‹ Le mariage de Jeanne d'AlbretChapitre 44 sur 66 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Nouvelles négociations du roi de Navarre et de Charles- Quint. — Mort du dm d'Orléans. — Mort de François de Bourbon- Vendôme y comte d^Enghien. — Rivalité de la duchesse d'Estampes et de Diane de Poitiers. — Mort de François /•'• — Avènement de Henri IL — Pourparlers du mariage de Jeanne d'AWret avec le duc de Vendâms. — Antoine de Bourbon et François de Lorraine. — Résistance du roi de Navarre. — Voyage du roi en Piémont. — Insurrection en Guyenne. — Entrée du roi à Lyon. — Le roi de Navarre rejoint la cour à Moulins. — Mariage de Jeanne d'Albret et d'Antoine de Bourbon.

Pendant la durée de la campagne de 1543 et de 4544, Henri d'Albret était resté en Béarn. Depuis le siège de Perpignan, il désespérait de reconquérir la Navarre par les armes puisque l'alliance du roi de France ne lui apportait aucun secours, et même par les moyens pacifiques puisque sa fille était unie au duc de Clèves. Il fortifiait ses places, surtout Navarreins, et se préparait à faire face à tous les dangers, qu'ils

vinssent de la France ou de TEspagne. Les rapports d^espions adressés au comte de Castro, vice-roi de la Navarre espagnole, nous permettent de suivre les progrès de ses armements. Au mois d'avril 1 543, il reçoit de France douze chariots chargés d'arquebuses, il arme à Bayonne quatorze galères neuves pour une destination inconnue, il monte à Dax douze pièces d'artillerie; en mai, il lève en Gascogne %i compagnies de gens de pied, il envoie les galères de Bayonne à la Rochelle, il achète des vivres; le bruit se répand qu'une armée de mercenaires allemands et suisses est réunie en Saintonge; le prince d'Âlbret, accompagné d'une partie de sa noblesse, se rend à Bordeaux; les espions éperdus ne doutent pas qu'il ne se mette à la tète des troupes; mais le prince remonte la Garonne et se rend pacifiquement aux eaux dans les Pyrénées ^ L'année 1 544 ftit entièrement occupée par la guerre d'Italie et la campagne de Charles^^uint en Champagne. Henri d'Albret n'y prit aucune part. De nouveaux rapports d'espions nous apprennent que sa neutralité était réelle, qu'il restait même indifférent, sinon hostile, aux succès du roi de France, mais que la reine de Navarre soutenait avec la même énergie l'alliance de son frère et y plaçait toute sa confiance ^. La grossesse à laquelle elle avait cru à la fin de 1 541 n'avait été qu'une vaine espérance ; m^ade et triste, délaissée de son mari, elle vivait habituellement à la cour ou dans ses terres. Le prince se livrait à des galanteries assez

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