ACTE II. SGÉNÉ TllI
vait par -tout; il me disait qu*il n'avait jamais éprouvé d^amour paréil.
avz.y à part. Comme moi.
MAD. piNCHON. Et qu'il m'aimerait toujours... et puis il pleurait;; il se désespél*ait... et se jetait a mes pieds...
suz., à part. Comme aujourd'hui.
MAD. PINCHON. Et UD jour^ enfin, je ne sais plus au juste ce qu'il me demandait...
car il demandait toujours, et il était très exigeant, il s'écria que si je le refusais, il allait se tuer.
suz.^ à part, O ciel! comme tout-àl'heure. iHaut.) Et qu'en est-il arrivé?
MAD. PINCHON. Je d'cu sais rien... Je me suis enfuie tout effrayée, parceque j'ai toujours eu peur dos armes à feu... mais ce que je sais, c'est que j'ai épousé monsieur Pinchôn , et qu'il n'en est pas mort, suz., avec douleur. Il te trompait donc?
MAD. PINCHON. LuÜ... oh ! moD Dieu, non!... le pauvre garçon était de bonne foi, et il m'aimait autant qu'il pouvait aimer... D'abord, j'étais sa première inclination... mais ça ne pouvait nous mener à rien; il ne pouvait pas m'épouser... il a pris son parti, et moi le mien... Il s'est consolé; c'est ce qui arrive toujours, suz. Tu crois ?
MAD. PINCHON. Par exemple... une chose dont je suis bien sûre, c'est que depuis il m'est resté fidèle... il ne me rencontre pas de fois qu'il ne me dise des mots de tendresse... sans conséquence...
suz. Comment I... il oserait...
MAD. piNCHON. Avant-hier encore ^ Il a couru après moi dans ie jardin; il m^a embrassée... toujours sans conséquence...
Mais ce matin, il voulait que je vinsse dans ce pavillon pour régler les comptes de la ferme... et ce Pinchon , qui le voulait aussi! mais ça, c’est différent.
Air: De Bommeiller encor, ma chère.
On ne sait pas, dit la prudence.
Ce qui peut arriver; aussi J’ai refusé par prévoyance,
Non pour moi, mais pour mon mari.
Pauvre garçon ! lorsque j’y pense.
Si jamais il était trahi...
Je l'aime tant, qu’en conscience,
Ça m’ f’rait trop de peine pour lui.
Parceque, vrai... il ne mérite pas ça; et tiens... tiens, le voilà, ce brave et honnête homme.
CSu%ette et madame Pinchon vont au-devant de Pinchon^ qui entre dans ce moment.')
ÉDOUARD, ouvrant le paravent et apercevant Pinchon. Allons, encore un autre... impossible de s’en aller, ils me feront rester là jusqu’au soir.
(R se cache derrière le paravent»)