de Saxe, à Gropper, à l'évêque de Constance, datées du 17 octobre; réponses des mômes au duc; lettre de Jovius du 18 octobre, et de Télecteur de Saxe (Arch. de Dusseldorf, Julich-Berg, n» 17, f. 527, 529, 531, 542, 546, 549, 541 et 550).

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