‹ Le mariage de raison, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 26 sur 67 · ACTE I' SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE I' SCÈNE XI

fils épousait la femme de chambre de sa mère, dans ce monde où il voudrait t’introduire, l’opinion te repousserait... luimême s’en apercevrait... C’est dans toi qu’il serait humilié, et bientôt il ne t’aimerait plus; car l’amour-propre est malheureusement le premier mobile de l’amour.

Alors,' dédaignée par le monde, abandonné par ton mari, il ne te resterait que moi, ma fille... que moi, qui suis bien vieux^ et qui ne te consolerais pas long-temps.

suzBTTE. Oui! oui, vous avez raison...

je serais bien malheureuse... mais dussé-je rêtre plus encore.,, qu’importe?... je serais à lui.

M, DE • BRBM. , à part. iLa regardant arec impatience.') Pauvre enfant I c’est toujours le même langage... voilà comme j’étais...' (Haut.) Tu l’aimes donc bien ?

SUZBTTE. -Plus que moi, plus que ma vio ... mais non plus que mes devoirs.

M. DE BRKivi. Eh bien, ce sont ces devoirs que j’invoque et que je te rappellerai ... Orpheline, abandonnée de tous, tu allais périr, quand ma femme t’a recueillie...

elle t’a élevée comme son enfant... mais bientôt sa tendresse inquiète s’alarma de l’attachement qu’Edouard te portait, et, prévoyant, à son lit de mort, les malheurs de l’avenir, elle t’a écrits et sa lettre, la voici.

SUZBTTE. Oui... c’est bien- son écriture, et c’est à moi qu’elle s’adresse. QElle baise la lettre^ Vomre^ puis la lit tout bas avec

émotion»') O ciel I ma bienfaitrice implore ma pitié l elle me recommande votre bonheur et celui de son fils. CTombant aux pieds^ de M. de Bremont) Monsieur, je suis à vos pieds... ordonnez de moi et de mon sort.

DE BREM., la relevant. Suzette, Suzette... c^est. moi qui te remercie; ne parle plus de bienfaits, c'est moi qui suis maintenant ton débiteur.

. suzRTTE. Que dois-je faire?

M. DE BRBivi. Renoncer à Edouard... à ton amour.

suz. Je. vous l'ai déjà promis.

M. DE BBBM. C'est peu eocore... il faut lui ôter tout espoir... il faut te faire à toi-même un devoir de l'oublier; et pour cela, Suzette, U faut te marier, et sur-lechamp.

suz. O ciel!... (,8e reprenant.) Je tiendrai ma parole, monsieur; je vous obéirai.

M. DE BBEM. Tu • pcux t'en rapporter à moi du soin de ton bonheur. . du soin de te choisir un honnête homme, un galant homme.

suz. Présenté par vous... cela suffît... je l'accepterai.

M. DE BRRAi. Et quant à votre avenir...

quant à votre fortune...

suz., V interrompant. Ah, monsieur 1^

M. DR BRRM. PardoD... jo t'ai offensée:

on ne paie pas de pareils sacrifices.» mais l'amitié , du moins , peut les acquitter , et la mieuoe est A toi pour la vie.

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