Olhagaray, p. 488. — Favyn, p
2. Bordenave, Histoire de Bearn et Navarre, p. 29 et suivantes, édit. de la Société de l'Histoire de France,
3. Traité de Madrid, art. 20 (Recueil des anc. loix franc, par Isambert, t. XII, p. 255).
Le mariage de Henri d'Albret et de Mai^erite (Si4 janvier 1 5SI7) ne changea rien aux rapports des deux rois. François P' se montrait de jour en jour plus désireux de l'alliance de son compagnon d'armes de Pavie et moins disposé à lui venir en aide. Des déplacements de troupes, des réclamations diplomatiques sans suite et beaucoup de promesses constituaient tout Fappui qu'il lui prêtait. Vers 1 S30 il chargea un agent, le sire d'Esparros, de préparer un coup de main en Biscaye. D'Esparros devait acheter le puissant Louis de Beaumont, comte de Lerins, connétable de Navarre, ancien serviteur de la maison d'Albret, rattaché depuis la conquête au parti espagnol. Le roi promettait de fournir l'argent. Il fit même avancer quelques compagnies, mais avec l'ordre secret de ne pas dépasser la fix)ntière. De Bayonne, le cardinal de Toumon^ conduisait ces mouvements qui n'eurent aucun résultat. Seul, le roi de Navarre avait fait des armements sérieux. François P' n'avait envoyé que des négociateurs ou des artisans d'intrigues*.
Marguerite ne cessait de rappeler à son frère ses promesses. Par une délicatesse toute féminine, elle ne s'en ouvrait en propres termes qu'avec Montmorency*.
1. François de Touraon (1489-1562), archevêque de Bourges, d'Auch et de Lyon, Tun des négociateurs les plus employés par François I«', et son ministre favori de 1540 à 1547.
2. Les documents originaux sont obscurs, peu précis, pleins de sous-entendus. Lettre de François !•' à d'Esparros (Bibl. nat., f. fr., vol.* 5761, f. 195). — Lettre du card. de Tournon au grand maistre de Montmorency (f. fr., vol. 3083, f. 58). — Lettres de Henri d'Albret (f. fr., vol 3019, f. 3 et 6).
3. Lettres de Margumte d'Angouléme , t. I, p. 227, 231, 258, 282, 322, 340, 343.
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Vis^-vis du roi de France son insistance prenait les formes d'un dévouement absolu, d'une amitié fraternelle, qui sollicitait indirectement un peu de retour. Dans sa haine contre Gharles-Quint, François n'avait des yeux que pour l'Italie et faisait converger toutes ses forces vers la conquête du royaume de Naples ou du Milanais. La présence de ses fils en Espagne, otages de l'exécution du traité de Madrid, et le paiement de sa rançon lui fournissaient un prétexte pour ne rien tenter en Navarre. Les enfants de France revinrent pendant Tété de 1S30. Mais, ce prétexte enlevé, le rival de Gharles-Quint ne se montra pas un allié plus actif. Les années se passaient et le prince béarnais voyait de l'autre côté de la frontière l'usurpateur de son royaume s'installer chaque jour plus solidement dans sa conquête.
L'intime amitié des deux rois, nouée par leurs malheurs conmiuns à Pavie, s'affaiblit par degrés. Une certaine aigreur pénétra dans cette alliance que le mariage de Marguerite avait rendue indissoluble. Les lettres de la reine, celles de son époux paraissent inspirées du même dévouement, mais le prince se présente moins souvent à la cour; excepté dans les circonstances où le roi semble enfin venir à son aide, son attitude n'est plus aussi franche. Ces dispositions devaient s'accuser de plus en plus.
L'empereur, négociateur pénétrant et habile, sachant attendre et choisir l'occasion, devina facilement le secret de la mauvaise humeur du roi de Navarre. Elle servait merveilleusement ses desseins. François Sforza, duc de Milan , mourut le 24 octobre 1535; le roi de France, comme l'héritier des
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Yisoonti par sa première femme, Claude, petitefille de Yalentine de Milan, réclama l'investiture du duché. Il leva une armée et se rendit à Lyon avec le roi et la reine de Navarre. L*hiver de 1 535 à 1 536 se passa tout entier en négociations. Au milieu de la préoccupation générale qu'excitait à la cour l'affaire du Milanais, un agent impérial, Jean de Hannart, vicomte de Lombeck, eut des entrevues secrètes avec la reine Marguerite* (février 1536). Henri d'Albret, sur l'ordre du roi, était reparti pour organiser les légionnaires de Guyenne*. Il avait avec lui un agent basque, don Juan Martinez Descurra, à demi espion, qui servait tour à tour et peut-être à la fois les deux gouvernements de Béarn et d'Espagne. Nous le verrons passer et repasser la frontière, chargé des propositions des uns et des réponses des autres, et, par une singularité rare en intrigues, investi d'une sorte de confiance des deux partis. Il était destiné à remplir les mêmes fonctions pendant longtemps; on le retrouve encore, sous le règne de Charles IX, en Guyenne et à la cour de Pau, jouant le même rôle ambigu. A la fin de 1 536, Henri d'Âlbret envoya Descurra à Yalladolid; Henri et Marguerite se présentaient comme médiateurs entre les deux grands rivaux. Une pièce en minute, émanée du Conseil d'Etat d'Espagne, nous apprend que Fempereur acceptait leur entremise officieuse, mais demandait qu'ils fussent autorisés officiellement'. Le prince espérait que rétablissement d'une paix
1. Lettre de J. Hannart, vicomte de Lombeck, originale, en espagnol (Arch. nat., K. 1484, n» 45).