‹ Le mariage de raison, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 54 sur 67 · ACTE II. SCÈNE Vin · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE Vin

qualités 9 et plus de mérite encore... plus de considération... c’est un brave militaire^ c’est l’honneur du pays, et jamais on ne s’aviserait de manquer à lui, ni aux siens ... Faut voir seulement quand il passe dans le village, comme tout le monde met la main à son chapeau, en disant: C*^est monsieur Bertrand. Et l’autre jour, à la ville, où je lui donnais le bras, comme les factionnaires lui portaient les armes!... comme j’étais fière, en disant; C’est mon cousin!

Eh bien, toi, tu diras: C’est mon mari!...

et chez toi, dans ton intérieur, en voyant combien il te rend heureuse, tu feras comme moi... cet amour, que tu n’avais pas, viendra peu-à-peu... peu-à-peu.

Air : T’en souviens-tu ?

Dans mon ménage, et sans 1’ vouloir

peut-être.

Je fais parfois enrager mon mari;

Et si pourtant 1’ moindr’ danger pouvait

naître,

iSanshésiter,j’donn’rais mes jours pour lui.

Car je lui dois c’ bonheur que rien n’

rachète.

Mes deux garçons, ma fille... et dans

queuq’ temps.

Ainsi que moi, tu le sauras, Suzette,

On aim’ toujours le pèr’ de ses enfants.

finouAKD , entr^ouvrant le paravent»

Maudite femme!... elle ne s’en ira pas.

svz., réfléchissant. Comment? cousine, répète-moi ça, je t’en prie.

DigiiiZ' by '^le

. MAD. piNCHON. A la booDe heure... voilà que tu me tutoies aussi, su^. Tu aimais pas ton mari?...

MAD. PINCHON. Demande-lui plutôt, suz. Mais y au moins ^ tu n^en aimais pas un autre... tu n^aimais personne.

MAD. PINCHON. £h.I eh! je ne voudrais pas en Jurer.

Air ; Ce que j’éprouve en voue vojauL C^est mon secret, j’ veux bien tout bas T’en faire ici la confidence...

Mais sur-tout garde le silence,

Car Pinchon ne s'en doute pas,

Mon mari ne s'en doute pas.

Vois-tu bien, en pareille affaire.

Sur P passé n' faut pas revenir.

On ü' pouvait pas le garantir:

C'est déjà bien assez, ma chère.

De répondre de l'avenir.

Je crois donc que j’aimais un jeune homme bien gentil... seize ans, tout au plus, suz. Quelqu'un du village?

MAD. PINCHON. Mieux que cela... quelqu’un du château... tu ne le diras à personne... le fils de monsieur le comte...

monsieur Edouard.

(Edouard^ qui avait avancé la tête hors du paravent) la retire vivement.') suz., à part. O ciel! comme moi! et je ne m'en suis pas aperçue... CHautf et avec émotion.^ Et lui ne t’aimait pas?

MAD. PINCHON. Au Contraire, comme un fou, à en perdre la tête... 11 me ppursui-

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